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Manuscrits da général Le Fort. (iVote de Voltaire

454 PIEMIËRE PARTIE. — CHAPITIE IX.

ooDTHiait mal à h simplicité arec laqudle il comptait faire ses Toyages. De pins, il était lié arec la plupart de toutes les paissauces chez lesquelles il allait, excepté avec la France et arec Rcmie. U se sourenait encore arec quelque d^it du peu d'yards que Louis XIT arait eu pour Pambassade de 1687, qui n'^it pas autant de succès que de célérité ; et enfin il prenait déjà le parti d'Auguste, électeur de Saxe, à qui le prince de Gonti disputait la couronne de Pologne.

VOTACES »S nEftKE LE CftA3I».

Le dessein étant pris de Tmr tant d^Ëlats et tant de cours, en simpleparticulier,ilsemit luiHsième* à la suite de tras ambassadeurs, comme il s'était mis à la suite de ses génénux à son entrée trî(»nidiante dans Mosocnu

2 Les trois ambassadeurs étaient le général Le Fy>rt, le boiard Hexis GcdIoTin, commissaire g^ôiéral des guores et gouTemeur de la Sibérie, le même qui axait signé le traité dtine paix p^pétuelle aTec les pl^iipot^itiaires de la Chine, sur les frontières de cet «njûre^ et Tonitsin, diak ou secrétaire d'État, long* temps employé dans les cours étrangles. Quatre {H>»niers secrétaires, douze gmtil^cmimes, deux pages pour chaque ambassadeur, une compagnie de cinquante gardes , arec leurs c^ficiers, tous du r^imeot Préobannski. composai^it la suite I»incipa)e de cette ambassade : il y axait en tout deux cents pex^ sonnes, et le czar, se réserrant pour tous domestiques un Talet de chambre, un homme de lirrée et un nain, se confondait dans la foule. C^ait une chose inouïe dans rhistmre du monde qu^un roi de Tingt-cinq ans qui abandonnait ses ro^'aumes pour mieux règoer. Sa Tidoire sur les Turcs et les Tarlares, réclat de son entrée triomphante à Moscou, les nombreuses troupes étrang^^es affectionnées à son serrice, la mort dlran son fr^, la clôture

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© «^-— s«— de PéMnàmnig m. Vèntàns à» ht Fort. [Jd.)

de la princesse Sophie, et plus encore le respect général pour sa personne, devaient lui répondre de la tranquillité de ses États pendant son absence. Il confia la régence au boiard Strecknef et au knès Romadonoski, lesquels devaient, dans les affaires importantes, délibérer avec d'autres boiards.

Les troupes formées par le général Gordon restèrent à Moscou pour assurer la tranquillité de la capitale. Les strélitz, qui pouvaient la troubler, furent distribués sur les frontières de la Grimée, pour conserver la conquête d'Azof et pour réprimer les incursions des Tartares. Ayant ainsi pourvu à tout, il se livrait à son ardeur de voyager et de s'instruire *.

Ce voyage ayant été l'occasion ou le prétexte de la sanglante guerre qui traversa si longtemps le czar dans tous ses grands projets, et enfin les seconda ; qui détrôna le roi de Pologne Auguste, donna la couronne à Stanislas, et la lui ôta; qui fit du roi de Suède Charles XII le premier des conquérants pendant neuf années, et le plus malheureux des rois pendant neuf autres; il est nécessaire, pour entrer dans le détail de ces événements, de représenter ici en quelle situation était alors l'Europe.

Le sultan Mustapha II régnait en Turquie. Sa faible administration ne faisait de grands efforts, ni contre l'empereur d'Allemagne Léopold, dont les armes étaient heureuses en Hongrie, ni contre le czar, qui venait de lui enlever Azof et qui menaçait le Pont-Euxin, ni même contre Venise, qui enfin s'était emparée de tout le Péloponèse.

Jean Sobieski, roi de Pologne, à jamais célèbre par la victoire de Choczim et par la délivrance de Vienne, était mort le 17 juin 1696 ; et cette couronne était disputée par Auguste, électeur de Saxe, qui l'emporta, et par Armand, prince de Conti, qui n'eut que l'honneur d'être élu.

La Suède venait de perdre* et regrettait peu Charles XI, premier souverain véritablement absolu dans ce pays, père d'un roi qui le fut davantage, e^ avec lequel s'est éteint le despotisme. Il laissait sur le trône Charles XII, son fils, âgé de quinze ans. C'était une conjoncture favorable en apparence aux projets du czar; il pouvait s'agrandir sur le golfe de Finlande et vers la Livonie. Ce n'était pas assez d'inquiéter les Turcs sur la mer Noire ; des éta-

1 . Voltaire oublie de parler d'anc tentati?e de soalôvement avant le départ de Pierre. On coapa les pieds, les mains, la tête, aux conspirateurs. (G. A.)

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