Se : si, — En Jangueur : en faiblesse
982. Onc : jamais. — Puis : depuis. — N'eus : je n'eus. — Ne : ni. 983. Que : en quoi. — Elle : ma maitresse. 985. Deux élions : nous élions deux.
986. I! : le cœur unique que nous avions à deux. — Dérier : mourir. Force est que je meure, 987. Voire : certes.
988. Par cœur : par néant. Je ne serai plus qu’une image sans vie. 989. Mort : participe. Équivaut à vivant par cœur. 990. Jean Cornu ou Lecornu. Déjà présenté v. 84 du Petit Testament, note. 991. Je veux lui faire un autre nouveau legs : que celui du Petit Testament.
: 993. Amon grand besoin. En mon grand besoin. — Affaire : même sens que esoin.
Pour ce, le jardin lui transfère,
Que maître Pierre Bobignon 995 M'arenta, en faisant refaire
L’huis et redresser le pignon.
Par faute d’un huis j'y perdis
Un grès et un manche de houe. |
Alors huit faucons, non pas dix, 1000 N'y eussent pas pris une aloue.
L'hôtel est sûr, mais qu’on le cloue.
Pour enseigne y mis un havet.
Qui que-Pait pris, point ne l'en loue;
Sanglante nuit et bas chevet. 1005
Item et pource que la femme De maître PIERRE SAINT-AMAND (Combien, se coulpe y a à l’âme,
994. A cause de cela je lui transfère le jardin. Jardin et hôtel, comme on verra, lequel paraît être la prison du Châtelet, ici dépeinte en badinant.
995. Pierre Bobignon. Procureur au Châtelet. Jean Bobignon son frère, était maître des Requêtes et chanoine.
996, 997. M’arenta : me donna à rente. Plaisante manière peut-être de dire qu'on l'y enferma. — En faisant refaire. Ce gérondif tombe sur le légataire : Qu'il fasse refaire etc. — Huis : porte. — Le sens de ces réparations échappe.
999. Un grès : une pierre de grès, un caillou, — Houe : instrument ce labour, dont le manche n "est peut- être dit que pour signifier un bâton.
1000, 1001. Non pas : pas même, — Aloue : alouelte, L'obscurité du lieu semble dépeinte par là, telle qu'on l’imagine d’un cachot.
1002. L'hôtel est sûr mais qu’on le cloue : pourvu qu’ on le ferme, Badinage rappelant peut-être une évasion.
1003. F mis : j'y mis. — Havel : crochet. L’allusion échappe.
1004, 1005. Qui que l'ail pris : qui qui l’ait pris, qui que ce soit qui l'ait pris. Un autre y avait donc pris la place du poète. — Point ne l'en loue : je ne l’en félicite pas. — Sanglant : terme de blasphème, qui, mis en épithète, exprime l’abomination, comme aujourd’hui sacré, mais avec plus de violence. Sanglante nuil : nuit abominable. — Bas chevet : la tête par terre. Ces derniers vers ne laissent presque pas de doute que l'hôtel légué est le Chàtelet.
1006, 1007. Pierre Saint-Amand. Déjà présenté v. 89 du Petit Testament, note."
Sa femme s'appelait Jeannette Cochereau. — Pource : parce.
1008. Combien : toutefois. — Se : si. — Coulpe : péché. Se couipe y a è l'âme : si l'âme en est atteinte par péché.
Dieu lui pardonne doucement)
Me mit ou rang de quéemand, 1010 Pour le Cheval blanc, qui ne bouge,
Lui changerai une jument,
Et la Mule à un âne rouge.
Item donne à sire DENis
HesssELiN, élu de Paris, 1015
Quatorze muids de vin d’Aunis
Pris sur Turgis à mes périls.
S'il en buvait tant que péris
En fût son sens et sa raison,
Qu'on mette de l’eaue es barils. 1020 : Vin perd mainte bonne maison.
Item, donne à mon avocat
Maître GuiLLAUME CHARRUAU,
Quoique Marchand en ait état,
Mon branc; je me tais du fourreau. 1025
1009. Dies lui pardonne : que Dieu lui pardonne.
1010. On : contracté de en le. Nous disons au. Quéemand : mendiant, d'où quémander, trois syllabes. Sans doute parce que le poète l'avait quêtée d'argent.
1011 à 1013. Je lui changerai, donnerai en échange, une jument pour le Cheval blanc, et je lui changerai la Mule contre un âne rouge. Cheval blanc et Mule sont les enseignes léguées à Saint-Amand dans le Petit Testament. Le poète les reprend et met en place une jument et un âne rouge. Ce qu'il y a dans ce nouveau legs de propre à venger son injure, échappe.
1014. Denis Hesselin, Élu de Paris aux Aides, plus tard prévôt des marchands, puis receveur de la ville. Il mourut fort âgé sous le règne de Louis XII.
1017. Sur : chez. — Turgis. Robin Turgis, déjà présenté ci-dessus, v. 774, note. 11 vendait du vin comme cabaretier. — À mes périls : à mes risques. Le legs semble désigner Hesselin comme ivrogne.
