‹ Œuvres complètes de Villon publiées avec une introduction et des notesChapitre 265 sur 270 · VILLON CL TES · texte numérisé non relu

VILLON CL TES

qui s'interroge, fait la réponse, enfin conclut: c'est donc foleur etc. Ainsi lié, le discours apparait comme plein de force. Autrement il un

languit, équivoque, et on a même peine à se figurer qui parle: ‘1 La suite : par où ? par le collet? est à donner toute entière au |

corps, qui se raille du mot saisir dont on veut l'effrayer. Ce n'est.

pas le cœur, après s'être servi de ce mot, qui va dire à celui |

qu'il gourmande, que la folie le saisit par le collet. Ce mot estsi

bien une boutade du corps, que le cœur rompt soudain avec : Rien |

ne connais. Tu ne fais discernement de rien; on ne peut rien te dire.

V. 128. — Les manuscrits donnent : l’un est blanc, l’autre noir. M. Thuasne corrige pour la césure, qui ne tolère pas l’e muet sans élision à la cinquième. Je suis sa leçon.

V.135. — L'imprimé donne : eusses. La première personne; donnée par le Fauchet, m'a paru plus naturelleici.

V. 154. — Les éditeurs coupent ainsi : Zl te faut. — Quoi? — Remords de conscience. Mais pourquoi cette interruption, qui dépeint chez le corps l’empressement d’être instruit, quand c’est le cœur qui fait les avances. Voyons, lui dit-il, pour te convertir qu'est-ce qu'il faut? Ceci, puis cela. Le vers est tout entier du cœur. 11 te faut quoi? remords de conscience. .

V. 160. — L'imprimé donne : ce me pèse; avec M. Foulet je suis la leçon du Fauchet.

V. 161. — L’imprimé donne : qui de la corde, leçon impossible, puisque qui ne peut être sujet de saura; ce sujet est cou, en sorte que qui demeure sans fonction. Avec M. Foulet, je suis la leçon du Fauchet.

V.175, 176. — Les éditeurs mettent le point après justice. Il me | paraît plus naturel avant quoique. >

V. 184. — Les manuscrits donnent la pluie, ce qui fait un pied de trop (pluie étant de deux syllabes), que MM. Longnon et Thuasne rachètent en mettant bués pour débués. La suppression | de l’article est un meilleur parti, comme mettant à l’indéfini un mot à sens diffus et collectif, tandis que soleil à sens individuel, conserve le. De plus le vers gagne en harmonie. »

V. 194, 199. — Le Fauchet donne au premier vers : qui sur tous | amaitrie, et au second : n'ait de nous seigneurie. Avec M. Thuasne, | je suis la leçon du Coislin et de l’imprimé. Seigneurie, seigneu- | rier ont un sens de droit, maiîtrie un sens de fait, qui les distribue , mMmIEUX ainsi.

V. 207. — Les sources donnent : Se fusse (feusse) des hoirs Hue | Capel, qui fait une faute de mesure ; ue étant de deux syllabes.

Je crois à une confusion du copiste entre füt-ce et fusse, fréquente alors. J'usse aura appelé se, qui est de trop. Avec füt-ce il y

aurait eu les hoirs. Füt-ce les hoirs Hue Capel. Ainsi la mesure

est rétablie, et aussi je crois un sens meilleur. Celui des manus-

crits est tel : Si j'étais des héritiers d'Hugues Cape‘, on ne m'’aurait pas fait boire en cette écorcherie; si j'étais roi, on ne m'aurait pas mené à la mort. On ne l’a pas mené à la mort, et la condition de roi imaginée pour l’en exempter se conçoit mal. De plus pourquoi l’incidente : qui fut extrait de boucherie? Si j'étais roi, descendant comme ceux de France d’un boucher, on ne m’aurait pas mené à l’abattoir. Cela ne s’attend, ni ne s'explique, ni ne plaît. Au contraire : Quand ce serait le roi, il ne m'aurait pas empêché d’appeler, il ne m'aurait pas fait avaler ma sentence, fait boire en cette écorcherie. Plaisanterie : Le roi a beau être fils de boucher. Cela ne convient pas moins. Le tout ensemble ainsi: Quant à boire en cette écorcherie, jamais; le boucher qui m’en eût prié fut-il le roi. Ajoutez que le quand ce serait (fût-ce) est dans le mouvement du discours. Rime et raison me semblent donc d’accord avec la leçon que je propose.

