‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 2)Chapitre 15 sur 84 · LA. MÉMOIRE EST UNE FACULTÉ PRIMITIVE · texte numérisé non relu

LA. MÉMOIRE EST UNE FACULTÉ PRIMITIVE

Rappelle mémbire ; mais le nom u'est pas la cause. £n même temps que je me souviens , je crois à mon souvenir : d'où me vieut cette foi donnée à ma mémoire? c'est Dieu qui me l'inspire; je i^'en sais pas davantage.

Quand }e crois à la vérité d'une proposition mathématique, je sais pourquoi, et quiconque la comprend le sait aussi : il y a une relation nécessaire entre le sujet et l'attribut de la proposition , et mon assentiment est déterminé par l'évidence.

Mais quand jex^rois que je me suis promené ce matin, je ne vois rien de nécessaire dans la vérité de cette pro-« position : cela aurait pu être, ou ne pas être; c^est un événement que je pourrais concevoir sans y croire. D'où vient donc que j'y crois ? c'est que je m'en souviens distinctement : je n'ai pas d'autre motif. Mais ce souvenir" est un acte de mon esprit ; cet acte aurait-il pu se produire , si l'événement n'avait pas eu lieu ? J'avoue que je ne vois * pas de connexion nécessaire entre les deux faits. Quand on aura démontré l'existence de cette connexion, alors, sans aucun doute , la conviction de la réalité passée de l'événement sera expliquée; mais jusque-là elle reste inexplicable, et tout ce qu'on eu peut dire c'est qu'elle est un résultat de notre constitution. . On dira peut-être que l'expérience que nous avons de la fidélité de la mémoire est un motif de nous confier à son témoignage. Il se peut^ en effet, que cette considération fortifie la confiance de ceux qui s'en avisent; mais le grand nombre n'y songe point et n'en a pas besoin pour croire à la mémoire. Les occasions où l'on a recours à l'expérience pour vérifier la fidélité d'un souvenir, sont extrêmement rares, et ceux à qui il est arrivé de le faire n'avaient pas attendu cette épreuve pour ajouter foi au témoignage de la mémoire : la croyance à spn témoi-

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