1018 à 1020. S’il en buvail lant que son sens et sa raison en fûl péris, anéanti, qu'on mette de l'eaue es, dans les barils, — Péris, singulier. L’s est mis pour la rime.
1021. Vin : le vin. — Vin perd elc., proverbe.
1023. Guillaume Charrtau. Compagnon de Villon aux écoles. Peut-être le nom de son avocat lui est-il donné pour de bon.
1024, 1025. Marchand. Déjà nommé v. 969 et présenté au Petit Testament, v. 81, note. — En ait élat : l'ait en partage. — Branc : épée. Ce branc donné deux fois ne s'explique peut-être que parce qu'il fait ici équivoque avec bren. Le présent légataire serait donc maltraité dans les mêmes termes dont
TT PTT UT D le lobe de DU ne en My MIO M ee RU D UD ele nn Re nes CPR
Il aura avec, un réau
En change, afin que sa bourse enfle, Pris sur la chaussée et carreau | De la grand couture du Temple.
Item mon procureur FouRNIER 1030 Aura pour toutes ses corvées
(Simple sera de l’épargner)
En ma bourse quatre havées,
Car maintes causes m'a sauvées |
Justes, ainsi Jésus-Christ m'aide, 1035 Comme telles se sont trouvées;
Mais droit si a bon métier d’aide.
‘Item je donne à maître Jacques Raçuier le grand Godet de Grève,
use le poète envers quelqu'un qu’il honorait. — Je me tais du fourreau. Ces mots confirment l’'équivoque, le fourreau du bren étant ce qu’on sait.
1026. Réau : pièce d’or qui valait trente sous tournois.
1027. En change : en petite monnaie. — Afin que sa bourse enfie. Plaisanterie, qui ne la fait grossir que de billon.
1028, 1029. Chaussée : chemin pavé. — Carreau : pavé. Chaussée et carrex : même chose. — Grand : grande. — Couture : terre cultivée. La grand couture du Temple : cultures qui dépendaient du grand prieuré de Malte ou commanderie du Temple, dans le quarlier actuel du Marais, situé alors hors Paris. — Pris sur : pris sur le produit de. Le réau est dit par dérision pris sur le carreau de la couture, maintenant rue Vieille du Temple, qui ne produisait rien.
1030. Fournier. Déjà présenté v. 157 du Petit Testament, note.
1032. 11 sera simple, aisé d’épargner l'argent que je lui donne.
1033. Havées : poignées d'argent. |
1034. Sauvées : gagnées. Car il m’a gagné maintes causes,
1035, 1036. Justes comme telles se sont trouvées : ainsi Jésus-Christ m'aide. Justes comme on n’a pas manqué de les déclarer, et que Dieu me renonce si je mens. Badinage dont use le poète pour dissimuler l’indignité de ses causes, ‘quoique gagnées, par protection sans doute, car le chanoine Villon courait. Ainsi Jésus-Christ m'aide est ironique. Le rejet de Juste au vers pour marquer réflexion, est digne de Lafontaine. |
1037. Avoir mélier : avoir besoin, — Si: quand même. — Le droit à bon besoin d'être aidé, Surtout quand c’est celui de Villon. .
1038, 1039. Jacques Raguier. Déjà présenté v. 145 du Petit Testament, note, et signalé par l’ancien legs comme se plaisant au cabaret. — Le Grand Godel : enseigne d’un cabaret, dont le poète indique le lieu--— De Grève # situé en Grève ou sur la place de Grève, aujourd’hui place de l'Hôtel de: Ville, important peut-être comme fréquenté par la rive droite, où les tavernes étaient moins nombreuses... Le |
Pourvu qu’il paiera quatre plaques, 1040 Dût-il vendre, quoiqu'il lui griève,
Ce dont on queuvre mol et grève,
Aller sans chausse en escapin,
Se sans moi boit, assied ne lève
Au trou de la Pomme de pin. 1045
Item quant est de MÈREBEUF
Et de Nicozas DE LOUVIERS,
Vache ne leur donne ne bœuf,
Car vachers ne sont ne bouviers,
Mais gens à porter éperviers, 1050 Ne croyez pas que je me joue, |
Et pour prendre perdrix, plouviers,
Sans faillir sur la Machecoue.
1040. Qu'il paiera : qu'il paie. — Plaques : menue monnaie flamande dont le cours allait baissant, ce qui fait de la condition du legs un badinage.
1041 à 1045. Cette condition n’est qu’une amende. Se sans moi boit, assicd ne lève, au trou de la Pomme de pin. S'il boit, s’assied ou se lève sans le poète, au Cabaret de la Pomme de pin. Villon par le legs du Godet, enchaîne Jacques à ses côtés. S'il s’affranchit, point de quartier. Dat-ÿ} (pour payer quatre plaques) vendre, quoiqu'il lui griève, ce dont on couvre mot et grève, aller sans chausse en escapin. Dùt-il vendre quoiqu'il lui pèse, ce dont on habille mollet et devant de la jambe, aller sans chausses en escarpins. Résumé : Je lui lègue le Godet, pourvu s'il fait un geste sans moi à la Pomme de pin, qu'il paye quatre plaques, dût-il pour cela se mettre en chemise. La Pomme de pin est mentionnée v. 149 du Petit Testament. — Griève, deux syllabes.
