RÉSUMÉ DE LA ONZIÈME LEÇON
La marche qu'au début de ce Cours nous nous sommes tracée, nous a conduits à cette question : Quels sont les faits d'où résulte la qualité de Commerçant? Et la loi nous a répondu : c Sont commerçants ceux qui «c exercent des actes de commerce et qui en font leur profession habi- « bituelle. •
Cette réponse appelait à son tour une définition du Commerce qui, ne se trouvant point écrite dans nos codes, ne pouvait se rencontrer que dans les maximes de l'économie politique. Deux maîtres de cette science nouvelle, J.-B. Say et M. Rossi, nous ont servi de guides, et nous sommes parvenu à des résultats que nous résumerons en peu de mots.
1 . La dépendance où l'homme se trouve à l'égard des choses qui peuvent concourir à la conservation, au développement, à l'ornement de son existence, se nomme besoin. La puissance qu'ont ces choses d'apaiser nos besoins s'appelle valeur. Les choses, en tant qu'une valeur quelconque y réside, sont des richesses.
2. 11 v a des valeurs actuelles et des valeurs possibles, des richesse*
naturelles et tics richesses produites, selon qu'elles satisfont immédiatement nos exigences, ou qu'elles y sont appropriées par le travail. Il faut distinguer aussi les choses qui répondent à une nécessité présente et celles qui servent à nous procurer les objets absents capables d'apaiser des besoins d'un autre ordre. De là les noms de valeur en usage et de valeur en échange, de richesses personnelles et sociales.
3. La production des richesses, la multiplication des valeurs est l'objet de l'industrie. L'industrie agricole recueille les produits immédiats de là nature. L'industrie manufacturière les façonne et les transforme, l'industrie commerciale les met à la portée des consommateurs.
4. Le Commerce est l'ensemble des opérations par lesquelles les produits bruts ou manufacturés passent dans la consommation. Il procède d'un lieu à un autre, et c'est le commerce de transport; d'une quantité à une autre, et c'est le commerce de détail ; d'un temps à un autre, et. c'est le commerce de spéculation. Sous ces trois formes, il ne cesse de produire une utilité appréciable, une somme de valeurs, une véritable richesse.
5. Le Commerce n'opère pas sur les immeubles qui se prêtent mal au transport, au détail, à la spéculation.
6. Le but du Commerce est l'échange : on pourrait môme le définir un système d'échanges à l'effet de bénéficier sur la différence. Cependant le commerçant loyal achète la marchandise tout ce qu'elle vaut et ne la revend que ce qu'elle vaut. Le bénéfice mesuré par la différence du prix est un surcroit de valeur obtenu par la marchandise entre les mains du commerçant; c'est le salaire du travail, de l'intelligence et de la probité. — Il y aura valeur produite pour la société, lors même que les frais seuls se trouveraient payés.
Abandonnons maintenant le domaine de la science pour redescendre dans celui de la Loi. Nous y trouverons l'application des principes posés, mais avec de nombreuses et inévitables restrictions. Les sciences physiques poursuivent leurs déductions avec la rigueur de l'algèbre et de la géométrie, sans que jamais leurs résultats légitimes soient contredits par la nature, car la nature obéit aux règles éternelles de la nécessité. Il n'en est pas ainsi des sciences morales , leurs syllogismes, rattachés à d'incontestables axiomes, peuvent se développer avec le plus parfait enchaînement, sans que leurs conséquences se rencontrent avec les réalités extérieures, car celles-ci sont soumises à l'action de la liberté humaine, et la liberté humaine est souvent inconséquente.
Deux causes de complications.