‹ Œuvres complètes de Villon publiées avec une introduction et des notesChapitre 50 sur 270 · Angoisseur : anxieux · texte numérisé non relu

Angoisseur : anxieux

92. Labeurs : peines. — Griefs cheminements : pénibles voyages. Le sodlé résume dans ces quatre vers ses infortunes de six années pendant lesquelles

flcourut la province, à la suite de la sentence d’exil et du congé reçn de Ba riAresne, conté dans le Petit Testament. — Griefs, une syllabe. .

82 YILLON

Travail mes lubres sentements

Aiguisés comme une pelote

Rendit plus que tous les comments 95 D’Averroès sur Aristote.

Combien qu’au plus fort de mes maux,

En cheminant sans croix ne pile,

Dieu, qui les pèlerins d'Emmaus

Conforta, ce dit l'Evangile, 100 Me montra une bonne ville,

Et pourvut du don d'espérance.

Combien que le pécheur soit vile,

Rien ne haïit que persévérance.

Je suis pécheur, je le sais bien, 105

93 à 96. Travail : la souffrance. — Lubres : inconstants. — Comments : commentaires. — Averroës : fameux commentateur des ouvrages d’Aristote, qui gouvernaient alors la pensée du monde civilisé. Arabe de nation, vivant au xne siècle, il fut réfuté par saint Thomas et condamné par l'Eglise. — Le poète peint ici le désarroi de son âme. Comme et plus tombent tous deux sans doute sur aiguisés, dont le sens rapproché de pelote échappe. Peut-être faut-il entendre embrouillés. Travail rendit mes lubres sentements plus aiguisés (comme une pelote) que tous les comments d'Averroës sur Aristote. Mes sentiments livrés à l'inconstance, le tourment que j'avais souffert les rendit plus embrouillés ou hérissés (comme pelote) que tout le grimoire d'Averroès sur Aristote.

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