‹ uvres complètes de TabarinChapitre 1 sur 123 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

s^SJ Crire la vie de Tabarin est une tâche ^S\\ lourde et difficile qu'on ne sauroit - actuellement entreprendre avec succès. M. C. Leber, tout en disant davantage et mieux que ses devanciers sur ce farceur du XVIIe siècle, n'a pu cependant suppléer à l'insuffisance des matériaux que le temps nous a légués, et dont il a su, néanmoins, tirer bon parti pour composer ses Plaisantes recherches ■ . La biographie de Tabarin est donc encore à paroître. Quelques particularités ajoutées à ce qu'on sait jusqu'à présent sur ce joyeux Esculape aideront peut-être un jour à la rendre plus complète.

Divers passages des œuvres de Tabarin et des satires dont il fut l'objet font supposer qu'il étoit d'origine italienne. Un auteur inconnu dit même qu'il naquit à Milan 2. On est fondé à croire

i. Voy. ci-après Bibliographie tabarinique. 2. « Le Clair-voyant ne peut comprendre pourquoy Mondor et Tabarin s'appellent frères : l'un est de Milan , l'autre

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aussi qu'il ne se nommoit pas Tabarin, et qu'en se faisant appeler ainsi, il prit pour type un autre bateleur, qui, parcourant avant lui la France avec une troupe d'histrions italiens, connus sous la dénomination de comédiens de Tabarin ', emprunta ce nom au tabar (manteau) , la principale pièce de son costume.

L'époque de la naissance de Tabarin n'est pas

est de Lorraine. » (Voy. t. 2, p. 229, Le Clair-voyant intervenu sur la response de Tabarin.)

Dans la Harangue faicte au Charlatan de la place Dauphine (t. 2, p. 341 ), on dit que Tabarin étoit un enfant gâté de la ville de Naples ; mais cette assertion n'a rien de sérieux.

1 . Dans la satire à Claude de Sanzé , de La Fresnaye Vauquelin commence ainsi ( p. 402 de ses Poésies , Caen , 1605 ou 1612) :

Depuis la mort du chantre Epinevaux...

Le bon Ganasse et les comédiens De Tabarin, et tous italiens , Drôles, bouffons...

L'ont regretté...

En voyant simultanément cités ces noms de Ganasse et de Tabarin , il est évident qu'il ne s'agit pas du farceur de la place Dauphine, qui étoit à peine né, ou du moins fort jeune, lorsque fut composée cette satire, restée longtemps inédite. Quant à Ganasse (Juan Ganasa), on sait que sous Philippe II, et quelques années après son avènement au trône, il dirigeoit en Espagne une troupe de comédiens italiens qui jouoient en leur langage des farces dans lesquelles fïguroient le Docteur, Pantalon, Paillasse, Arlequin, etc. Le jeu mimique des acteurs qui remplissoient ces différents rôles et les costumes aussi bizarres que grotesques dont ils s'affubloient leur valurent beaucoup de succès. Après un assez long séjour en Espagne, J. Ganasse vint en France. On ne sauroit dire si ce fut pour y jouer avec sa troupe, ou s'il y arriva seulement de sa personne pour se joindre aux comédiens de Tabarin.

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connue, et rien de plus incertain que ce qu'on essaieroit de raconter des premières années de sa vie jusqu'au jour où il vint s'essayer à Paris. Devenu l'associé, plutôt que le valet, d'un empirique appelé Montdor', il acquit assez vite une grande vogue en débitant sur un théâtre en plein vent de joyeux propos et des gaillardises qui, souvent de mauvais goût , ne manquoient pourtant pas d'une piquante originalité.

