‹ Œuvres complètes de VoltaireChapitre 56 sur 420 · janvier 1720. (Note de Voltaire · texte numérisé non relu

janvier 1720. (Note de Voltaire

2. Cétait pour empêcher les agioteurs de réaliser. Monsieur le Duc, par exemple, avait réalisé huit millions en septembre, vingt millions, dit-on, en octobre, et il venait encore de réaliser vingt-cinq millions. (G. A.)

. . .. -. j::»* fît L ^a aurait fallu

-iMi.iiiîr fi rr.iuisant ^ tous

.■;:'.K ilr coup ne servit

. . ■. îhi;-.i":'!e de la nation.

. -.ii:> I -xrnt et en perdant la

. '.•'«.îi.: :h?u. on sentait que

M'-fUj-j. révoqua la mallieu-

... ^ .iiiî> >;i maison, et permit (le

»' '(ranger, comme si on on

.. ivr ichetant. Le ministère ne

. .. .!|Ks.s.iit les alarmes du public.

. .^r .»irr - lo ?:ar(le des sceaux d'Ar-

. . .. I • r "Xiiuesseau.

-v.; .tj-Pt'l. ot d'Aguesseau l'accepta

.. . . !J *'ieuMr; il était indigne de lui

> ^ vasoil quand Lass gouvernait

. x-^ • -lio roncore plus sa gloire, en se

.. .,'iin*iiîs chimériques que le parle-

. ..aiMumont Texil du parlement, qui

...X liai lo corps du parlement n'avait

. >5^.iu'ut. Ce coup d'autorité aurait, on

.. .X luiis la moitié des citoyens n'était

'..lir 0. que de ses richesses de papier

, . V liiv'cit reçut une lettre de cachet '. Les , .1- a sirand'chambre ; ils furent relo- . V . !.* ov»rps nïîtait guère composé aloi^s ..xvm:oiiI partout la gaieté de leur Age. 0.x rtours de lis, et jugèrent un chat rou dans la comédie des Plaideurs; ...va lo parlement.

, . V X ^' *■*"* l'^'ïî arrêts contradictoires du

t .vufusion fut extrême. Le peuple

. sv v,*procipitant en foule aux bureaux

^ .' . .;xO /" monnaie des billets de dix livres,

, ....V ,»v..;.\>5^ dAiKs la presse. Le peuple porta

leurs corps morts dans la cour du Palais-Royal, en se contentant de crier au régent : « Voilà le fruit de votre système I » Cette aventure aurait produit une sédition violente, et commencé une guerre civile du temps de la Fronde. Le duc d'Orléans fit tranquillement enterrer les trois corps. Il augmenta le nombre des bureaux où le peuple pourrait avoir de la monnaie pour des billets de banque ; tout fut apaisé.

Lass, ne pouvant résister ni au désordre dont il était Tauteur, ni à la haine publique, se démit bientôt de sa place, et sortit du royaume beaucoup plus pauvre qu'il n'y était entré ; victime de ses chimères, mais emportant avec lui la gloire d'avoir rétabli la compagnie des Indes, fondée par Golbert. Il la ranima avec du papier, mais elle coûta depuis un argent prodigieux*.

DO PARLEMENT ET DE LA BULLE o UNIGRNIT US », AU TEMPS l>U MIMSTÊBB DE DUBOIS, ARCHEVÊQUE DE CAMBRAI ET CARDINAL.

L'opposition constante du parlement aux brigandages du système de Lass n'était pas la seule cause de l'exil du parlement. Il combattait un système non moins absurde, celui de la fameuse bulle Unigenitus, qui fut si longtemps l'objet des railleries du public, des intrigues des jésuites, et des persécutions que les opposants essuyèrent.

On a déjà dit * que cette bulle, fabriquée à Paris par trois jésuites, envoyée à Rome par Louis XIV, avait été signée par le pape Clément XI, et avait soulevé tous les esprits. La plupart des propositions condamnées par cette bulle roulaient sur les questions métaphysiques du libre arbitre, que les jansénistes n'entendaient pas plus que les jésuites et le consistoire.

Les deux partis posaient pour fondement de leurs sentiments

1 . Voyez, tome XIV, page 497, le chapitre xxix du Siècle du Louis XIV; dans les Mélanges, année 1763, la dix-huitième des Remarques pour servir de suiplément à l'Essai sur les Mœurs, et année 1773, Tarticle ii des Fragments historiques

sur l'Inde. (B.)

2. Page 53. Voyez l'article Bulle Unigenitus dans le Dictionnaire philosophique.

^U^nir^ Utt principe que la saine philosophie réprouve : c'est HUi Uliu^^iu^,^ que TÈtre éternel se conduit par des lois partiiàU^i^.^ iVt^t lie ce principe que sont sorties cent opinions sur ^ S^'àc^. Unîtes également inintelligibles, parce qu'il faut être i^H\ lH>ur ^wîr comment Dieu agit.