1046. Quant est de : quant à. — Méreheuf. Déjà présenté v. 265 du Petit Testament, note, — Nicolas de Louviers. Présenté même poème v. 268, note.
1048, 1049. Je ne leur donne vache ni bœuf, à quoi rime le nom de l’un : car ils ne sont ni vachers ni bouviers, à quoi rime le nom de l’autre.
1050. Mais je leur donne gens à porter éperviers. Pour les assister à la chasse, où ils ont droit comme gentilshommes. Louviers fut anobli ensuite. Le poète raille leurs prétentions. |
1051. Que je me joue : queje me moque. Ironie redoublée.
1052. Et pour prendre. Suite du vers 1050 : gens pour prendre etc. — Plouviers : pluviers.
1053. Sans faillir : sans mentir: — Sur : chez. — La Machecoue. Rôtisseuse. La strophe tombe comme une épigramme. Le gibier de ces nobles est pris chez le rôtisseur. La Machecoue avait sa broche près du grand Châtelet ; restée veuve d’Arnoud Machecou, elle mourut avant que le poème part. Machecow prend dans son nom l'e muet du féminin.
Item vienne RôsiN Turcis . | A moi, je lui paierai son vin, 1055 Combien, s’il treuve mon logis,
Plus fort sera que le devin.
Le droit lui donne d’échevin,
Que j'ai comme enfant de Paris.
Se je parle un peu poitevin, 1060 Ice m’ont deux dames appris,
Elles sont très belles et gentes,
Demeurant à Saint-Gènerou,
Près Saint-Julien de Voventes,
Marche de Bretagne ou Poitou. 1065 Mais i ne dis proprement où | Tquelles passent tous les jours.
M'armel i ne Suis pas si fou
Car i veuil celer mes amours.
Item à Jean RaçGuier je donne, 1070 Qui est sergent, voire des Douze,
1054, 1055. Robin ou Robert Turgis. Déjà présenté v. 774 ci-dessus. — Vienne : Qu'il vienne me trouver. — Son vin. I1 en était marchand comme cabaretier. C’est celui des quatorze muids légués ci-dessus à Denis Hesselin.
1056, 1057. Combien : quoique. — Treuve : trouve. — Plus fort sera : il sera plus fort, plus habile. — Le devin. Profession en usage alors et à laquelle on s’adressait pour retrouver les objets perdus. Le poète n’aŸait de demeure nulle part; on ne pouvait donc le découvrir. C’est par badinage qu'il invite Turgis à venir toucher le prix de son vin.
1058, 1059. Le droit lui donne : je lui donne le droit. — Droil d'échevin : droit d’être élu pour tel. Legs de néant. — Enfant de Paris : né à Paris. 24ÿi
1069, 1061. Quoique enfant de Paris, il parle un peu poitevin : c’est que deux dames le lui ont appris. On ne sait qui elles sont, et l’allusion échappe.
— Se : si. — Ice : cela,
1062. Gentes : gracieuses,
1063, 1064 Saint-Gènerou, village du Poitou sur la route de Thouars à Airvault. Saint-Julien de Voventes, ville aux confins de Bretagne et d'Anjou entre Chateaubriand et Cande. Ces deux endroits ne sont pas près l’un de l’autre, car vingt-cinq lieues les séparent. La raison de ce maquillage échappe.
1066 à 1069. Parler poitevin, auquel le poète s'amuse, J : je. Iquelles : icelles, celles-ci. Arme : âme. — Villon refuse de dire où ces dames vont à la promenade afin de celer ses amours. Précaution raisonnable quand il s’agit de Paris, badine s'il s’agit de Saint-Gènerou.
*1070, 1071. Jean Raguier. Déjà présenté v. 131 du Peñf Testament, note, — Les douze sergents sont ceux du prévôt de Paris.
146 VYILLON
Tant qu’il vivra, ainsi l’ordonne,
Tous les jours une talemouse,
Pour bouter et fourrer sa mouse, Prise à la table de Bailly. 1075 A Maubué sa gorge arrouse
Car au manger n’a pas failli.
Item et au prince des Sots
Pour un bon sot, MicHauD Durour, :
Qui à la fois dit de bons mots 1080 Et chante bien Ma douce amour.
Je lui donne avec, le bonjour,
Bref, mais qu’il fût un peu en point.