L'apparition de Tabarin dans la Capitale date de la fin de 1 6 1 8 au plus tôt , mais ce n'est guère qu'en 1622 qu'il y fut à i'apogée de sa gloire. La place Dauphine, théâtre de ses exploits, ne suffisoit plus alors aux spectateurs de toutes conditions, qui étoient attirés bien moins par l'idée d'acheter de l'onguent que par le besoin de rencontrer dans les farces et les lazzis de Tabarin un préservatif contre la mélancolie 2. Cette vogue ne se démentit pas jusqu'en 1625 , époque à laquelle on pense qu'il fit une nouvelle excur-

1. Ce ne devoit pas être là son véritable nom. Quoi qu'il en soit, ce Montdor, qu'on trouve aussi écrit Mont-d'Or et Mondor, et dont Rodomont est l'anagramme voir Qiiest. }8, part: I , du Recueil général) , étoit un homme de bonne mine, possédant bien le bagou doctoral et les subtilités d'un adroit charlatan. Son costume , dont le clinquant faisoit les frais , contrastoit adroitement avec la simplicité de celui de Tabarin.

2. « Ce fut le vingt huictiesme de juin (1622) que me pourmenant sur le Pont-Neuf, attendant la farce qu'a accoustumé de jouer sur le soir Tabarin pour mieux vendre ses denrées, que je ra'arrestay à la boutique raobiie... d'un marchand libraire... » {La Pxiursnaïade du Pré-aux-Ckra , 1622, in-8de 32 p.)

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sion en province1. Sans en préciser la durée, elle dut être le terme de sa carrière théâtrale. Toujours est-il que les écrits du temps sont restés muets sur le séjour de Tabarin à Paris au delà de 1 62 5 , et tout poite à croire que ce fut vers 1 630 2 qu'il cessa d'exercer son métier de bateleur pour jouir paisiblement de la fortune qu'il y avoit amassée. Un antagoniste des charlatans disoit en 1622 que Tabarin et Montdor gagnoïent beaucoup d'argent : « Aussi faut-il que « leurs gains soient grands pour nourrir tant de « bouches, pour mener avec eux leur attirail , « violons, basteleurs, gratians, femmes, enfans, « serviteurs et servantes ?. » Il paroît toutefois que c'étoit moins l'éloquence de Montdor que les lazzis de Tabarin qui leur valoient de si brillantes recettes.

Si l'on ignore l'époque précise de la mort de Tabarin 4, on seroit fondé à croire, suivant

1. Durant îe séjour de quelques années que Tabarin fit à Paris , il Lui arriva parfois de faire des excursions dans les villes voisines de la capitale. On peut lire à ce sujet (t. 2 , p. 4 $9) P Adieu de Tabarin au peuple de Paris, 1623.

2. On lit en effet dans l'Avertissement de YAmphitrite , peine de nouvelle invention, par M. de Monléon, Paris, 1630, în-8, que cette année-là même Tabarin eut pour successeur un nommé Padel ou Padelle , qui fut bien moins goûté que son prédécesseur; aussi le succès de Montdor commença-t-il à baisser. Il est aussi parlé de ce Padel dans Popuscule intitulé : Reigles , Statuts et Ordonnances de la cabatle des filous reformez depuis huict jours dans Paris. Paris, sans date, pet. in- 8.

$. Discours de Porigine des mœurs , fraudes et impostures des Ciarlatans. Paris, 1622. Voy. t. 2 , p. 273 . 4. D'après la Rencontre de Gaultier Garguille avec Taba-

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un auteur contemporain , qu'elle fut violente et prématurée. Retiré dans une terre qu'il avoit acquise près Paris , il y auroit été fort mal vu des nobles ses voisins , qui , ne pouvant tolérer qu'un histrion enrichi se posât comme leur égal , l'auroîent tué dans une dispute pour affaire de chasse !. Que sa vie ait été terminée d'une

rîn en l'autre monde, Paris, 1654, in-8, on a lieu de penser que ce dernier mourut peu après 1630.

