‹ Œuvres complètes de Villon publiées avec une introduction et des notesChapitre 49 sur 270 · Preux : braves. — Le grand Charles : Charlemagne · texte numérisé non relu

Preux : braves. — Le grand Charles : Charlemagne

69. Bons : valeureux. — Comme fut saint Martial, cru le modèle des gens de guerre, à cause de son nom.

70, Ainsi en prenne : qu'il en arrive ainsi. — Au feu dauphin : à l'ex-dauphin, au roi Louis XI.

71. Je ne lui souhaite pas d’autre malheur. Le poète s'exprime en jouant.

72. Et puis paradis à la fin. Folitesse en usage, qui terminait les remerciements.

13. 74, Pource que : parce que. — Trop : beaucoup. — Fublé, eomme affublé sans doute : habillé, pourvu. — Fublé etc. Je me sens aisance de bien plus que de santé.

75. Tant que je suis en mon plein sens. Pendant que j'ai encore la tête à moi. Avant que les approches de la mort me l'ôtent.

76. M'en a prêté. Nous dirions aif, mais en changeant le sens : si pex voulant dire quelque peu; Villon veut dire aussi peu, le peu.

Car d’autre ne l’ai emprunté)

J’ai ce testament très étable

Fait de dernière volenté,

Seul pour tout et irrévocable. 80

Ecrit l'ai l’an soixante-et-un,

Que le bon roi me délivra

De la dure prison de Meung,

Et que vie me recouvra; - Dont suis, tant que mon corps vivra, 85 Tenu vers lui m'humilier :

Ce que ferai jusqu’il mourra.

Bienfait ne se doit oublier.

Or est vrai qu'après plaints et pleurs

Et angoisseux gémissements, | go Après tristesses et douleurs,

Labeurs et griefs cheminements,

77. Car je ne l’ai pas emprunté d’un autre. Ce peu est à moi. Plaisante boutade.

78, 19. Etable : ferme. — Volenté : volonté. — J'ai fait par ma volonté dernière, ce testament bien résolu. |

81, Ecrit l'ai : je l'ai écrit. — L'an soixante et un. Les centaines sont omises avec le millésime, ainsi que nous faisons aujourd'hui : mil quatre cent soixante et un.

82, 83. Que, conjonction de temps : alors que, quand. — Le bon roi : Louis XI. — Me délivre. A l’occasion de son passage dans Orléans, dont l'évèque, Thibaut d’Aussigny, tenait le poète prisonnier. Le roi venait de succéder à son père et traversait la ville pour aller se faire sacrer. — De la dure prison de Meung. Meung-sur-Loire était le lieu de cette captivité, dont l’auteur a décrit la rigueur, v. 4 à 24 ci-dessus.

84. Et qu'il me recouvra la vie, c’est-à-dire me la fit recouyrer. — Vie, deux syllabes.

85, 86. Dont suis tenu vers lui m'humilier : En conséquence de quoi je suis tenu d’abaisser vers lui mon hommage.— Tant que mon corps vivra : tant que je vivrai.

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