Il est un droit sot de séjour,
Et est plaisant où il n’est point. 1085
1072. Sa vie durant, je l’ordonne ainsi. :
1073. Talemouse : pâtisserie soufflée. On en faisait encore à Saint-Denis il y à quarante ans.
1074. Bouter : mettre. — Mouse : museau (Marot).
1075. Prise se rapporte à {alemouse. — Bailly. Jean Bailly, procureur au parlement, greffier de la justice du trésor.
1076. Qu'il arrose sa gorge à Maubué. — Manbuë ou Maubuée : nom d'une fontaine encore existante dans la rue Saint-Martin, au coin de la rue Simon Lefranc, Bailly avait une maison auprès.
1077. Car n'a pas j'ailli au mauger. Il n'a pas manqué de bien manger. L’allusion du legs échappe.
1078, 1079. Prince des sots. Chef d'une compagnie de comédiens voués aux «pièces burlesques nommées soties. C'était alors Guillaume Guéroult, que ce legs ne vise pas à mettre en scène, mais seulement le personnage offert à la compagnie. — Michaud ou Michel Dufour. L'un des douze sergents à verge du .Châtelet, qui fut employé à l'enquête menée sur le vol du collège de Navarre, dont le poète était complice. — Pour un bon sol. Je le donne au prince dés sols comme un bon sot lui-même. L'auteur joue sur sof au sens propre, et sof acteur de pièces comiques.
1080. À la fois : quelquefois, pas souvent. Badinage.
1081. Ma douce amour. Chanson inconnue. L'allusion échappe.
1082 à 1085. Avec : avec cela. — Mais que : pourvu que. — En point : au juste point. — Droit : vrai, accompli. — De séjour : quand il est là. — Mais qu'il etc. Pourvu qu'il se conduise à point, qu'il use d’un peu de discrétion. Sot accompli par sa présence, il n’a d'esprit que quand il n’y est pas. N'être pas là est le seul trait par où il sache plaire. Il ne se laisse supporter qu’absent. Pour être en point donc, qu'il se cache. — Il est plaisant où il n'est das. Vers digne de la scène des portraits dans le Misenthrope de Molière.
Ftem aux onzé-vingts sergents Donne, car leur fait est honnête,
Et sont bonnes et douces gens
Denis RicHer et JEAN VALETTE,
A chacun une grand cornette 1090 Pour pendre à leurs chapeaux de fautres.
J'entends à ceux à pied, hohète!
Car je n’ai que faire des autres.
Derechef donne à PERRENET,
J'entends le BATARD DE LA BARRE, 1095 Pource qu’il est beau fils et net,
En son écu au lieu de barre,
Trois dés plombés de bonne carre
Et un beau joli jeu de cartes.
Mais quoi! s’on l’ouït vessir ne poire, 1100 En outre aura les fièvres quartes.
‘Item, ne veuil plus que Cxozer
© 1086. Onse-vingis : deux cent vingt. C'était le nombre des sergents de la prévôté de Paris. | 1087. Donne : je donne. — Leur fait est honnéte. Ce sont des gens très bien. 1088, 1089. Denis Richer et Jean Valelte sont bonnes et douces gens : comme des agents de police, Badinage.
1090. Gornette : bande d'étoffe enroulée autour du chaperon et tombant sur -
l'épaule. Les sergénts n'en avaient pas. L’allusion échappe, — Grand : grande, 1091. Fautres : feutre. L’s est mis pour la rime. | 1092. J'entends : je veux dire. — Hohèle : mot inconnu. 1094,1095. Donne : je donne. — Perrenet Marchand. Présenté v. 177 du Petit Testament, et déjà pourvu dans celui-ci, v. 764. Villon ne cesse de l'accabler. 1096. Beau fils : joli garçon. — : Net : propre. | 1097 à 1099. Écu : l'écusson aux armes. — Barre : pièce héraldique qui marque la bâtardise, d'accord ici avec le surnom du personnage. — Dés plombés : pour tricher au jeu. — Carre : dimension. — Des dés plombés, des cartes, à mettre dans l'écu du légataire, font de lui un pipeur de dés, comme le Petit Testament en faisait un proxénète, 1100. Se : si. — Vessir : vesser. — Poire : péter. | 1101. En outre aura : je lui lègue en sus. — Fièvre quarte ou quartaine : fièvre maligne qu’on souhaitait par façon de maudire. | 1102. Ne veuil plus : je ne veux plus. — Cholet. Déjà présenté v. 185 du Petit Testament, note. Il paraît ici en tonnelier, soit par badinage du poète, soit qu'il ait fait un temps ce métier. | | Ë
Dolle, tranche, douve ne boise, Relie broc ne tonnelet, :
Mais tous ses outils changer vaise 1105 A une épée lyonnaise
- -4 Et retienne le hutinet.
Combien qu’il n’aime bruit ne noise, Si lui plaît-il un tantinet.
Item je donne à Jean LeLour, 1110 Homme de bien et bon marchand,
Pource qu'il est linget et flou,
Et que Choletest mal serchant,
Un beau petit chiennet couchant,
Qui ne lairra poulaille en voie, 1115 Un long tabard et bien cachant,
Pour les musser, qu’on ne les voie.
