‹ Œuvres complètes der A.F Ozanam (volume 5)Chapitre 20 sur 25 · TV · texte numérisé non relu

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s'arrachaient an tniTail des mains. On 8*étonne di prodigieux saToir que Dante avait puisé aux legoai de Branetto Latini, et dans les dispntes pUloso^ ques des religieux de Florence^ Yillani, destnié u commerce, et visitant Rome au jubilé de Tan 1300, y consumait ses vcSlles à lire Tite-Live, Sallnsie et Paul Qrose, Virgile et Lucain. H est dit du pMibs Gimabue, qu'É|tat donné de bonne heure des marques d'une belle intelligence, il fut appliqué aux Iç^tmS et fréquenta l'école ouverte par les frèrd^réchéurs à Sainte-Marie Nouvelle (i). Ainsi la poésie et la peinture ne sortirent pas toutes ra« dieuses de je ne sais quelles ténèbres où l'cm veat qu'elles aient trouvé leurs premières inspirations : elles grandirent jians l'étude et sous la discipline, elles se nourrirent des souvenirs de l'antiquilé sacrée et profane ; et si la Divine Comédie et les fresques d'Assise ravirent l'admiration des contemporains, c'est qu'ils y trouvl&rent autant de savoir que de génie.

Mais le peuple qui admirait ces beaux ouvrages, le peuple de Padoue, qui, par un vote public, décernait à Mussato la couronne de poète ; les gens des métiers de Florence, qui chargeaient Arnolfo di Lapo de leur élever une cathédrale a si belle

(1) Dante, Convito, H, 15; Villani, lib. YIII, 36; Vasari, Yiia di Cimabue,

« qu'elle surpassât tous les monuments de la main a des hommes ; » en un mot, la multitude, dont les plus grands génies ne sont après tout que les serviteurs, élait-elle capable de les juger? Pendant que les premiers feux de la renaissance rayonnent au sommet de la société italienne, quelles lueurs en éclairent les derniers raiigs? quelle ins(ruction, quelles traditions littéraires circulent dans la foule, et entretiennent, chez des hommes voués aux fatigues du corps, le goût des plaisirs de Tiasprit?

Et d'abord je remarque chez les Italiens cette puissance de la tradition qui surprenait déjà Thistorien Olton de Freysingen, lorsqu'il décrivait l'entrée de l'empereur Frédéric P"" en Lombardie. Les Allemands s'attendaient à trouver des alliés naturels parmi les lombards, dont ils avaient entendu raconter l'origine germanique : ils s'étonnèrent de trouver « une race amollie par la douceur du ciel a et la graisse de la terre, héritière de la politesse « et de la sagacité romaine, conservant l'élégance c( de la langue latine, l'urbanité des mœurs et la a sagesse même des Romains dans l'ordonnance et « le gouvernement des cités (1), » En pénétrant

(i) Otton de Freysingen, de Gesiis Friderici /, lib. H, cap. 13: « Vemmtamen barbaricse deposito feritalis rancore... Terrae aerisTe proprietate aliquîd roman» mansuetudinis et sagacitatis trahentes.,. latini sennonis elegantiam, morumque retinent urbanitatem. In cl-

4^0 DBS ÉCOLES EU ITAUK^

dans ces villes, qui ont gardé leurs vieilles murailles, on y trouve encore tontes vivantes, au douzième, au treizième siècle, les croyances poétiques des anciens. Padoue montre le tombeau d'Anténor ; le peuple de Milan ne permet pas qu'on renverse la statue d'Hercule ; les femmes de Florence bercent leurs enfant en devisant de Troie, de Fiesole et de Rome, comme les pécheurs de Messine renouvellent chaque année la procession de Saturne et de Rhéa. La description de Rome que je publie, les premiè* res diroYiiques de Florence, de Pi se, de Venise, de Milan, montrent tous ces vieux souvenirs s'at(achant, se cramponnant, pour ainsi dire, comme le lierre, à chaque pierre des ruines.

