SUR THOMAS. III
noncer à une profession lucrative , pour occuper une humble chaire de sixième ou de cinquième ao collège de Beauvais, dans l'ancienne université de Paris.
En 1755, le jeune professeur perdit un frère
(Jean Thomas), de qui Ton a, dit- on, quelques
poésies latines, et qui, dans le même collège,
enseignait la grammaire, diaprés une méthode de
son invention qui en facilitait Fintelligence. C'est
en |»arlant de ce dernier que Thomas s'exprime
ainsi: « Tai eu un frère dont j'étais fort aimé,
ce que j aimais beaucoup, qui m'avait élevé, et
« à qui je dois le peu que je suis ; je l'ai vu mou-
« rîr, il y a douze ans, entre mes bras. Il me
« semblait que je restais seul dans le monde;
« tout me paraissait désert autour de moi. Je
« parcourais tous les lieux où je l'avais vu , où
« j'avais entendu sa voix ; je le redemandais par>
« tout, et j'avais du plaisir à sentir couler mes
« larmes comme s'il en eut été le témoin (i)- »
Un autre frère de Thomas (Joseph), un peu
pios âgé que celui dont nous venons de Êûre
mention, était mort en 174S. Il s'était fait con-
na^re, suivant les biographes, par des poésies
(i) Lettre du 3i janyier 1767, tome VI, pag. i56.