Var. : de Tabarin
3. Ce qui suit de cet alinéa manque aux Recueils en deux parties.
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cornes), par un beuglement coustumier aux taureaux, représente assez bien ceste nature.
Ceste opinion, à la vérité, est un peu subtile , et a quelque apparence de vérité ; si est-ce pourtant que les autheurs n'en ont qu'effleuré le dessus, sans beaucoup se soucier de pénétrer dans la quint- essence, et de desnoùer la difficulté de ceste affaire , et faut que je confesse que pour estre récente, elle n'a pas moins de poids pourtant; car si de l'ethimologie de ce nom Tavapvoonous descendons dedans l'antiquité de la secte tabarinique, nous trouverons des raisons trèscertaines de ceste dérivation.
Premièrement , donc , il est à remarquer que Pline, livre v, chapitre 27, de son histoire, parlant de l'assiette de la province de Carie et des villes du pais, en raconte une qu'il nomme Tab& Tabarum, fort ancienne, qui se présume et se vante de l'origine des Tabarins, et fondée sur ce qu'un certain fugitif de Troye , nommé Tabarinos , qui (mesme au récit d'Homère estoit l'homme de chambre de Paris), l'a édifiée et bastie, tant toutes les nations de la terre ont à cœur de se dire de la race des Troyens , bien que gens effeminez. Or la province de Carie est une grande partie de l'Asie-Mineure , et la Licie et l'Ionie , en laquelle province , au rapport de Strabo, flambeau de l'antiquité , est une partie du mont Taurus, large et spacieuse montagne qui s'estend par toute la Grèce, tellement que si nous voulons esguiser nos esprits , nous trouverons que Tabarin, tant à cause du mot de Tuvupivoç que pour l'ancienneté de la ville de Tabœ, qui est située assez proche du mont Taurus, se dérive
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à bon droit de ce mot grec de Tuvpog ou Tauaotvoff. Ce qui confirme ceste opinion et l'appuie grandement , c'est que Bacchus se nommoit jadis Tavpoç et Tavpoyayo; , duquel Tabarin est le grand amy, comme l'ayant curieusement choisi entre tous les dieux , et préféré à toute la bande céleste, pour estre gravé, emburiné et entaillé au derrière de son portraict et de sa médaille. Voilà pour ce qui regardoit l'etymologie de son nom.
Quant à son extraction et antiquité de sa race, les autheurs se trouvent aussi embrouillez qu'à la dérivation de son nom , bien que sa race soit une des antiques familles du monde ; et certes ce n'est pas peu de difficultés que d'expliquer et desvelopper, d'une longue suitte d'années, le nom et la mémoire d'une race , et rechercher les premières souches d'une famille : s'il y a peu d'advantage pour le premier pour ce qui regarde l'ordre de la généalogie, il n'y a pas moins de peine pour le dernier pour authoriser les asseurances et le fondement de telles recherches : aussi la gloire qui s'acquiert en l'un ne cède rien à l'honneur qui se brigue en l'autre.
Si quelque lignée se peut présumer pour son antiquité , celle des Tabarins se doit partager les premiers rangs , comme estans d'un des plus anciens estocs de la terre : car je trouve qu'il est descendu de Saturne, qui au temps que Jupiter le poursuivoit, s'estant venu cacher au pays de Latium, his quondam latuissei Mus in oris, engendra un fils qu'il nomma Tabarum, comme escrivent Strabo et Pausanias , autheurs dignes de foy. Iceluy estant venu à la perfection de l'aage,
Tabarin. I. 2
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où une ardeur martiale fait généreusement bouillir les entrailles aux plus vaillans , voulut faire paroistre que si son sang avoit un Dieu pour père , son courage en dementoit les actions comme fugitif.
Le Pont-Euxin, où habitent les Calibes, voisins du fleuve Thermodon, fut le champ fatal où il ouvrit les premiers traicts de sa valeur; il se rendit maistre de la campagne, et, voulant éterniser son nom où il avoit immortalisé son courage, il nomma les peuples des environs de son nom, Tabarini, selon Pomponius Mêla , où ils sont encore de présent , ou, si nous nous voulons asservir à l'arbitrage de Strabo, Tabarni ou Tabarini, de sorte que voylà nos Tabarins trouvez, dont sa race consécutivement de temps en temps s'est conservée, accreuë et augmentée, comme on peut voir en Italie , où ils sont pullulez particulièrement, comme estant leur ancien patrimoine.
De V antiquité du chappeau de Tabarin, des tenansy aboutissans et despendances d'iceux.