Avec les fables du passé, on en conservait la langue; cl, pendant que ridiome vulgaire fait irruption dans les chartes latines, on voit le lalin se maintenir avec une incroyable persévérance dans les chants populaires. Je pourrais multiplier les exemples, citer les célèbres complaintes sur la des- Iruction d'Aquilée, sur la mort de Cliarlemagne, sur la captivité de l'empereur Louis II ; deux psaumes en l'honneur des villes de Vérone et de Milan, des chanson* satiriques contre Rome, et beaucoup d'autres compositions profanes. Mais j'écarte tout

vilalumqiioqueiJispositione ac reipublicae conservalione antiquonira adhuc Roinanoiiim imitantur solcrliain. »

iU}^ TEMPS BARDARES. 481

ce qui peut rappeler le monastère ou Técole, et je m'arrête à des chants qu'on surprend pour ainsi dire sur les lèvres mêmes du peuple. En 954, les gens de Modène veillaient sur leurs murailles menacées par les incursions des Hongrois. Ces bourgeois et ces artisans, armés à la hâte pour la défense de leurs foyers, et qui voyaient de loin la flamme des incendies allumés par les barbares, s'animaient en répétant un hymne guerrier que nous avons encore, où nous trouvons une latinité correcte et toutes les réminiscences de la poésie classique :

0 tu qui servas armis ista mœnia, Noli dormire^ qusBSO, sed ^igih !

Dum Hecto^vigil extitit in Troia, . Non eam cepit frfiudulenta Grecia (i).

Plus tard, Gaufrid Malaterra insère dans sa Chronique de Sicile des chants composés pour les jours d'allégresse ou de douleur publique, et s'excuse de ses détestables vers latins sur la volonté du prince, qui rengage à écrire dans un langage familier intelligible pour tous (2). Vers le même temps, un

(1) Muratori, Antiquit,, III, 709.

(2) Gaufrid Aîalaterra, Procemium ad chronicon : « Si autem de inculiiori poetria qusestio fuerit, ipsa principis jussio ad hoc hortala est, ut piano sarmonc et facili ad inteUigcndum, quo omnibus facilius quidquid diceretur patesceret, exararem, » Vo\d xxei ^"«s^^^

pauvres et des petits, l'Église conservait aussi h langue latine; elle la faisait vivre par la prière et par la prédication. On priait en latin, et, bien que dès le dixième siècle le pape Grégoire Y soit loué d'avoir catéchisé les peuples en langue vulgaire (1), on continua de prêcher en latin jusqu'au temps où l'idiome du peuple, sanctiGé sur les lèvres de saint François d'Assise et de saint Antoine de Padoue, resta maître de la chaire.

D'un autre côté, la constitution des communes italiennes, en appelant les plus obscurs des citoyens à l'exercice de tous les droits, les invitait en même temps au partage de toutes les lumières. C'est encore la remarque d'Otton de Freysingen. « Les « Lombards, dit-il, ne dédaignent pas de porter à c< toutes les dignités les jeunes ouvriers de la der- « nière condition, et jusqu'aux gens des plus vils « métiers, tous ceux qu'ailleurs on repousse comme « des lépreux, qu'on écarte des études honnêtes et « des arts libéraux (2).» Assurément les textes manquent pour établir une statistique complète de l'in-

(1) Doclus francigena, vulgari et voce latina

Ëdocuit populos eloquio triplict.

(•2) Otto Frisigen., II, 15 : « Inferioris conditionis juvencs vel qiioslibet contemptibilium etiam mechanicarum artiuni opificcs, quos cxiertB gentes ab honestioribus et liberioribus sludijs tanqiiani pestem propellunt, ad militiaî cingnlum vol dignitatuin gradus assumerc non dedignanlur. »

s(ruction primaire et secondaire chez ces peuples souverains de Lombardie et de Toscane. Je me borne à quelques faits qui laissent voir jusqu'à quel point le réveil des libertés assurait Taffranchissement des intelligences.

