JOINTS A LA NOTICE. CXXYII
l'autre; c'est ce que je vous souhaite. Voilà mon sermon fini. levais maintenant vous parler un peu de nous ; car je sais que votre amitié s'y intéresse. Nous vivons à la campagne, sous le plus beau ciel, et dans le mob de décembre au plus beau soleil du monde. Nous apercevons de loin les neiges sur les montagnes , et autour de nous la verdure et les (leurs : je me porte assez bien, je travaille un peu, je me pronèue beaucoup. J'ai commencé un nouveau chant de nx» poCToe , et aux frontières de l'Italie je vis avec mon bérosen Allemagne; ma sœur depuis quelque temps est iacominodée; sa machine frêle est agitée partout, et nul dimit ne la sauve de sa propre faiblesse. M. de la Saudraie t de mauvaises nuits, des jours assez gais, et sent la neige quitMDbe à dix lieues de lui. Il aime, comme dans la tragédie, à jouir par la terreur, et à s'effrayer des maux qu'il ne sent pas ; ce pays-ci est peuplé d'Anglais : nous y avons le doc de Glocester, frère du roi d'Angleterre, avec toute sa faouile. Il y est reçu et accueilli comme un prince; car on lui donne des bals, des fêtes et de grandes assemblées. On lui forme une cour de deux ou trois cents personnes, c'est ce qui s'appelle en Italie une conversation. Tous et moi nous oe conversons pas si bien ; continuez , mon cher ami, à converser avec Montesquieu , Locke , le chancelier de l'Hôpital ; a ne regrettez pas nos plaisirs. Adieu, je vous embrasse bien tendrement et de tout mon cœur; si par hasard vous voyez M. Hérault, faites-lui les plus tendres compliments de nu part. On m'a mandé qu'il s'était donné la peine de passer la Louvi« pour savoir de mes nouvelles ; j'aurai l'honneur de lui en donner moi-même incessamment. Je lui suis véritablement attaché, et je l'aime (•mme l'espérance de la magistrature. Bien des compliments aussi à M. Garât ; il m'a promis l'éloge de Montesquieu , et je suis avec lui un créan- I ner sévère pour de pareilles dettes.