‹ Œuvres complètes de VoltaireChapitre 262 sur 420 · Eb russe, licam Wassiliewitsdi. (NoU de Vottaire · texte numérisé non relu

Eb russe, licam Wassiliewitsdi. (NoU de Vottaire

Il n'y avait d'abord dans ce pays que des païens et des mahométans; ils ont été baptisés chrétiens de la communion romaine quand ils ont servi la Pologne; et ils sont aujourd'hui baptisés chrétiens de l'Église grecque, depuis qu'ils sont à la Russie.

Parmi eux sont compris ces Cosaques zaporaviens, qui sont à peu près ce qu'étaient nos flibustiers, des brigands courageux. Ce qui les distingue de tous les autres peuples, c'est qu'ils ne souffrent jamais de femmes dans leurs peuplades, comme on prétend que les amazones ne souffraient point d'hommes chez elles. Les femmes qui leur servent à peupler demeurent dans d'autres lies du fleuve ; point de mariage, point de famille : ils enrôlent les enfants mâles dans leurs milices, et laissent les filles à leurs mères. Souvent le frère a des enfants de sa sœur, et le père de sa fille. Point d'autres lois chez eux que les usages établis par les besoins : cependant ils ont quelques prêtres du rite grec. On a construit depuis quelque temps le fort Sainte-Elisabeth, sur le Borysthène, pour les contenir. Ils servent dans les armées comme troupes irrégulières, et malheur à qui tombe dans leurs mains!

DES GOUVERNEMENTS DE BELGOROD, DE VÉRONISE,

ET DE NISCHGOROD.

Si VOUS remontez au nord-est de la province de Kiovie, entre le Borysthène et le Tanaïs, c'est le gouvernement de Belgorod qui se présente : il est aussi grand que celui de Kiovie. C'est une des plus fertiles provinces delà Russie; c'est elle qui fournit à la Pologne une quantité prodigieuse de ce gros bétail qu'on connaît sous le nom de bœufs de l'Ukraine. Ces deux provinces sont à l'abri des incursions des petits Tartares, par des lignes qui s'étendent du Borysthène au Tanaïs, garnies de forts et de redoutes.

Remontez encore au nord, passez le Tanaïs, vous entrez dans le gouvernement de Vérouise, qui s'étend jusqu'aux bords des Palus-Méotides. Auprès de la capitale, que nous nommons VéroniseS à l'embouchure de la rivière de ce nom, qui se jette dans le Tanaïs, Pierre le Grand a fait construire sa première flotte: entreprise dont on n'avait point encore d'idée dans tous ces vastes États. Vous trouvez ensuite le gouvernement de Nischgorod, fertile en grains, traversé par le Volga.

1. En Russie, on écrit et on prononce Voronesteh, [Note de VoHaire,)

De cette province vous entrez, au midi, dans le royaume d'Astracan. Ce pays commence au il3« degré et demi de latitude, sous le plus beau des climats, et finit vers le 50% comprenant environ autant de degrés de longitude que de latitude ; borné d'un côté par la mer Caspienne, de Pautre par les montagnes de la Circassie, et s'avançant encore au delà de la mer Caspienne, le long du mont Caucase; arrosé du grand fleuve Volga, du Jaïk, et de plusieui's autres rivières entre lesquelles on peut, à ce que prétend Pingénieur anglais Perri, tirer des canaux qui, en servant de lit aux inondations, feraient le même effet que les canaux du Nil, et augmenteraient la fertilité delà terre. Mais, à la droite et à la gauche du Volga et du Jaïk, ce beau pays était infesté plutôt qu'habité par des Tartares qui n'ont jamais rien cultivé, et qui ont toujours vécu comme étrangers sur la terre.

L'ingénieur Perri, employé par Pierre le Grand dans ces quartiers, y trouva de vastes déserts couverts de pâturages, de légumes, de cerisiers, d'amandiers. Des moutons sauvages, d'une nourriture excellente, paissaient dans ces solitudes. Il fallait commencer par dompter et par civiliser les hommes de ces climats pour y seconder la nature, qui a été forcée dans le climat de Pétersbourg.

Ce royaume d'Astracan est une partie de l'ancien Capshak, conquis par Gengis-kan, et ensuite par Tamerlan ; ces Tartares dominèrent jusqu'à Moscou. Leczar Jean Basilides, petit-fils d'Ivan Basilovitz, et le plus grand conquérant d'entre les Russes, délivra son pays du joug tartare, au xvi® siècle, et ajouta le royaume d'Astracan à ses autres conquêtes en 1554.

Astracan est la borne de l'Asie et de l'Europe, et peut faire le commerce de l'une et de l'autre, en transportant par le Volga les marchandises apportées par la mer Caspienne. C'était encore un des grands projets de Pierre le Grand : il a été exécuté en partie. Tout un faubourg d'Astracan est habité par des Indiens.

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