Une description de Milan, rédigée en 4288 par le frère prêcheur Bonvesino, porte le nombre des habitants à deux cent mille, et compte quatre-vingts maîtres d'école, sans y comprendre les religieux, qui élevaient certainement une partie de la jeunesse (1). A Florence, l'historien Dino Compagni rapporte qu'en 1301, quand Charles de Valois entra, en qualité de pacificateur, sur le territoire toscan, a les prieurs convoquèrent le conseil des soixante-douze métiers, grands et petits, qui tous avaient leurs consuls, et qu'on leur demanda l'avis de leurs corporations. » Tous répondirent par écrit qu'il fallait ouvrir les portes de la ville au prince, et rhonorer comme un seigneur de noble sang. Les boulangers seuls opinèrent « qu'on ne lui accordât ni l'entrée ni les honneurs, attendu qu'il venait pour la ruine de la cité. » Les gens des plus humilia métiers écrivaient donc, et du moins les notables d'entre eux étaient en mesure de rédiger des conclusions (2).

(1) Galvaneus Flamma, ManiptUta florum, cap. 526.

(2) Dino Compagnie lib. II. c Richiesero. adunque il consiglio

Hais ce qui étonne davantage et œ qu'on ne peut nier, c'est que les délibérations de ces orageuses républiques, les débats passionnés à l'issue desqœk on chassait les Gibelins ou l'on rasait les maisons des Guelfes, c'est que les conseils en plein air, oà la multittide frémissait sous la parole des orateurs, se tenaient en latin. On en trouve plusieurs preoves ; mais je n'en connais pas de plus frappante qu'un traité composé au treizième siècle, et probablement à Bologne, sous le titre à'Oculus pastoralis^ pascens officia (1). Ce titre pompeux n'annonce <i qu'une instruction simple et lucide en faveur des « laïques illettrés, où l'on se propose d'éclaii-er « leur conduite et de former leur langage quand « ils sout appelés au gouvernement des affaires puce bliques. » Après avoir traité du principe de l'autorité, des devoirs qu'elle impose, des moyens qu'elle emploie, Fauteur touche enfin à ce pouvoir de la parole qui est le maître des assemblées populaires. Il veut que l'orateur de son temps, comme de celui de Cicéron ou de Quintilien, soit honnête dans les mœurs, ingénieux dans l'invention, sobre et orné dans le style, en sorte qu'il sa-

generale délia parle guelfa e delli 72 mestieri d'arti, i quali avenn' tutti consoli, e imposero loro che ciasciino consigiiasse per iscritlura se alla sua arle piacea che messer Carlo de Yalos fosse lasciato venire in Firenze corne paciaro, » etc. (4) ApudMnratori, Antiquitates, ÏV, 05.

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che y gard(^ la mesure et la grâce. Il ne lui permet pas de paraître au balcon du palais communal et de haranguer la foule, avant que son discours, savamment médité, ait Irois fois senti la lime. Et, se défiant enfin de son disciple, il lui propose vingt modèles de discours, comme autant de lieux communs pour toutes les grandes solennités de la vie politique : oraison du podestat entrant en charge et sortant de charge, éloges d'un podestat mort dans l'exercice de ses fonctions, réponse à des ambassadeurs qui proposent une alliance, harangues pour la guerre et contre la guerre. Ces discoui^ sont écrits en latin, non pour servir de texte à une amplification en langue vulgaire, mais pour être appris et récités en latin, sous peine de perdre les ornements où l'auteur a mis tout son art et toute sa complaisance; je veux dire ces périodes nombreuses dont le doigt et Toreille ont marqué la cadence, ces chutes pareilles amenées de loin, ce choix d'expressions poétiques et ces hémistiches de Virgile enchâssés dans la prose du treizième siècle, comme des ehapitaux corinthiens daBS la maçonnerie d'un beffroi. Voici la requête d'une troupe de naufragés^ dépouillés par les habitants de la côte, et réclamant justice pour eux, sépulture pour les morts. Dans le récit de leur naufrage nous avons toute la tempête accou-

iumée des poètes, des demi-vers, des vers entiers:

« Visum est in fretum — totum descendere coèfk lum. Prsebebant fulmina iucem. — Dant saltos « fluctus in concava tecta carinaB. — Pars magna « virorum — fato est functa suo, gurgite pressa a profundo : Intumulata cadavera stantium in % « tore maris, esca relicta feris. »

Ces sortes de beautés ne se traduisent poinl, et il faut conclure que les discours de VCkml'M piutO' \ ralis durent être prononcés textuellement devant un auditoire capable de les comprendre, de goûter les bons endroits, de les applaudir. Le peuple de Florence se lassait si peu des harangues latines, qu'il fallut un règlement exprès pour limiter à quatre le nombre de ceux qui prendraient la parole sur chaque question. Ce sont les termes d'un statut inédit de 1284. Ce règlement, où les démocraties modernes pourraient trouver des leçons de sagesse et de vigueur, nous fait assister aux conseils de la république florentine dans ces courtes années d'apogée qui, pour elle comme pour toutes les grandeurs humaines, précèdent de si près le commencement de la décadence (1).