Item à L'ORFÈVRE DE Bois Donne cent clous, queues et têtes
1103, 1104. Doller, douver, boiser : sens inconnus. — Ne : ni. — Relier : cercler. — Ne : ni. — Tomnelet : petit tonneau. — Relie, trois syllabes.
1105. Vaise : aille. — Mais qu'il aille changer tous ses outils,
1106. À : contre. — Lyonnaise : le sens échappe. — Épée, trois syllabes.
. 1107. Huiinet : maillet. Seul cet instrument de tonnelier sera retenu par lui dans son nouvel état. :
- 1108. Combien que : quoique. — Ne : ni. — Noise : même chose que bruit. . 4109, Si : pourtant. — Un tantinel : ne se dit guère hors Paris (Marot). De l'italien : un tout petit peu. — Équivoque sur hwin : tapage. Le hutinet lui plaît quoique le hutin lui déplaise.
1110. Jean Leloup. Présenté v. 185 du Pelil Testament, note.
1111. Bon marchand : marchand notable. Comme voiturier par eau.
1113. Linget : mince. — Fou : fluet. {2
1113. Est mal serchant : ne sait pas chercher, dans les maraudes auxquelles le Petit Testament conte que tous deux s'adonnaient en compagnie du poète.
. 1114, 1115. Chiexnet : petit chien, diminutif badin. — Chien couchant : bête de chasse. — Lairra : laissera, — Qui ne lairra poulaille en voie : qui ne laissera pas une poule sur les chemins.
__ 1116. Tabard : long manteau. — Bien cachant : propre à cacher. ni
: 1117. Les : la poulaille, les poules. — Musser : cacher. — Que: crainte que.
1118- L'Orfèvre de Bois. Jean Mahé, ainsi dit, aussi sergent à verge aû Ghâtelet, l'un des vingt, avec la charge d'aide du questionneur (Schwob). . 1119 à 1120. Je donne cent clous de gingembre sarrasinois, queues et têtes.
— Queues, deux syllabes.
De gingembre sarrasinois, 1120 Non pas pour accoupler ses boëtes, | Mais pour conjoindre culs et coëttes
Et coudre jambons et andouilles,
Tant que le lait en monte es tettes
Et le sang en devale aux c….. 1125
Au capitaine Jean Riou Tant pour lui que pour ses archers, Je donne six hures de loup, : Qui n’est pas viande à porchers, Pris à gros mâtins de bouchers, “1130 Et cuites en vin de buffet. | | | Pour manger de ces morceaux chers, On en ferait bien un malfait.
C’est viande un peu plus pesante | Que duvet n’est, plume ne liège; 1135 Elle est bonne à porter en tente,
1121. Accoupler ses boëles. Le sens échappe.
__ 1122, 1123. Même sens libertin à l’un et l’autre vers, Cette application de | - Coëtte est inconnue.
1124, 1125. Teites : tètons. — Les termes cyniques de ce legs accusent de . proxénétisme le légataire,
1125, Jean Riou. Marchand pelletier, enrôlé aux archers de la ville de Paris, dont il était capitaine.
1127. Ses archers : ceux qu’il commandait.
1129. Qui : ce qui. — Viande : nourriture, trois syllabes, — À porchers : faite pour les gardeurs de cochons. Badinage; c’est une viande dégoûtante, Ce vers fait parenthèse. ;
1130. Pris : ce sont les loups. — À : avec, au moyen de. — Mélins : gros chiens, qu'on ne mène pas à la chasse, Le poète trace ün tableau comique. 1131. Pris s'appliquait à loups ; Cuiles 8 “applique: à hures, — Vin de buffet :
- mauvais vin que vendait le vinaigrier. L’assaisonnement proposé vaut la viande.
1132, 1133. En : à cause de cela. — Malfait : crime. — Le badinage continue. Pour manger de si bonnes choses, on s’en ferait mourir. 1134, Viande : nourriture, trois syllabes. 5 :: 4135. Duvet etc. : le duvet etc. — Ne : ni, pour 04, à cause du sens négatif. --
enfermé dans la comparaison.
1136. En lente : dans la tente.
Ou pour user en quelque siège.
S'ils étaient pris à un piège,
Que ces mâtins ne sussent courre,
J'ordonne, moi qui suis bon miège, 1140 Que des peaux sur l’hiver se fourre.
Item à ROBiNET TRASCAILLE,
Qui en service {c’est bien fait)
A pied ne va comme une caille,
Mais sur roussin gras et refait, 1145 Je lui donne de mon buffet
Une jatte qu'emprunter n'ose.
Si aura ménage parfait,
Plus ne lui faillait autre chose.
Item donne à PERROT G1iRARD, 1150 Barbier juré du Bourg-la-Reine,
Deux bassins et un coquemart,
Puisqu’à gagner met telle peine.
1137. Pour user : pour qu’on en use.
1138, 1139. Js : les loups. — Étaient, trois syllabes. — À sn piège : au piège. — Que : en cas que. — Ne sussent : ne sussent pas. — Courre : courir. Le langage de chasse conserve cette forme d'infinitif. — S'ils étaient etc. S’il fallait qu'on les prit au piège parce que ces mâtins n'auraient pas su courir. Ce n'est en effet pas leur métier.