1 . Ce fait est consigné dans un livre intitulé : Parlement nouveau, ou Centurie intérimaire de devis facetieusement sérieux et sérieusement facétieux..., par Daniel Martin. Strasbourg, 1637, 1660 et 1679, in-8. Le récit qu'en fait l'auteur, ainsi que les particularités qui s'y rattachent, sont assez curieux pour qu'on donne ici un extrait textuel du Dialogue dont ils font partie :

Chap. XXIV. — De l'arrachement de dens.

... — Me pourriez-vous bien apprendre fa raison pourquoy on appelle charlatans tous triacleurs, distillateurs, arracheurs de dens, vendeurs de poudre de serpens , d'onguens et de bausme par les places des villes, sur une table, un banc ou un eschaffaut?

— Oui da , Monsieur. Ce mot charlatan est à dire proprement un homme qui, par belles paroles, vend une mauvaise marchandise; un enjauleui, un babillard de droguiste, comme estoit à Paris, l'an 1625 , un nommé Tabarin et un Italien nommé Montd'Or, qui, ayans fait dresser un eschaffaut en Pisle du Palais, amassoient la populace par leur musique de violons et farces qu'ils jouoient , après quoy ils se mettoient sur la louange de leurs drogues et en disoieni tant de bien que le sot et badaud peuple , croyant qu'elles guérissent de tous maux et de plusieurs autres, il y avoit presse à qui jetteroit le plus tost son argent noué dans Je coin d'un mouchoir ou dans un gant, sur l'eschaffaut, pour avoir une petite bouette d'onguent, enveloppée dans un billet imprimé, contenant l'usage d'iceluy et la façon de s'en servir.

— On m'a dit que ce bouffon devint en peu d'années si riche de l'argent des fols, qu'il achetta une seigneurie près Paris, dont il n'a guère longtemps jouy.

— Pourquoy cela }

— Parce que ses voisins , qui estoient gentilshommes de bonne et ancienne maison, ne pouvans endurer un Pantalon ou ern-

babouineur de badauds , un fol qui avec son chapeau metamor-

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aussi' manière tragique, ou bien, comme on l'a dit quelque part, que Tabarin ait succombé dans une gageure de cabaret où il s'agissoit de boire démesurément , sa mort dut être peu remarquée, parce qu'ayant déjà renoncé à son métier lorsqu'elle vint le frapper, il n'étoit plus à même d'exercer son empire sur le public qui avoit fait sa réputation. Une fois rentré dans son obscurité primitive, Tabarin cessa d'exister pour un monde qu'il avoit tant amusé. On le regretta d'abord, mais il fut bientôt oublié.

On est convenu de reconnoître que Tabarin eut pour femme une certaine Francisquine, dont la fille, mariée d'abord à Gaultier-Garguille, épousa en secondes noces un homme de condition. Cette Francisquine figuroit dans les farces jouées sur le théâtre de Tabarin, et, si l'on en croit certaines traditions , douteuses peut-être , elle ne se piquoit pas de fidélité conjugale.

Nous avons dit que ce fut en 1622 que Tabarin atteignit son plus haut degré de célébrité ; ce fut aussi cette année-là même que deux habitués de son théâtre songèrent à recueillir ces

phosé en mille sortes en avoit fait rire tant d'autres, pour leur compagnon , le tuèrent un jour à la chasse, à ce qu'on m'a dit.

— Son maistre , Mont-d'Or, Italien, ne luy avoit pas bien appris le proverbe de son pays : A caderva chi troppo sale, c'est-à-dire :

Ccluy qui par trop haut monte, De tomber face son conte.

— Pourquoy l'appelloit-on Tabarin ?

— Parce qu'il avoit un mantelet (qu'on appelle tabarrino en italien , de tabarro, manteau) avec lequel et son fantastique chapeau ilfaisoit mille singeries... (P. 277 de l'édit. de 1637.)

