AVERTISSEMENT POUR LA PRÉSENTE ÉDITION
tard officiellement chargé d*écpire l'histoire du héros par sa sœur Ulrique- Êléonore ; il eut à sa disposition toutes les pièces authentiques, et son travail fut ct^rrigé et approuvé par une commission royale.
Voltaire en eut immédiatement connaissance, comme on le voit par sa lettre au maréchal de Schulenbourg (15 septembre 1740). II se défia tout dabord de Tini partialité du chapelain : « J'ai peur, dit-il, que le chapelain u*wl quelquefois vu les choses avec d'autres yeux que les ministres qui iu\nit fourni mes matériaux. » Il ajoutait en terminant sa lettre :« J'apprends qu o» imprime à la Haye la traduction française de V Histoire de Charles A' //j, tvrile tM> suédois par M. Nordberg ; ce sera pour moi une nouvelle palette daivs laquelle je tremperai le pinceau dont il me faudra repeindre mon labKvHK » Il écrivait au traducteur Warmholtz, le 12 mars 4741, pour le |Mri<^r de noter les endroits oh il s'était trompé ; il lai adressait encore i^u\ lettres au mois de mai, et annonçait l'intention de corriger son livre, ♦/<» >y n' former sur ses mémoires. Cette traduction parut en quatre volumes qui portent la date de 1748, mais une partie était déjà imprimée dès 1742, el Voltaire, instruit de Tesprit et delà valeur de cette œuvre, crut pouvoir lu juger en toute liberté. Il avait lu dans l'écrivain suédois ces paroles à ïkon adresse : « La beauté et la vÎYacité du style méritent des louanges ; cependant un baron de Puiïendorf ne traiterait M. de Voltaire que comme le premier traita Varillas, qu'il appela archimenteur. »
Voltaire n*éUiit pas homme à laisser l'attaque sans rîposte. De là la lettre ù Nordberg, qu'on trouvera dans la correspondance à l'année 1744.
M. A. (jeffroy juge ainsi l'ouvrage de Nordberg : « Sa lourde histoire de Charles X 11 en trois volumes in-4° et en suédois ne fut pas plus savante que celle de Voltaire, qu'il copia vers la fin, mais offrit un amas bizarre des plus niaises circonstances enchâssées dans les plus naïfs propos. Quoiqu'il ose il peine lever les yeux sur une tôte couronnée, le bon chapelain se délecte ù uuiv ro dans son récit les progrès de la chevelure de Charles XII depuis aun enfance jusqu'il sa mort, les variations de couleur que lui a fait subir TAge ou la fortune, les difl'érentes allures qu'elle a revêtues : « 11 porta peru iHKiue pendant son enfance seulement, se fit ensuite couper les cheveux fort w ouurtK, et lert redressait en se peignant, ce qui lui seyait admirablement t« bien, mirtout (piand son valet de chambre, en lui frottant la tête, mettait w mirla Horvielle un pou de poudre. A la (lourde l'âge, ses cheveux, d'abord ^ d'un brun foncé, devenaient tout gris, au point que, la dernière année w do ntt vie, ceux <|ui étaient des deux cotés de la tête, près des oreilles, «I M\ aient preM((ue entièrement perdu leur couleur naturelle. » En septem- \\\v nOH, quand commence cette expédition de Russie dont le récit dans VollaU'e eitl ai entraînant et si rapide, Nordberg, saisi tout à coup de je ne sais qwel iunour iU^t< Jardins et des fleurs, s'arrête et se met à décrire un aloès \[\\{ \ u>nl lie fleurir sous le ciel de la Suède ! Que serait-ce si nous citions U^ d^itùU beauiMuip trop circonstanciés, que le chapelain a légués à la postév(h\ tkv\r toutes Ioh parties de l'habillement du fameux roi de Suède ? »
\,\\ ju^tnuent de Voltaire, (lu'on trouve ci-après dans la préface de l'édi- UW vlo il^^) n'ej^i doue pas trop rigoureux. « Charles XII serait ignoré,