1140. Miège : médecin. Moi qui suis bon médecin : plaisanterie. |
1141. Que quand viendra l'hiver il se fourre des peaux, il les emploie comme fourrure. Sans doute parce que prises au piège, elles seront intactes,
1142. Robinet ou Robert Trascaille. Receveur de Château-Thierry, avec le titre de secrétaire du roi.
1143 à 1145. C'est bien fait : c'est comme il faut. — Ne va : ne va pas. — Comme une caille : plaisanterie, — Rowssis : cheval. — Refait : même chose que gras. — Qui en serrice ctc. Qui en faisant les fonctions de son office, il a raison, ne va pas à pied comme les cailles, mais sur un cheval bien portant.
1147. Une jatte qu'il n'ose emprunter. L’allusion échappe.
1148. Ainsi son ménage sera complet.
1149. Ii ne lui manquait plus autre chose.
1150. Perrot (diminutif de Pierre) Girard n’est connu que par ceci.
1151, Juré : de sa corporation. — Bowrg-la-Reine. Village sous Paris,
1152. Bassins, coquemard : pièces à l’usage des barbiers. La seconde est pour chauffer l’eau.
1153, Puisque met lant de peine etc. Puisqu'il se donne tant de peine pour gagner, il convient de l'aider par ces dons. ù
Des ans y a demi-douzaine
Qu'en son hôtel, de cochons gras 1155 M'apâtela une semaine, | Témoin l’abbesse de Pourras.
Îtem aux frères Mendiants,
Aux Dévotes et aux Béguines,
Tant de Paris que d'Orléans, 1160 Tant Turlupins que Turlupines,
De grasses soupes jacopines Et flans leur fais oblation:;
Et puis après sous les courtines Parler de contemplation. 1165
Si ne suis-je pas qui leur donne, Mais sont de tous enfants les mères :
Et Dieu qui ainsi les guerdonne,
1154 à 1156. Il y a une demi-douzaine d’années qu'il m'apâtela, me reput (Marot) de cochons gras une semaine durant, dans sa maison. Six ans en arrière, c'est le temps où Villon quitta Paris. Bourg-la-Reine le reçut donc alors, et peut-être ce barbier le cacha.
1157. Pourras. Port-Royal, abbaye de femmes près Chevreuse, non loin de laguelle l’étang de Pourras perpétue cet ancien nom. — L'abbesse de Pourras. Huguette Duhamel, signalée malgré sa profession, par une vie licencieuse, qui la fit déposer en 1463. Comment elle est témoin que Girard nourrit le poète de cochons gras, ne se laisse pas clairement décider.
1158. Frères Mendiants. I] y en avait de quatre ordres : Franciscains, Dominicains, Carmes et Augustins. Leur nom venait de ce qu'ils vivaient d’aumône.
1159, 1160. Dévotes : sobriquet populaire des sœurs hos pitalières nommées Filles-Dieu. — Béguines : femmes que ne liait nul vœu, et qui vivaient relirées ensemble pour la prière, — D’Orléans. L’allusion échappe. |
1161. Turlupins. Fanatiques dont la secte formée au xrrre siècle et anéanlie sous Charles V, enseignait l'innocence de tous actes naturels, en foi de quoi ils allaient nus. Peut-être en restait-il quelque vestige alors. Le poète feint par plaisanterie de les confondre avec les moines.
1162, 1163. Je leur fais oblation de grasses soupes jacobines et flans, — Soupes : tout mets où entraient des tranches de pain rôties. — Jacopines : excellentes. Le mot est usité chez Despériers pour une ehambre.
1164, 1165. Courlines : rideaux, — Parler de contemplation. Figure, exprimant le libertinage dont on chargeait les moines.
1166 à 1168. Si : au moins. — Guerdonner : récompenser. — Au moins n'est-ce pas moi qui leur donne, mais les mères de tous les enfants, toutes les femmes, et Dieu, pour qui ils souffrent des peines amères, qui les récom-
pense ainsi. | + |
Pour qui seuffrent peines amères.
Il faut qu’ils vivent les beaux pères, | 1170 Et mêmement ceux de Paris.
S'ils font plaisir à nos commères,
Ils aident ainsi leurs maris.
Quoi que mattre Jean de Poullieu
En voussit dire et reliqua, 1175 Contraint et en publique lieu
Honteusement s’en révoqua.
Maître Jean de Meungs’en moqua;
De leur façon si fit Mathieu;
Mais on doit honorer ce qu’a 1180 Honoré l'Eglise de Dieu.
Si me soumets leur serviteur, En tout ce que puis faire et dire,
1169. Seufrent : souffrent.
1170, Qu'ils virent : qu'ils aient de quoi vivre. — Beaur-pères : bons pères.