(1) Archivio délie Riformagioniy provvisioni, A, t. 1, fol. 12 el 45. On chercherait inutilement ce statut dans les Staiuta popnli et

StATUTUM FlORENTINUM ANNl MCtLXXXlV.

« In nomine Domini Nostri Jesu Christi. Hec « sunt ordinamenla domini potestatis et communis « Florenlie, compilata, edicta et facta ad honorem et a reverentiam omnipotentis Dei et Bealissime Virc< ginis Marie matris ejusdem, et B. Johannis Bap- <« tiste, ac révérende sancte Repara le, sub quorum « vocabulo Florentia civitas gubernatur, et ad ho- « norem et exaltationem sacrosancte Romane Ec- « clésie, ac etiam ad honorem et fortiiîcationem « regiminis magnifici militis domini Gilioli de Macce charesis, Potestatis civitatis et communis Flo- « rentie, et ad paciOcum et quietum civitatis et a districtus ejusdem, valitura toto tempore rigimi- « nis ipsius domini Potestatis.

«... Item statutum et ordinatum est quod om- « nés et singulari de concilie generali et congrece gatione, et quilibet alii qui ad aliquid concilium « de mandate Potestatis aut alicujus de sua familia « fuerint convocati, venire et esse debeant ad ipc< sum consilium, antequam dictus dominus Potes-

communis Florentùe, 3 toI. ia-A*, publiés à Florence (sous la date de Fribourg), en 1787, On n'y trouve qu'une compilation, par ordre de matières, où la rédaction primitiye des testes disparait souvent.

« las aul alius in loco ipsius surrexit ad proponoh « dum inler eos de concilio, sub pena sold. II f. p. « pro quolibet eorum ; nec de ipso consilio disce- « derc debeat aliquis eorum sine licentia domini a Potestatis vel alterius proponentis ante reformaa tionem lectam, sub pena et baiino V sold. f. p. « pro quolibet, nisi recessit propter necessitatem « corporis, et qui propterea recessit incontinenti « redire debeat, sub dicta pena et banno, salvo ca- « pitulo constitulo quod est sub rubrica : Quod « consiliarii communis vadant ad consilium, etc.

<c Item, quod nullus présumât consulere et ar- 01 rengare super aliquo quod non sit principaliler « propositum per dominum Potestatem, aut ali- « quem alium loco sui. Et qui contra fecerit, in « sold. LX puniatur et plus et minus, advolunta- « !em domini Potestatis; et quidquid dictum el « consultum fuit extra propositionem,* non valeat « necteneat.

« Item, quod nullus existens in aliquo consilio « surgerc debeat ad arrengandum, donec prior arec rcngalor finierit dictum suum et ire incepcrilad c( sedem suam, sub pena et banno sold. X f. p.

« Item, quod nullus audeat stare in pedibusiu « loco ubi congregatur aliquod consilium communis « Florentie et sedere debeat, postquam dominus « Potestas aut aliis loco ipsius fuerit in dicto loco

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c< consilii, nec surgere nisi causa cansulendi vcl ce aller i us necessilatis ; et contra faciens in soldes ^ ce L f. p. puniatur, nisi surgeret causa faciendi ho- « noremalicui.

« Item, quod nuUus audeat aut présumât turc< bare, aut inquietare, sive impedire aliquem arec rengantem seu consulentem in aliquo consilio a super aliqua propositione facta per dominum « Potestatem, aut aliquem alîum loco sui. Contra te faiciens vice qualibet puniatur in sold. LX f. p. et «( plus et minus , ad voluntatem domini Poteslatis, a inspecta qualitate impedimenti et turbaloris.

