‹ Œuvres complètes der A.F OzanamChapitre 109 sur 243 · MOTIFS DE LA LOI · texte numérisé non relu

MOTIFS DE LA LOI

Section ï. — Utilité des livres en théorie.

Dans l'intérêt public, mesure de justice.

À. — Pour établir la preuve des conventions.

L'un des plus beaux caractères du Commerce, c'est la rapidité qu'il imprime à ses opérations.

Mais cette activité même serait funeste, si les conventions fugitives dont il se compose ne laissaient pas de traces qui permissent de remonter à leur origine, pour résoudre les litiges auxquels elles peuvent donner lieu.

Or ces traces restent dans la mémoire du Commerçant, et c'est là que la loi va les saisir. — Elle le contraintde les traduire par la parole : « la conscience du Commerçant doit être tout entière dans ses livres ; c'est là que le juge doit être sûr de la trouver toujours. » C'est une sorte de confession, qjii a aussi son secret.

B. — Pour éclairer sur la situation et les causes des faillites :

1° Rédiger le bilan, s'éclairer sur les poursuites à faire contre les débiteurs.

2° Faire connaître la conduite du failli, s'il y a dépenses inutiles, négligence grave, fraude enfin. C. — Pour faciliter les liquidations, règlements, partages

entre coassociés, ou entre cohéritiers d'un Commerçant.

II. Dans l'intérêt personnel du Commerçant: mesure de prudence.

C'est un principe admis par tous ceux qui se sont livrés à l'étude de l'esprit humain : que la parole, uniquement destinée en apparence à communiquer la pensée, peut servir aussi à lui donner plus d'énergie et de lumière. En rendant compte de ses idées, on se trouve contraint de les mettre en ordre, de les réduire à une sévère analyse, d'en apercevoir les conséquences. De là viennent ces éclairs soudains qui jaillissent quelquefois dans le discours, et ces aperçus qui naissent de la discussion.

Obligé de traduire en écritures et en chiffres ses opérations de chaque jour, le négociant contractera donc des habitudes d'ordre et d'économie.

Souvent la connaissance de sa situation l'arrêtera à la veille du péril ; souvent aussi la comparaison des spéculations avantageuses et de celles qui ont échoué lui révélera de quel côté est le chemin de la fortune. — Il évitera la triste surprise d'une échéance inattendue ou d'une prescription accomplie ; il 3e connaîtra lui-même et ceux avec lesquels il entretient des rapports ; il agira avec l'intelligence d'un homme, non point avec l'instinct d'un animal plus ou moins industrieux.

Section IL— Usage des livres aux différentes époques de V histoire commerciale.

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