W iUio tl*Oriéans se moquait également du fanatisme janséiiis^H"» t^l \lo rnlvsuniité moliniste. Il avait, dans le commencement Iv*^ 5*^ W^viuH\ abandonné le parti jésuitique à Tindignation et au m^ur^H do lu nation. Il avait longtemps favorisé le cardinal de <VK*UU^ 01 $^i^ adhérents, persécutés sous Louis XIV par le jésuite kK^ iVlUoc î mais les temps changèrent lorsque, après une guerre \^ comio durée, il se réconcilia avec le roi d'Espagne Philippe V, ^ ^u'Il forma le dessein de marier le roi de France avec Tinfante VK^pamio. et Tune de ses filles avec le prince des Asturies. Le roi ,l'K»imKno IMûlippo V était gouverné par un jésuite, son confeslour, luuamé Dnubonton. Le général des jésuites exigea pour arllolo préliminaire des deux contrats qu'on reçût la bulle en |<*nuMM^ coauno un article de foi. C'était un ridicule digne des HHHKO» ihlroduils dans une partie de l'Europe, que le mariage de lUnix grands princes dépendît d'une dispute sur la grâce efficace ; [mU oufin on ne put obte^nir le consentement du roi d'Espagne {\Wh colle condition.

(lelul qui ménagea toute cette nouvelle intrigue fut l'abbé lUlbuia, devenu archevêque de Cambrai. Il espérait la dignité iti) cardinal. C'était un homme d'un esprit ardent, mais fin et diillé, Il avait été quelque temps précepteur du duc d'Orléans; ^Uiiu do ministre de ses plaisirs il était devenu ministre d'État. [i^ due do Noaillcs et le marquis de Canillac, en parlant de lui au régent, ne l'appelaient jamais que l'abbé Friponneau. HOM UMiMir». Hos débauches, ses maladies qui en étaient la suite, m polllo Uilno, et sa basse naissance^ jetaient sur lui un ridi- OUlu luoin^mblo; mais il n'en devint pas moins le maître des alÏHlr<)M,

Il avait pour la bulle Unigenitus plus de mépris encore que les i^Vi^quo» appelants, et que tous les parlements du royaume ; mais il aurait owiayé défaire recevoir l'Alcoran, pour peu que l'Alcoran i)Al iHiiiIrthué h non élévation.

(Wlall un do ces philosophes dégagés des préjugés, élevé dans MH jiUMu^MO auprès de la fameuse Ninon de l'Enclos. Il y parut \\U\\\ ^ «a uu>rt, qui arriva deux ans après. Il avait toujours dit à

ses amis qu'il trouverait le moyen de mourir sans les sacrements de rÉglise , et il tint parole.

Voilà rhomme qui se mit en tête de faire ce que Louis XIV n'avait pu, d'obliger le cardinal de Noailles à rétracter son appel de la bulle, et de la faire enregistrer sans restriction au parlement de Paris.

Il y avait alors un évoque de Soissons, nommé Languet, qui passait pour bien écrire, parce qu'il faisait de longues phrases et qu'il citait les Pères de l'Église à tout propos. C'est le même qui fit depuis le livre de Marie à la Coque K Dubois l'engagea à composer un corps de doctrine qui pût à la fois contenter les évêques adhérents au pape, et ne pas effaroucher le parti du cardinal de Noailles. Languet crut que son livre opérerait la paix de l'Église, et qu'il aurait le chapeau que Dubois prit pour lui-môme.

Dubois flatta le cardinal de Noailles, et menaça le parlement dç Paris de l'envoyer à Blois s'il refusait d'enregistrer. Il essuya de longs refus des deux côtés, mais il ne se rebuta point.

Il imagina d'abord que s'il faisait enregistrer la bulle à un autje tribunal qu'au parlement, ce corps craindrait qu'on ne s'accoutumât à se passer de lui, et en deviendrait plus docile. Il s'adressa donc au grand conseil ; il y trouva autant de résistance qu'au parlement de Paris, et il ne se rebuta pas encore. Ce tribunal n'étant composé que d'environ cinquante membres ordinaires, il ne s'agissait que d'y venir avec un nombre plus considérable de ceux qui avaient droit d'y prendre séance.

Le duc d'Orléans y amena tous les princes, tous les pairs, des conseillers d'État, des maîtres des requêtes; et le chancelier d'Aguesseau oublia tous ses principes au point de se livrer à cette manœuvre ; il fut l'instrument du secrétaire d'État Dubois. On ne pouvait guère s'abaisser davantage. La bulle fut aisément enregistrée à la pluralité des voix, comme une loi de l'État et de l'Église. Le parlement, qui ne voulait point aller à Blois, et qui était fort las d'être à Pontoise, promit d'enregistrer, à condition qu'on ne s'adresserait plus au grand conseil. Il enregistra * donc la bulle qu'il avait déjà enregistrée sous Louis XIV, a conformément aux règles de l'Église, et aux maximes du royaume sur les appels au futur concile ».

i. Jean-Joseph Languet, cvêque de Soissons, a donné, sous le titre de la Vie de la vénérable mère Marguerite-Marie, 1729, in-4°, l'histoire de Marie Alacoque. C*«st par faute ou plaisanterie que Voltaire écrit à la Coque, Alacoque est le nom de Camille, et non le surnom, {fi,)

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