(( Item, quod nullus audeat aut présumât surce gère in aliquo consilio, aut aliquid dicere aut ex consulere, nisi in Ioqo tenentis consilium; et qui « contra fccerit in sold. XX f. p. vice qualibet puce niatur, et plus ad voluntatem Polestatis, quod a locum habeat in arrengando.

« Item, quod aliquis non arrenget aut consulat « in consilio generali aut congregatione aut aliquo c< corum, super aliqua propositione ultra quam IV « consiliarii, absque parabola et licentia dicti doce mini Potestatis, sub pena XX sold. f* p. et plus « arbitrio doimli Potestatis.

« Item, quod nulla persona debeat accederead <« stangam sive bancum domini Potestatis, ipso doc( mino Poteslate vel alio loco sui ibi existeiite causa

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<x consilium facicndi, ex quo'ad consilium fuerii « bispulsatum, nisi causa alicujus negolii commu- « nis florentine accesserit, aut aliquid dicere vo- « luerit pro utilitate communis ; et qui contra fe- « cerit puniatur in sold. V f. p.

« Item, quod nullus in aliquo consilio vel cona gregatione, facto vel facta de mandato do- <c mini Potestatis vel alicujus de sua familia, « debeat vel présumât dicere aliqua verba in- (T juriosa contra aliquem in ipso concilie vel con- « gregatione existentem. Nec aliquam rixam seu « mesclantiam cum aliquo vel aliquibus ibi facere, « nec aliquem vel aliquos ibi existentes percutere « vel offendere modo aliquo vel ingenio ; et qui « contra fecerit puniatur pena dupli quam punice retur si alibi dixisset vel fecisset predicta, velali- « quid predictorum, et plus et minus ad volunla- « tem domini Potestatis, inspecta qualitate perso- « narum etfacti (1). »

A mon sens, le statut de Florence, avec raustéritc de son langage, nous apprend plus que VOcuhis

(1) Un autre statut de 1285 (ibid., p. 17) mentionne la manière de voter : « Facto et celebrato scrutinio ad pissides et balloctas... LVI ex dictis consiliariis et capitudinibus ponentibus balloctas in pisside albo ubi scriplum est sic; illi vero quibus predicta displicucrunt, ponentes balloctas in pisside rubeo in quo scriptum est ^0N, fuerunt solummodo V. »

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pastoralis du rhéteur de Bologne. Aiix dispositions sévères et judicieuses qu'on y trouve, on reconna|t bien un pays où l'éloquence gouverne, où il faut contenir les emportements oratoires, où le législateur sait déjà tout le pouvoir et tout le danger de la discussion. On sent qu'on n'a pas affaire à un peuple enfant, mais à des générations mûries par une longue éducation, et l'on ne regrette plus d'avoir péniblement cherché les vestiges des écoles italiennes, si le moment arrive où , avec de grands poètes, on en voit sortir de grands citoyens.

On a dit que la lumière ne s'ét:eignit point aux plus mauvais temps du moyen âge, mais qu'elle se déplaça; et que, du septième au onzième siècle, l'astre des lettres, couché sur l'Italie, se levait sur l'Irlande, l'Angleterre et l'Allemagne. Je puis ajouter maintenant que l'Italie eut une de ces nuits lumineuses où les dernières clartés du soir se prolongent jusqu'aux premières blancheurs du matin. D'un côté, le souvenir des écoles impériales se perpétue dans l'enseignement laïque, qui subordonne la grammaire et la rhétorique a l'étude des lois, qui entretient chez les Italiens la passion du droit, et qui fonde, pout cette science toute laïque, la puissante université de Bologne. D'un autre côté, la tradition des premiers siècles chrétiens se conserve dans l'enseignement ecclésiastique : les lettres y

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primait ainsi Taimable facilité du génie grec, qui avait paur ainsi dire ses sources à fleur de terre. Celles du génie moderne étaient à d'autres profondeurs; et, pour creuser jusqu'à elles, il n'avait pas fallu moins de dix siècles d'efforts : la Providence a traité les nations chrétiennes d'une manière plus sévère, et à mon sens plus honorable, en voulant que pour elles l'inspiration fût le prix du Iravail.

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