Vers 55. — Les sources donnent : qui. La confusion est constante dans l’imprimé avec qu’il, qui s'entend mieux ici.

V. 62. — L'un des deux manuscrits donne si, que je suis, contre ci de l’autre, qui n’a pas de sens.

V. 104. — Les sources donnent : que de nature. 1l faut et de nature : autrement la phrase est mise en pièces. |

Vers 1. — Les sources donnent aussi dépourvus; mais il n’est pas .probable que bersaudés soit une invention, quoique inconnu. Je le conserve avec MM. Longnon et Foulet.

V. 9. — M. Longnon donne maint jeune homme en est mort, M. Thuasne : maint jeune homs est mort avec hiatus de le muet. Mais une source met uns à jeunes, que je crois probable à cause du sens pluriel de maint, quoique ce mot reste au singulier. C’est la leçon de M. Foulet.

V. 13. — Les sources donnent connaissons (congnoissons) mais par erreur sans doute, car ce verbe mis au principal rompt le subjonctif d’exhortation. Il s’agit bien plutôt du-participe présent d'un réfléchi : se connaitre, connaissant avec nous pour régime.

V. 21. — M. Longnon biffe rire et fait trahison de trois syllabes. Je suis la leçon de MM. Foulet et Thuasne.

V. 99. — Les sources donnent : que j'en prendroie où la mesure cst rompue. Je suis la correction de M. Thuasne.

V. 179. — Les sources donnent soin (soing) qui n'a pas de sens. Je propose de mettre seuf (soif), qui s'oppose à faim et parfait le coq-à-l'aäne.

Vers 3. — La source donne ange. Avec M. Longnon je rétablis angels, qui sc trouve partout.

V. 6. — La source donne erage (cvaige). A cause de l’hiatus à maintenir pour la mesure, je suis la correction de M. Longnon.

V.15. — La source donne : plns qu'un sac n’est de plätre blanc. Les éditeurs corrigent de plâtre n'est. Je crois meilleur de dire : plus que n'est sac, qui permet de faire de blanc l’attribut du ne

de ex.

16. — La source donne si; mais la phrase donne à croire qu F s'agit d’un conditionnel, qui veut se. | V. 24. — La source donne enmahés. Les éditeurs corrigent

emmalés. Je crois à emmatlhés de mathe. La seconde édition du poète corrige ainsi.

V. 25. — La source donne ne soyez point durs. Avec M. Longnon, je supprime point comme rompant la mesure.

V. 31. — La source donne dit {dis) arques (acques). Je suis la leçon de M. Longnon : dit des arques, pour le sens probable et la mesure.

V. 33. — La source donne levez au bec. Avec M. Longnon je RE luez conformément à la même expression v. 53. V. 34. — La source donne aïtent du pis. J'ajoute pas pour la mesure. | V. 42. — Le manuscrit donne plaisant. Je fais l'accord avec

danse : plaisante.

V. 47. — Le manuscrit donne on aura. Je rétablis n'aura pour le sens.

V. 66. — Ce vers et les deux suivants sont français, partant aisément entendus. Il ne s’en faut que de veulx qui dans le manuscrit termine le vers 66, et qui n’est peut-être qu’une erreur du copiste répétant veulx du 65. Je propose de substituer jeux.

V. 70. — La source donne en arvant. Je suis la leçon de M. Longnon pour la mesure,

-V, 72. — La source donne : Qu'on fit de Colin l'Ecailler. Le vers est français; c'est donc avec sûreté que M. Longnon a rétabli la Te que je suis.

V. 78. — La source donne : changés andossés. M. Longnon croit

à deux impératifs et rétablit la mesure avec et. Je prendrais plutôt andossés pour le vêtement, et mets un e muet pour la mesure,

V. 79. — La source donne : tirez tout droit. Avec M. Longnon j'ajoute vous pour la mesure.

V. 86. — La source donne : gailleurs faits. Avec M. Longnon, j'ajoute bien pour la mesure. |

V. 89. — La source donne les mignons ne soient. M. Longnon rétablit la mesure avec le mignon ne soit : ce singulier s’accordant avec farci qui suit. | |

V. — c4. La source donne prince au singulier. Mais il faut le pluriel pour la mesure, et aussi parce que dans de’telles ballades, l'envoi, sauf détermination, s’adresse à tous les compagnons.

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