‹ Œuvres complètes de Thomas, de l'Académie française;Chapitre 1 sur 100 · Œuvres complètes de Thomas, de l'Académie française; · texte numérisé non relu

Œuvres complètes de Thomas, de l'Académie française;

Oi Von doit chercher la vie d'un auteur dans ses écrits, c'est particulièremeilt celle de Thomas. Laborieux et solitaire, il vécut beaucoup plus avec ses livres qu'avec ses contemporains. Offrir dans un ordre chronologique le tableau de ses différents ouvrages, c'est tracer à la fois les progrès d'un talent peu vulgaire et l'histoire d'un véritable homme de bien.

ÂjfToiifE-LÉoirAiiD THOMAS naquit à Glermoot-Ferrand le i*' octobre 173a. On croit que, dans sa première enfance, il perdit son père sur lequel on n'a aucune notion positive; mais il fîit assez heureux pour avoir une mère digne -de présider à l'éducation d'un fils tel que lui. Penune d'tm caractère antique, elle lui apprit à placer le bonheur dans la pratique des devoirs, à considérer la richesse comme un sim-

Il NOTICE

pie moyen de soulager Tinfort une. De si bonnes leçons fructifièrent d'autant mieux qu'elles germaient dans le naturel le plus propre à les recevoir.

Thomas avait à peine quelque idée des rudiments de la langue latine , qu'on le conduisit à Paris, avant l'âge de dix ans. Une application extraordinaire, des succès marqués le signalèrent dans ses classes : il remporta deux prix en seconde et quatre en rhétorique, où le jeune de Beauvais, depuis évéque de Sénez, était son digne émule. Après avoir terminé son cours de philosophie, il fit son droit, et travailla quelque temps chez un procureur. Ses excellentes études avaient fait espérer à sa famille qu'il par raîtrait avec éclat au barreau ; mais l'amour des lettres l'éloignait des formes arides de la procédure. Sa mère, accablée de chagrin ^ lui ayant reproché de négliger la connaissance des lois, qui devait lui procurer une aisance qu'il partagerait avec elle et ses autres enfants , il ne put résister à de pareilles larmes. Aussitôt il rassembla tous ses essais oratoires et poétiques y el les livra aux flammes. Jamais sacrifice ne fut aussi douloureux, jamais souvenir ne lui offrit aussi plus de charmes. Malgré sa résignation , le penchant l'emporta, suivant l'usage, et le fit re*

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