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joyeux devis dus aux inspirations de Tabarin , qui ne composoit pas ces différentes scènes, mais les improvisoit. Une partie de ces Questions , presque toujours burlesques, mais pleines de naturel et de naïveté, fut donnée au public, au mois de mars 1652, en un petit volume in-i 2 , intitulé : Recueil général des Rencontres , Questions... îabariniqucs. Le débit prodigieux de ce livret , réimprimé trois fois au moins dans l'espace de dix mois, donna naissance à une publication rivale dont les éléments étoient pris à la même source que le Recueil général, mais qui différoit quant aux questions et farces dont elle se composoit. Elle vit le jour quelques semaines après son aîné, sous le titre d'Inventaire universel. Cette publication , qui étoit suivie d'un extrait des Rencontres, Fantaisies... du baron de Graîelard ', n'eut pas le même succès que le Re-

1. Ce livret, qui reproduit textuellement plusieurs questions extraites du Recueil général (voir la note de la p. 1 $9 du t. 2), fut publié en 1622 comme appartenant au répertoire facétieux de Désidério Descombes ou de Combes , qui avoit établi son théâtre à l'entrée du Pont-Neuf et de la rue Dauphine. C'étoit un charlatan qui, tout en faisant concurrence à Montdor, ne possédoit pourtant pas au même degré que celui-ci le* ressources de son métier. Il étoit laid, mal bâti, et jargonnoit lourdement. L'auteur du Discours de l'crigine, des mœurs , fraudes et impostures des Ciarlatans, 1622 , s'exprime ainsi sur ces deux empiriques :

« Quant à Mondor, il a de l'esprit et un peu de lettres, et seroit capable, s'il vouloit, d'une vacation plus honorable. Il est civil et courtois... Quant à de Combes, il est grossier et rustaud : il ne sçait lire, ny escrire, ny parler, et le peu d'audience qu'on luy donne le fait tenir, comme il est,

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cueil, puisqu'on n'en connoîî que trois éditions.

On sait que le Recueil général, successivement augmenté , et Y Inventaire universel, suivi du Grate-lard, forment ce qu'on appelle les Œuvres et fantaisies de Tabarin. Elles ne contiennent pourtant pas une seule ligne qu'aient écrite Tabarin et Montdor; mais le fond des différentes parties qui les composent a été, sans contredit, emprunté à leur répertoire par divers rédacteurs. Tout l'esprit leur en appartient donc, car ils ont imaginé et inspiré ce qu'on leur fait dire. Du reste , si l'on s'en rapporte à ce que mentionne un opuscule du temps , il valoit mieux voir et entendre Tabarin que de le lire : « Car l'on m'a dit « qu'il y a bien à dire de ce que dit Tabarin « et de ce que l'on a escrit sous son nom , et « qu'il n'y a rien de tel que de l'ouyr l. Cela est d'autant plus vraisemblable, que Tabarin, dans le genre qu'il adopta , est demeuré modèle , et que ses pièces improvisées sont remplies de traits, sinon délicats, du moins très-ingénieux.

Si donc le peuple admiroit un histrion qui possédoit si bien le génie de la farce , les gens

pour le plus ignorant ciarlatan et le plus effronté menteur qui ayt monté jamais en banc. » (Y. t. 2, p. 287.) On lit aussi dans la Troisiesme Après-disnée du Caquet de l'Accouchée : « C'est peut-estre la bonne mine de Mont-d'Or qui luy fait débiter sa marchandise si promptement...; mais l'on n'en peut pas dire autant de Desiderio des Combes, que l'on nomme Charlatan , car il n'a pas bonne trongne (l'édition originale dit bonne mine), et de bien dire il luy en manque autant. » I. Voir la Troisiesme Après-disnée du Caquet de l'Accouchée, p. 10 de l'édition originale, 1622, in-8.

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de condition s'en amusoient. En voyant l'empressement qu'il excitoit, on conçoit que des habitués de son théâtre aient eu l'idée de recueillir quelques parties de ses Joyeuseiés. Ceux qui l'ont entrepris ne se sont point fait connoître. On remarque seulement que l'auteur du Recuei. général , dont l'épitre dédicatoire est signée des initiales H. I. B.,étoît un homme avancé en âge et que ce n'étoit pas son coup d'essai , comme l'annonce le sixain suivant, imprimé au verso du titre des éditions de Sommaville :

Le Livre au Lecteur.