1171. Mémement : surtout. — Ceur de Paris. Pour le plaisir de nos commères, au vers suivant.
1172, 1173. Ils font plaisir à nes commères, ils aident leurs maris : en faisant auprès d'elles l'office de ces derniers.
1174, 1176. Jean de Pouilly, pour la rime Posllieu. Théologien picard, signalé au xmie siècle contre les ordres mendiants par des écrits dont le pape Jean XXII le contraignit à faire rétractation. Il appartenait à l'université, à qui ces moines faisaient concurrente, — Voussit : voulût. — Et reliqua : tout le reste, cela et bien autre chose. |
1177. Honteusement : à la honte de ce qu'il avait dit. L’adverbe ne tombe pas sur la rétractation. — S'en révoqra : il s’en révoqua, s’en dédit.
1178. Jean de Meung. Auteur de la plus grande et de la meilleure partie du Roman de la Rose, le plus fameux des poètes français du moyen âge, Clopinel de son nom, né à Meung-sur-Loire, mort à Paris en 1318. Villon le dit maître, comme homme de lettres et savant. — S'en moqua : des ordres mendiants, dans un endroit de son grand poème. .
1179. De leur façon : à la façon de ceux-ci. — Si : ainsi, pléonasme. — Mathieu, vivant au xvi° siècle, auteur d’un livre latin de Lamentations, où les mêmes moines sont attaqués.
___ 1180, 1181. Le poète se sépare de Pouilly, de Mathieu et du Roman de la Rose. Villon, qui ne raille les moines que pour l’amusement, fuit l'air de pédanterie que donne la censure.
1182. Sf : donc. — Me soumets : je me soumets. — Leur serviteur, attribut: qui se joint à soumettre : je me rends, leur serviteur en me soumettant.
1183. Ce que puis : ce que je puis.
. dans l'usage.
A les honorer de bon cœur,
Et obéir sans contredire. 1185 L'homme bien fol est d’en médire,
Car soit à part ou en prêcher
Ou ailleurs, il ne faut pas dire,
Se gens sont pour eux revancher.
Item je donne à frère Baube 1100 Demeurant en l’hôtel des Carmes,
Portant chère hardie et baude,
Une salade et deux guisarmes;
Que Detusca et ses gendarmes
Ne lui riblent sa cage vert. | 1195 Vieil est; s’il ne se rend aux armés,
C’est bien le diable de Vauvert.
Item pource que le scelleur Maint étron de mouche a mâché,
1184, 1185, Je me soumets à les honoter et à leur obéir. | 1186. L'homme est bien fou qui en médit, — Médire : dire du mal, vrai ou faux. Notre définition moderne qui le réduit au mal véritable, n’a jamais été
4187 à 1189. À part : en secret. — Précher : parole publique. — Se : si. —
Pour : capables de. — Eux revancher : se venger, — Car soit etc. Car soit .
entre soi, soit devant tout le monde, ou n'importe de quelle façon, il ne faut pas parler, si les gens sont gens à se venger. La maxime, comme on voit, ne défend pas dé railler. | 1190. Baude de la Mare. Moine du couvent des Carmes qui se trouvait place Maubert.
:. 1194, 1192. Hôlel : maison. — Chère : mine. — Baude : joyeuse. 1173. Salade : casque. —.Guisarme : hallebarde. .. 1194. Que : crainte que, — Detusca. Peut-être Turquan, dont le poète aurait barbouillé le nom, lieutenant criminel du prévôt de Paris. 1195. Ribler : exemple unique du mot, peut-être piller, — Vert : verle, — Ne lui riblent sa cage vert. L'application échappe. ù 1196, 1197. Vieil est : il est vieux. — Le diable de Vauvert : le diable auvert. Nous ne l’employons plus que pour marquer la distance. Ici tout simple- ment: le diable, — S’éf ne se rend etc. C’est bien le diable s’il ne se rend aux ‘fendarmes. Peut-être est-ce pour cela que le poète prend soin de l'armer. - - 1198, 1199. Le scelleur. Expliqué ci-dessous comme scelleur de l'évêché,
c'est-à-dire le chancelier. Il se nommait Richard de la Palu. — Mouche :
abeille. — Étron de mouche : cire. — Mäâché. On mâchait la cire avant d'y empreindre le sceau. |
Donne, car homme est de valeur, 1200 Son sceau davantage craché;
Et qu'il ait le pouce écaché
Pour tout empreindre à une voie;
J'entends celui de l'évêché,
Car les autres, Dieu les pourvoie. 1205
Quant des auditeurs messeigneurs,
Leur granche ils auront lambroissée ;
Et ceux qui ont les culs rogneux,
Chacun une chaire percée;
Mais qu’à la petite Macée 1210 D'Orléans, qui ot ma ceinture,
L’amende soit bien haut tauxée :
Elle est une mauvaise ordure.
Item donne à maître François Promoteur, DE LA VAQUERIE, 1215
1200, 1201. Donne : je donne. — Homme est : il est homme. — Son sceau craché davantage : sur lequel on ait craché avec plus d’abondance. L'étron de mouche en cédera mieux.
