III. Du but dans lequel il opère
\. Le but du Commerce est l'échange, et l'on peut même définir encore le Commerce : un système d'échanges à l'effet de bénéficier sur la différence.
2. Mais il ne faut pas croire que la différence, qui constitue le bénéfice, soit le résultat de chaque échange en particulier; et qu'il n'y ait gain pour le vendeur que parce qu'il y a perte pour l'acheteur.
5. 11 n'y a de commerce loyal qu'autant que la marchandise est vendue ce qu'elle vaut. Surfaire, c'est dérober. — De plus, le marchand qui vend la chose ce qu'elle vaut l'avait achetée luimême ce qu'elle valait : déprécier ne serait pas moins répréhensible que surfaire.
Cependant il la vend plus quelle ne lui a coûté, — c'est qu'entre ses mains elle a augmenté de valeur. Cette augmentation est représentée par la différence du prix, qui est à son tour le juste salaire du travail, de l'intelligence et de la probité.
4. Un acte de commerce est donc une opération qui suppose une autre opération corrélative, portant sur des objets mobiliers, et qui a pour but de réaliser un bénéûce.
Le Commerce n'est point comme de dédaigneux critiques le représentent : il n'a point le mensonge pour auxiliaire habituel, il ne se résout pas à tromper le moins habile, à épuiser le moins riche; ce n'est pas une fonction parasite vivant aux dépens des consommateurs. Il est une des sources les plus légitimes de la prospérité nationale : il paye les victoires; il prépare des loisirs féconds aux arts et aux sciences.