‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 97 sur 301 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

PAGE. — ^Ehbien! cherSIender ! Aime-le, ma fille Anne. — Gomment, qu'est-ce que c'est? Que fait ici M. Fenton? C'est m'offenser, monsieur, que d'obséder ainsi ma maison. Je vous ai dit, ce me semble, que j'avais disposé de de ma fille.

' FENTON. — Monsieur Page, ne vous fâchez pas.

MisTRiss PAGE. — Mou bou monsieuT Fenton, cessez d'importuner ma fille.

PAGE. — Elle n'est point faite pour vous.

FENTON . — Monsieur , .voudrez-vous m 'écouter ?

PAGE.— Non, mon cher monsieur Fenton. — Entrons, monsieur Shallow ; mon fils Slender, entrons. — Instruit comme vous Têtes de mes vues, vous me manquez, monsieur Fenton.

(Page, Shallow et Slender sortent.)

QuiGKLY, à Fenton. — Parlez à mistriss Page.

FENTON. — Chère mistriss Page, aimant votre fille d'une façon aussi honorable que je le fais, je crois devoir soutenir mes prétentions sans reculer, malgré les obstacles, les rebuts et les procédés désobligeants. Accordez-moi votre appui.

ANNE. — Ma bonne mère, ne me mariez pas à cet imbécile.

MISTRISS PAGE.— Ce u'cst pas mon intention: je vous cherche im meilleur époux.

QuiCKLY. — C'est le docteur, mon maître.

ANNE. — Hélas I j'aimerais mieux être enterrée vivante, ou assommée à coups de navets ^

MISTRISS PAGE. — Allons, ne vous chagrinez pas. Monsieur Fenton, je ne serai ni votre amie, ni votre ennemie. Je saurai de ma fille si elle vous aime, et ce que j'apprendrai à cet égard déterminera mes sentiments. Jusquelà, adieu, monsieur: il faut que Nancy rentre; son père se fâcherait.

(Mistriss Page et Anne sortent.)

FENTON. — Adieu, ma chère madame; adieu, Nan. QUIGKLY. — C'est mon ouvrage. — Continent^ ai-jedit, vùudrieZ'Vous sacrifier votre enfant à un imbécile ou à im

1 Bow'd to deathwiih tumips.

i58 LES BOURGEOISES DE WINDSOR.

wérfecin? Voyez-vous, monsieur Fenton? — C'est mon ouvrage.

FENTON. — Je te remercie, et je te prie, ce soir, de trouver le moment de donner cette bague à ma chère Nan : voilà pour ta peine.

(Il sort.)

QuiCKLY.— Va, que le ciel t'envoie le bonheur 1 Quel bon cœur il a I Une femme passerait à travers Veau et le feu pour servir un si bon cœur. Mais pourtant je voudrais que mon maître obtînt mistriss Anne, ou je voudrais que M. Slender l'obtînt ; ou, en vérité, je voudrais que ce fût M^ Fenton. Je ferai mon possible pour tous les trois^ car je l'ai promis, et je tiendrai ma parole ; mais spécieusement* à M. Fenton.— Mais nos dames m'ont donné une autre commission pour le chevalier sir John Falstaff. Quelle bête je suis de m'amuser

(Elle sort.)

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