1202, 1203. Écaché : écrasé, pour mieux peser sur le sceau. — À «ne voie : en une fois. L'empreinte n’a de netteté qu’autant qu'on ne s’y reprend pas, et qu'elle est donnée tout d’un coup. Le maniement du sceau, sa matière, sont délicatement dépeints parmi tant d'inventions burlesques.
1204. J'entends : je veux dire. — De l'évéché : de Paris. La ville n'avait pas encore d’archevêque.
1205. Dieu les pourvoie, c'est-à-dire : je m'en moque.
1206. Quant des : quant aux. — Auditeurs : de 1a Chambre des comptes. —' Messeigneurs : ce nom pouvait se mettre après la qualité. |
1207. Granche : grange. Leur granche : la Chambre des comptes. — Lambroissée : Jambrissée. Le poète leur lègue un lambris par une allusion qui échappe. |
1208. Les culs rogneuz : ce que nous appelons hémorrhoïdes.
1209. Chaire : chaise.
1210 à 1212. Mais que : pourvu que. — La petite Macée. Désignation injurieuse d'un homme : Macé d'Orléans, lieutenant du bailli de Berri à Issoudun, qui sans doute assigna Villon devant la Chambre des comptes et le fit condamner à l'amende (Champion). — Of : eut. — Ma ceinture : mon argent, l'argent qu'on y mettait. — Taurée : taxée. — Mais que etc. Pourvu que l'amende soit haut taxée à la petite Macée d'Orléans, qui m'a dépouillé,
1214, 1215. François promoteur de la Vaquerie. On dit encore dans quelques provinces, d’un seul tenant et sans virgule : un Tel avocat, un Tel libraire. L'usage ici va jusqu’à mettre la profession avant le surnom. François de la
EN
Un haut gorgerin d’Écossais, . Toutefois sans orfaverie; : Car quand reçut chevalerie 11 maugréa Dieu et saint Georges. :, Parler n’en ouït qui ne s’en rie, 1220 Comme enragé à pleine gorge.
Item à maître JEAN LAURENT,
Qui a les pauvres yeux si rouges,
Pour le péché de ses parents
Qui burent en barils et courges, 1225 Je donne l’envers de mes bouges, | Pour tous les matins les torcher.
S'il fût arcevêque de Bourges,
Du cendal eût, mais il est cher.
Vaquerie était un des promoteurs du diocèse de Paris, et de plus curé d’Argenteuil. Jean Laurent et Jean Cotard, qui suivent, étaient promoteurs également. Le poète les maltraite tous trois, mais nul autant que celui-ci, dont il fait un poltron, des deux autres des ivrognes.
1216, 1217. Gorgerin : pièce d’armure qui protégeait la goiïge. — Orfaverie : orfèvrerie. — D’Écossais, sans orfaverie : apparemment une corde pour le pendre (Champion). |
1218. Reçut : il reçut. — Chevalerie : la chevalerie. Fut fait chevalier. Ces mots rappellent ironiquement les coups reçus par le légataire, de Philippot d'Amiens, qu'il poursuivait en justice, et qui l'ayant rencontré, le battit si fort quil faillit le tuer en 1460 (Champion). Il faut imaginer de quels rires l’histoire récente était accucillie, ainsi contée. C’est l'excellent comique de Bocace et de Despériers. | |
1219. Maugréa : blasphéma. Cela se faisait par maugré : maugré Dieu, . . maugré saint Georges; comme dans la farce de Pathelin.
1220, 1221. Nul n’en entend parler, qui n’en rie à pleine gorge comme un cnragé. | |
1282 Jean Laurent. Un des promoteurs du diocèse, et chapelain de Notre- Dame. Il fut juge dans le procès intenté pour le vol du collège de Navarre, dont le poèle était complice. Il est nommé dans les Repues franches.
1224, 1225. Pour le péché : par la faute. — Qui burent en barils el coùürges, c’est-à-dire exagérément, Les yeux rouges du légataire sont supposés venir de là. À
1226, 1227. Bouge : petit sac. — Pour les essuyer tous les matins.
1228, 1229. Eat. Subjonclif à sens conditionnel que nous n’employons plus qu’au passé : il eût eu, él aurait eu; il eût, il aurait. — Fût. Le même temps s'emploie dans la condition que dans la principale : s’il fû£, s’il était. — -Arcevéque : archevêque. — De Bourges : l'allusion échappe. — S'il fût etc. S'il était archevêque de Bourges, il l’aurait de sandal, le mouchoir pour ses yeux. — Cendal : étoffe de soie. — H est cher : il, c’est-à-dire le sandal. Badiñge.
Item à matftre JEAN Coran, 1230 Mon procureur en cour d’Eglise,
Devaie environ un patard,
Car à présent bien m'en avise,
Quand chicaner me fit Denise,
Disant que l’avaie maudite. 1235 Pour son âme qu'’es cieux soit mise,
Cette oraison-ci j'ai écrite.