‹ Œuvres complètes de VoltaireChapitre 17 sur 420 · H:sTOiBC »c Paileme!st. IL i · texte numérisé non relu

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48 CHAPITRE XLYIII.

mais il le dirigeait : il était le maître des affaires, et le prince de Condé, premier prince du sang, en était exclu. II eut le malheur de se croire obligé à prendre les armes comme son père et son grand-père. Cette guerre cirile dura peu ; elle fut suirie du traité de Loudun\ qui donnait au prince de Condé un pouvoir presque égal à celui de la régente. A peine le prince de Condé crut-il jouir de ce pouvoir que Concinî le fit mettre à la Bastille. La prison de ce prince, au lieu d étouffer les restes des guerres civiles, les ralluma: chaque seigneur, chaque prince, chaque gouverneur de province prenait le parti qu'il croyait le plus convenable à ses int#'réLs, et en changeait le lendemain. Chacun ravissait ce qui était à sa bienséance. Le duc d'Épernon, qui était retiré dans TAngoumois, tenta de se rendre maitre de la Rochelle. Le maréchal de Les^Jiguières était véritablement souverain dans le Dauphiné. iJt duc de Nevers, de la maison de Gonzague , se cantonnait dans ses terres. Le duc de Vendôme, fils de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées; le duc de Mayenne, fils du chef de la Ligue; le maréchal duc de Bouillon, prince de Sedan, unissaient leur» troupes; et toas disaient que c'était contre le Florentin Concjoi, et non pas contre le roi.

Au milieu de tant d'alarmes, un jeune gentilhomme du comtat d'Avignon *, introduit auprès de Louis XllI, et s'étant rendu néc^5«w'iire aux amusements de son enfance, préparait une révolution h laquelle personne ne s'attendait. Le roi avait alors seize ans et demi ; il lui persuada qu'il était seul capable de bien gouverner son royaume, que sa mère n'aimait ni sa personne ni son État, que Concini était un traître. Ce Concini dans ce temps-là môme faisait une action qui méritait une statue. Enrichi par les profusions de Marie de Médicis, il levait à ses dépens une armée de cinq à six mille hommes contre les révoltés; il soutenait la France comme si elle avait été sa patrie. Le jeune gentilhomme nommé Charles d'Albert, connu sous le nom de Luines, rendit si suspect le service même que Concini, maréchal de France, venait de rendre, qu'il fit consentir le roi à l'assassiner, et à mettre en prison la reine sa mère.

Louis XlII, à qui on donnait déjà le nom de Juste^y approuva l'idée de faire tuer le maréchal dans son propre appartement, ou

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