‹ Œuvres complètes der A.F OzanamChapitre 33 sur 243 · DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LEÇON

DU DROIT COMMERCIAL DANS i/ ANTIQUITE.

Résumé de ce qui précède.

Le mot Droit exprime plusieurs idées :

I. Et d'abord, le Droit est une branche des connaissances humaines : c'est la connaissance des lois. Cette connaissance est théorique ou pratique. — Le droit peut donc être considéré tour à tour comme une science ou comme un art : Justi et injusti scientia, ars boni et xqui.

(1) On ne peut se dissimuler que le commentaire n'aille ici un peu au delà du • texte. A l'insu d'Ozanam, le sentiment chrétien transfigure involontairement en cet endroit la pensée stoïcienne, et s'élève à une sphère qu'Horace, assurément, n'entrevit jamais. Mais le Professeur n'en est que plus avant dans le vrai absolu ; il est ici aussi vrai qu'il est éloquent (Note de V Éditeur.)

(2) L'indication du point où commence chaque Leçon manque, à proprement parler, dans les feuilles autographes.

Ce qu'on va lire porte, en titre, de la main d'Ozanam : Résumé de la première Leçon,

H. Le Droit, c'est l'ensemble des lois qui régissent les êtres moraux.

Les Lois sont les rapports nécessaires qui dérirent de la nature des choses.

On peut les considérer dans la pensée de l'Auteur même de la nature, et c'est en effet là que les jurisconsultes de tous les temps ont cherché les principes de leur science.

V Dieu conçoit tous les êtres avec les rapports qui doivent exister entre eux : il veut leur existence. Ces rapports, en tant qu'il les conçoit, sont des idées; en tant qu'il les veut, ce sont des lois.

Le Droit absolu n'est donc autre chose que la volonté divine : et nous avons dit comment cette volonté n'est point arbitraire, et pourtant libre; ni fatale, et pourtant toute-puissante.

2* L'homme trouve dans sa raison le reflet des idées éternelles. Les lois divines se révèlent à lui par la conscience; elles se révèlent non-seulement comme intelligibles, mais aussi comme obligatoires : la volonté de Dieu, connue par la conscience, constitue le Droit naturel, immuable en ses principes, variable dans ses conséquences temporaires ou locales, plus mobile encore au milieu des illusions de la passion et de Terreur.

3* La raison et la conscience de l'homme ne se développent que par la Société : l'ensemble des notions rationnelles acceptées par le genre humain constitue le sens commun : la réunion des idées morales qu'il professe devient la morale universelle. — Les lois universellement admises par l'humanité sont le Droit des gens, qu'on distingue en primaire et secondaire, si Ton y veut comprendre, à côté des règles immuables, les institutions généralement reçues, mais qui n'ont qu'un temps.

4° Le Droit civil est l'assemblage des lois qui régissent une nation particulière. — Il ne saurait tirer sa force obligatoire que du Droit naturel, dont il offre les dernières applications à la situation présente d'un peuple donné.

III. Le Droit, dans sa troisième signification, est le développement de la Liberté dans les limites de la Loi.

Voilà pour la Philosophie. — Voici pour l'Histoire.

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