‹ Œuvres complètes de Thomas Reid, chef de l'école écossaise, publiées (volume 4)Chapitre 18 sur 77 · III · texte numérisé non relu

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g8 ESS-AI II. CHAPITRE III.

fibres qui le composent échappent à la vue. G)inme nous n'en savons pas davantage sur les nerfs, un vaste champ s'ouvre ici à ceux qui aiment les conjectures.

I^s anciens supposaient que les fibres nerveuses sont de petits tubes remplis d'une vapeur très subtile, à laquelle ils -donnaient le nom d'esprits animaux; que le cerveau est une glande, qui secrète ces esprits de la partie la plus déliée du sang, et répare continuellement l'énorme consommation qui s'en fait; qu'enfin, c'est par le moyen de ces esprits animaux que les nerfs remplissent leurs fonctions. Descartes nous les montre parcourant sans cesse les canaux qui leur sont assignés^ et produisant non^seulement les mouvements musculaires, mais la perception, la mémoire et l'imagination ; il a décrit leurs voyages et leurs opérations avec la même précision et le même détail que s'il en avait été le témoin oculaire. Malheureusement, jamais œil humain n'a perçu la structure tubulaire dés nerfs; jamais les injections les plus subtiles n'ont pu la rendre sensible ; et il se trouve que toutes les merveilles qu'on a racontées des esprits aniipaux j)endant plus de quinze siècles , n'étaient que de pures conjectures.

Le docteur Briggs , 'qui enseigna l'anatomie à Newton, fut le premier, je pense , qui introduisit un nouveau système sur les -nerfs. Il les concevait comme des filaments solides d'une ténuité prodigieuse; et cette opinion s'accordant mieux avec l'observation, semble avoir été dèslors , plus généralement admise que l'ancienne. Quant à la manière dont ils exécutent leurs fonctions, le docteur Briggs supposait, que comme les cordes d'un instrument, ils ont des vibrations différentes selon leur longueur et leur degté de tension. Mais il paraît difficile d'admettre de telles vibrations dans une substance dépourvue de te-

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