Si un vieillard eut le courage

De bastir ce plaisant ouvrage

Pour s'esgayer en ses vieux ans,

Ne t'estonnes point de son œuvre:

Ce n'est point son premier chef-d'œuvre ;

Il en a faict de plus plaisans.

C'est, par exemple, à ce malin auteur qu'on doit aussi Le Caresme prenant et les jours gras de Tabarin et d'Ysabelle, opuscule qui parut quelques jours seulement avant le Recueil général, dont il annonçoit la prochaine publication en terminant ainsi : « J'ay tracé ces lignes pour « avantcourières d'un livre plus gros qu'on vous « présentera d'icy à quatre ou cinq jours , où « vous verrez toutes les plaisanteries de Tabarin « gaillardement descrites '. »

i. Cette facétie fait partie de la présente édition. Voir

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Si toutes nos recherches pour découvrir le nom de ce facétieux vieillard ont été infructueuses , nous serions disposé à croire que nous avons été plus chanceux quant à celui de l'auteur de l'Inventaire universel. Voici ce qu'on lit à ce sujet dans la Vraye histoire comique de Francien, tom. II, page 294, de l'édition de Leyde , 1668. C'est Hortensius qui parle : « Il y a cinq « ou six coquins qui gagnent leur vie à faire des « romans; et il n'y a pas jusques à un mien « cuistre, qui a servi les jésuites depuis moy, « qui s'amuse aussi à barbouiller le papier. Son « coup d'cssay a esté le Recueil des Farces taba- « uniques , qui a si longtemps retenty aux « oreilles du cheval de bronze , livre de si bonne chance, qu'on en a vendu vingt mille exemplaires , au lieu que d'un bon livre à peine en peut-on vendre six cens... Ce cuistre s'appelle Guillaume en son surnom... Il a bien « fait encore imprimer d'autres œuvres..., mais « tous ses livres ne sont propres qu'à entortiller « des livres de beurre. » L'épître dédicatoire de Y Inventaire universel portant les initiales A. G., n'est-on pas fondé à penser que ce Guillaume est l'auteur de cette publication ?

Les œuvres tabariniques n'existent point en recueil ; aussi ne trouve-t-on guère à les acquérir que par portion. Ici, non-seulement elles sont toutes réunies en un seul et même corps d'ouvrage, mais on y a joint vingt-trois opus-

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cules qui se rattachent aux Œuvres , surtout par les idées bouffonnes et les plaisants devis qu'on y rencontre , et qui semblent être sortis du sac de Tabarin. Plusieurs d'entre eux sont devenus si rares qu'on peut, sans exagération, les dire presque introuvables.

Cette édition est donc la plus ample de celles qui ont été publiées jusqu'à ce jour. Tous les textes des Œuvres tabariniques ont été reproduits d'après les éditions originales , rapprochées de diverses copies. Si ce travail long et pénible a fourni peu de variantes, il a démontré que les textes primitifs du Recueil général, assez peu corrects, devenoient plus fautifs encore chaque fois qu'on les réimprimoit. Comme on publioit vite et pour une classe de lecteurs en général illettrés et peu délicats , on ne s'embarrassoit pas des lacunes, non-sens , et même des transpositions grossières qui existoient dans les précédentes copies , en sorte que tout ce fatras s'augmentoit d'imperfections nouvelles. De ces négligences il résulte que les nombreuses réimpressions du Recueil général sont d'un foible secours quand il s'agit de restituer le véritable texte. Néanmoins on est parvenu à faire disparoitre les fautes qui rendoient le texte parfois inintelligible, et les variantes ont été indiquées par des notes quand elles en valoient la peine.

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