DE MADAME D'ARGENTAL A IHOMAS
8 novembre 1 763.
Je TOUS avoue, monsieur, que je ne conçois pas trop pourquoi vous avez pris la peiue de m'écrire, et moins encore sur quoi peut être fondée l'impatience que vous avex de me voir ; voits n'avex rien à m'apprendre sur ce dont il est question, mais rien du tout. Vous seriez- vous flatté de me faire changer â'avis? J'en serais surprise, et j'aurais cm que vous deviez me connaître mieux. Peut-être cependant j réussiriex-vous s'il s'agissait d'une chose où les arguments spécieu#pussent s'employer, et qu'on pût dénaturer à force de tournures et d'art, une opinion de l'esprit en un mot ; mais celle-ci est d'un tout autre genre, et l'éloquence la pins brillante n'y peut rien ; aussi ne produira-t-clle pas davantage sur M. d'Argental, qui est assez étonné que vous feigniez d'ignorer l'impression que lui a laissée ce qui s'est passé entre vous à ce sujet. Il faut donc, monsieur, vous répéter qnc notre façon de penser et de sentir qui vous a été bien connue, bien expliquée, dont l'honnêteté et la justice est démontrée à tout autre qu'à vous, 041 à ceux qui ont ou intérêt