DE THOMAS A MADAME D*ARG£NTAL
MàSAM Xy
Vous m'avez honoré de vos bontés pendant deux ans ; quof^e vous me les ayez retirées depuis , je ne dois pas en perdre le souvenir, et elle» me seront toujours précieuses. Je m'étais souvent félicité de ce que vous aviez bien voulu me mettre à portée de vous faire ma cour, et je regarderai tonjoors comme les circonstances M plus malheureuses de ma vie celles qiti m'ont mis dans la nécessité de vous déplaire. Permettez-moi de vous offrir encore une fois mes respects , mes vœux- pour votre santé et l'hommage de ma reconnaissance, qui n'est pas moins réelle malgré l'idée que vous avrz pa vous former de moi. C'est avec ces sentiments et ceux du plus profond respect que je serai toute ma vie ,
Madame,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Thomas.
A T«rMi1lM « S t déecpibM 1763.
CXII MORCEArx
LETTRE
DU MÊME A M. DE CHENEVIÈRES, Premier commis aa ministère de la guerre.
J'ai lu , mon bon ami, avec bien du plaisir vos vers agréables et votre charmante prose. Votre cœur sent l'amitié, votre esprit la chante ; je me souviendrai toujours de Versailles avec intérêt, puisque c'est \k que j'ai eu le plaisir de vous connaître. Je ne sais s'il y a des vices dans ce pays-là; quand on y a vécu avec vous on sgit qu'il y a des vertus. Ce qui m'a consolé en le quittant, c'est que j'y ai laissé mon ame, et que je suis sûr d'y laisser des amis. A l'égard de la fortune, ce n'est point elle que j'y ai cherché. Elle ne m'a jamais coûté un désir; jamais elle ne me coûtera un regret. Ma fortune est la liberté, du loisir et l'estime des honnêtes gens. Je vais travailler dans le silence bien plus pour moi encore que pour les autres. On est heureux lorsque l'on satisfait ses goûts. On est tourmenté lorsqu'il faut satisfaire celui des autres. La célébrité ne dédommage point de ce qu'elle coûte. A propos, vous me demandez des nouvelles. En voici: la nouvelle salle d'Opéra est très-belle pour la décoration et le coup-d'œil ; mais elle est très-incommode pour l'usage; on y entend mal. Il y a plusieurs endroits d'où l'on ne voit point; les loges sont trop profondes, et il n'y a plus de spectacle pour ceux qui sont derrière. Enfin, la salle est accablée de critiques ; mais l'Opéra est accablé d'éloges. On parle de jouer mercredi prochain une pièce à laquelle vous prenez sans doute quelque intérêt, une pièce d'un certain
JOIWTS A LA NOTICE. CXIfl
amaiettr[i). Grandval rentre lundi, et Grandval jouera le rôle de père dans cette petite pièce ; c'est maintenant que le cœur bat à notre ami ; mais je crois qù*il doit être assuré du succes. Il a pour lui l'esprit et le sentiment; ce sont deux bonnes cautions pour ces sortes d'entreprises. Adieu, mon bon ami, bien des respects et des hommages à M. de C..., un mot de moi à madame de B..., quand vous aurez le plaisir de la voir. Vous savez quels sont mes sentiments pour vous; ils sont les mêmes à Paris qu'à Versailles, et ce n'est pas pour vous que l'on change.
vr.
LETTRE
BV MEMX A M. CHARLES GASPARD DE TOUSTAIN DE aiCHEBOURG, SON ANCIEN ECOLIER.
Je n'ai reçu, monsieur, que depuis deux jours la lettre qne vous m'avez fait l'honneur de m'écrire...; il pourrait bien se faire qu'elle eût resté long-temps dans le bureau des affaires étrangères, jusqu'à ce que par hasard quelqu'un de mes amis Tait vue et me l'ait envoyée à Paris , comme cela m'est arrivé déjà plus d'une fois. Quoiqu'il en soit, monsieur, je ne puis vous témoigner assez combien je suis sensible à tout ce que vous avez bien voulu m'écrire d'obligeant. Je me rappelle avec un intérêt bien tendre ce temps de votre enfance où j'ai eu le bonheur de vous être utile. Ce souvenir m'est trop précieux pour qu'il s'efface jamais. Depuis , nous avons-été écartés l'un de Taotrcï , comme cela devait être ; nous avons tous deux habité et quitté Versailles ; enfin nous
(i) Barthe , aateor de la comédie de VJmaUur.
CXIV MORCEA.UX
voilà, vous en Normandie et moi à Pana, nous occupant tons deux , à ce que je vois, du plaisir de cultiver les lettres. Je ne m*étonne point que leur charme vous ait attiré. Au milieu des chagrins et des peines , elles sont une oonsolatioo bien douce. Elles tiennent lieu bien souvent de fortooe et d'amis, si cependant quelque chose peut tenir lieo d'amis. Ce qu'il y a de sur, c'est que leur commerce est bien préférable à celui de ces hommes si doux en apparence, et quelquefois si cruels, qui , avec Tair de s'attendrir sur nos peines, sont presque toujours si indifférents et si froids. Je ne sais quels ont été ces chagrins dont vous me parlez dans votre lettre. Si jeune encore, pourriez -vous avoir éprouvé des malheurs ? Croyez du moins que sans les connaître mon cœur les partage, et que j'aurais souhaité de tout mon cœur de pouvoir les adoucir. Dans le nouveau genre d'occupations que vous avez embrassé, puissiez-vous trouver le bonheur ! Avec vos talents, vous réussirez sûrement à écrire; mais peut-être, pour être heureux , vaut-il mieux cultiver les lettres pour soi que pour les autres. J'ai Thonneor d'être avec le plus sincère attachement, et permettez -moi de le dire , monsieur, avec l'amitié la plus tendre, votre, etc.
Pari» , ao janvier 17W.
LETTRE
DU MÊME A M. AUGIER DUPHOT (mbdbcih .
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Jasperais, monsieur , de jour en jour vous faire mes re-
mercîments à Marchais, mais je vois bien que vous nous
abandonnez. Tout le monde ici se plaint de votre absence, et
ce ne sont pas les malades qui s'en plaignent le plus* Po"''