ŒUVRE DE LA PROPAGATION DE LA FOÏ
prosterné aux pieds du souverain Pontife Pie VII, d'heureuse mémoire, obtenait. les indulgences qui enrichissent l'Œuvre à perpétuité. Dès lors, de toutes les chaires épiscopales de France, d'encourageantes paroles 'descendirent. A leur tour les Prélats des contrées voisines s'émurent. Bientôt la Belgique et la Suisse, les divers États d'Allemagne et de l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Espagne et le Portugal vinrent successivement s'engager dans la croisade de l'aumône. Près de trois cents Évêques ont élevé la voix en sa faveur; enfin Sa Sainteté le Pape Grégoire XVI, glorieusement régnant, par sa lettre encyclique de 4840, en daignant recommander à toutes les églises l'Association de la Propagation de la Foi, l'a mise au rang des institutions communes de la chrétienté.
Ainsi un petit nombre de séances sans difficultés et pour ainsi dire sans débats suffirent à poser les principes d'une OEuvre dont les résultats devaient embrasser l'univers. Dans la facilité de cette organisation qui n'a jamais manqué de pourvoir à ses développements, se découvre l'action de la Sagesse éternelle, dont les moyens sont toujours simples au milieu de l'infinie variété de ses ouvrages. La même Sagesse a voulu se montrer d'une manière plus éclatante en se prononçant par J'organe de l'Église. Une force mystérieuse nous a été donnée : les sources de la grâce se sont ouvertes, et le sang du Sauveur est descendu sur nos indigentes offrandes, avec les bénédictions des Pontifes, avec les saints sacrifices offerts partout ou s'élève un autel, avec
les prières des martyrs qui ne meurent pas sans se souvenir de leurs bienfaiteurs. Voilà le caractère providentiel de TOEuvre, la part que Dieu a prise : voici celle qu'il nous a laissée. Ce ne furent d'abord que les pieux désirs de deux humbles chétiennes; mais ces deux servantes du Seigneur se rendaient les interprètes de deux parties du monde. Quoi de plus efficace que tant de foi et tant d'espérance? et cependant c'eût été trop peu, sans la charité qui rapprocha ces deux désirs et les deux intérêts dont ils étaient Y expression, qui les fit s'abdiquer de part et d'autre pour se confondre dans la sollicitude du bien général. Le contact de ces deux étincelles alluma le foyer. L'OEuvre naquit de la sorte; elle ne grandit pas autrement : ce fut sa nouveauté et sa puissance, et la condition de ses progrès futurs. Elle ne subsiste que par l'oubli des prédilections personnelles et des susceptibilités nationales, par l'unité et la catholicité dans la distribution des secours et l'origine des ressources.
Il n'aura pas été inutile de recueillir ces traditions si elles servent à répandre et à perpétuer l'esprit de l'OEuvre, Elles auront un autre genre d'utilité en nous humiliant devant le souvenir de la faveur divine. Les grâces reçues obligent. Ce n'est pas impunément que tant de suffrages augustes ont encouragé depuis vingt et un ans cette charitable entreprise. Ces signes nous avertissent de ne point manquer à la volonté suprême qui nous a pris pour instruments. D'ailleurs, après l'attente excitée parmi les chrétientés lointaines par tant