‹ Œuvres complètes de Villon publiées avec une introduction et des notesChapitre 168 sur 270 · Mon cou saura ce que pèse mon c · texte numérisé non relu

Mon cou saura ce que pèse mon c

LA GRANDE ÉPITAPHR VILLON. Titre composé. La petite épitaphe est au Grand Testament.

164, 165. Frères humains : hommes qui êtes nos frères. — Qui après nous vives. Le poète parle au nom des pendus de Montfaucon , auxquels sa sentence de mort le devait joindre. — N'ayez : n’ayez pas.

LE CODIGILLE | 225

Car, se pitié de nous pauvres avez,

Dieu en aura plutôt de vous mercis.

Vous nous voyez ci attachés cinq, six. - Quant de la chair, que trop avons nourrie, -

Elle est pièça dévorée et pourrie ; 170 Et nous les os devenons cendre et poudre.

De notre mal personne ne s’en rie,

Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre.

Se vous clamons frères, pas n’en devez

Avoir dédain. Quoique fûmes ocis 175 Par justice, toutefois vous savez

Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.

Excusez nous, puisque sommes transis, Enversle Fils de la Vierge Marie.

Que sa grâce ne soit pour nous tarie, 180 Nous préservant de l’infernale foudre.

166. Se : si. Si vous avez pitié de nous pauvres gens. 167. Mercis : miséricorde. L’s mis pour la rime. Dieu sera plus enclin à vous faire miséricorde. ‘

168. Ci : ici. — Ailachés cinq, six. Même tableau aux Ballades en jargon,

: Sont greffis et pris cinq ou six.

469. Quant de : quant à. — Que trop avons nourrie : que nous avons trop nourrie. Le poète fait sa coulpe des débauches du corps.

Page 1