‹ Œuvres complètes der A.F OzanamChapitre 4 sur 243 · ŒUVRE DE LA PROPAGATION DE LA FOI · texte numérisé non relu

ŒUVRE DE LA PROPAGATION DE LA FOI

deux mille francs. Nous aimons à compter les premières gouttes de cette rosée qui devait un jour se répandre plus abondante sur un champ sans limites. * Cependant les correspondants de monseigneur Dubourg, témoins de ces efforts, ne renonçaient pas à Pespérance de fonder pour le diocèse de la Nouvelle- Orléans quelque chose de pareil, quand ils furent visités, au commencement de 1822, par un vicaire général de cet évêché. Sa présence pressa le zèle déjà fervent des bienfaiteurs de la Louisiane. Mais une objection avait été souvent répétée : c'est qu'une OEuvre pour les Missions ne pourrait solidement s'établir qu'en se faisant catholique, c'est-à-dire en secourant l'apostolat par tout l'univers. Cette idée prévalut enfin. Une assemblée est convoquée : douze invités s'y rendent. Elle commence par l'invocation du Saint-Esprit. Un prêtre le premier prend la parole; et, après un court récit des progrès et des souffrances de la Religion dans l'Amérique du Nord, il propose l'établissement d'une grande association en faveur des Missions catholiques des deux mondes. L'assemblée adopte à l'unanimité cet avis ; et sans désemparer on désigne un président, et une commission de trois membres chargés de préparer un projet d'organisation. Ce fut alors, par l'adoption du principe d'universalité qui distinguait l'entreprise nouvelle des tentatives antérieures, ce fut ce jour-là que TOEuvre de la Propagation de la Foi fut fondée.

Or, par un dessein de la Providence, qui semble dès lors prendre le gouvernement de l'OEuvre pour la con-

duire sans le secours des hommes, il se trouva que cette première réunion s'était tenue, sans qu'on y eût songé, un vendredi, 3 mai, fête de l'Invention de la sainte Croix. Seulement, un peu après, lorsqu'on désigna let jour de la fondation pour l'une des deux solennités annuelles de la société, on reconnut que ce jour de nos anniversaires futurs était consacré au culte de la Croix rédemptrice, dont nos humbles tributs prétendaient étendre les conquêtes. On avait sollicité l'approbation de l'autorité ecclésiastique, sans laquelle aucune nouveauté, même bienfaisante, ne doit s'introduire dans le peuple chrétien. Elle ne se fit pas attendre, et vint consacrer les travaux des fondateurs. La recette du premier mois avait été de 520 fr. 10 c. pour le diocèse : celle de la première année s'éleva à 1 5,2 72 fr. 1 5 c,

Mais la pensée de l'Association ne pouvait pas se contenir dans les bornes d'une province. Peu de jours après la première assemblée, un des membres du conseil central de Lyon allait provoquer la charité toujours ardente des villes du Midi. Des comités diocésains se formaient à Avignon, Aix, Marseille, Nîmes, Montpellier, Grenoble. Les membres les plus éminents du clergé s'y mêlaient avec les plus religieux laïques, et l'activité confiante de tant de gens de bien semblait déjà faire espérer quelque chose de grand. Bientôt après, un des fondateurs se rendait à Paris; par ses soins un autre conseil central y était fondé, et dès lors TOEuvre comprenait tout le royaume.

L'année suivante, un délégué du conseil de Lyon,

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