‹ Œuvres complètes du comte de LautréamontChapitre 26 sur 36 · LA PREMIÈRE ÉDITION DU PREMIER CHANT DE MALDOROR · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE ÉDITION DU PREMIER CHANT DE MALDOROR

On se souvient qu'Isidore Ducasse avait publié en 1808 le premier des Chants de Maldoror.

Pour la présente édition, nous avons suivit rigoureusement le texte de l'édition complète de 1869. Or, pour cette publication, un certain nombre de corrections avait été apportées par Ducasse. Les plus 1mportantes paraissent motivées par le désir de faire disparaître du texte définitif toutes les allusions qu’il avait faites à son ami Dazet et les appels qu’il lui avait adressés; les autres sont des corrections de style, et toutes, en tous cas, n’apportent que peu de clartés sur les méthodes d'écriture de Ducasse. Elles prouvent tout au plus, la volonté de donner à l’œuvre entière la plus grande unité de ton possible.

5€ strophe, in fine, p. 64, après « on meurt à moins » :

« Qu’ai-je dit contre les hommes ? Est-ce bien moi qui me permets de leur reprocher quelque chose ? Je suis plus cruel qu’eux. »

6€ strophe, au début, p. 64 et 65 :

« Ah ! qu'il est doux de se coucher avec un enfant qui n’a rien encore sur la lèvre supérieure, et de passer suavement la main sur son front en inchnant en arrière ses beaux cheveux. »

6€ strophe, p. 67 :

« Alors tu me déchireras sans Jamais t’arrêter ; fais-le avec les dents et les ongles à la fois. Je me laisserai faire et nous souffrirons tous les deux... »

6€ strophe, p. 67 :

« O toi, dont je ne veux pas écrire le nom sur cette page qui rendile crime sacré... »

7e strophe, p. 68 :

« Celle-ci s’appelle la Prostitution. »

9€ strophe (Océan est toujours imprimé avec un O majuscule), au début, p. 74 :

« Je me propose sans être nullement ému d’entonner le chant sérieux et froid que vous allez entendre. »

9€ strophe, p. 74, ligne 21 et suivantes, au lieu de « O poulpe.…. » :

« Ah! Dazet ! toi dont l’âme est inséparable de la mienne ; toi, le plus beau des fils de la femme, quoique adolescent encore ; toi dont le nom ressemble au plus grand ami de la jeunesse de Byron ; toi, en qui siègent noblement... »

9e strophe, p. 78, dernière ligne, au lieu de « marcassins de l’humanité » :

« C’est pour cela que les hommes ont tant confiance.…. »

9e strophe, p. 79, avant-dernière ligne :

« Le drame est fini. L’Océan a tout mis dans son ventre |! Oh! cette gueule formidable. Combien grande elle doit être vers le vas, dans la direction de l’inconnu. »

10€ strophe, p. 84, la fin en est ainsi :

« Oui, disparaissons peu à peu de leurs yeux, témoins, une fois de plus, des conséquences des passions, complètement satisfait... Qu'on écarte cet ange de consolation qui me couvre de ses ailes bleues. Va-t-en, Dazet, que j’expire tranquille. Mais ce n’était malheureusement qu’une maladie passagère, et Je me sens avec dégoût renaître à la vie. » (La strophe s'arrête ici).

La 11€ strophe est présentée typographiquement comme une scène de théâtre :

(Le père ht un hyre, le fils écrit, la mère coud. Une lampe est posée sur la table.

Tous ont le dos tourné vers la porte d’en-

trée. ) La Mère. — Mon fils, donne-moi | les ciseaux qui sont placés sur cette RATE L'ExFranT. — Ils n’y sont pas, mère.

Marporor. — Que signifie ce spectacle ?.….

Eloigne-toi, Maldoror, de ce foyer paisible; ta place n’est pas ici. (Il se retire.) :

(Apparaissant de nouveau quelques instants ensuite). Moi supporter cette injustice |! S'il est efhcace, le pouvoir que m’ont accordé les esprits infernaux, cet enfant, avant que la nuit ne s’écoule, ne sera plus. (Il se retire.)

La fin est très différente :

L’Enrant, — Mère, il m’étrangle... Père, secourez-moi... Je ne puis plus respirer... Votre bénédiction ! (Un cri d’ironie immense s’élève dans les airs.)

Le PÈRE. — Son cœur ne bat plus... Et celle-ci est morte en même temps que le fruit de ses entrailles, fruit que je ne reconnais plus, tant il est défiguré. (Les tenant chacun dans un bras) Mon épouse !... Mon fils !..

La 12€ strophe (p. 92) est également dialoguée et présentée comme une scène :

(La scène se passe, pendant l'hiver, dans une région du Nord.)

Marcporor. — N'est-ce pas, fossoyeur, que tu voudras causer avec moi ?.…

122 strophe, p. 98, au lieu de « O pou vénérable » :

Marnoror. — Dazet, tu disais vrai un jour ; je ne t’ai point aimé puisque je ne sens même pas de la reconnaissance pour celui-ci. Fanal de Maldoror…

La 132 strophe est un dialogue entre Maldoror et Dazet et commence à :

Mazporor. — Homme, lorsque tu rencontres un chien mort.

13 strophe, p. 101, 22 ligne et suivantes :

«.. et je préfère voir un serpent, entrelacé autour de mon cou, que non pas tes yeux... Comment !... C’est toi, Dazet !... Pardonne!..,»

13€ strophe, p. 101 :

« Depuis que tu m’es apparu, Dazet, couvert d’une gloire qui n’appartient qu’à Dieu... »

13€ strophe, p. 101, dernières lignes :

« Si tu pars, partons tous les deux. »

Dazer. — Maldoror, écoute-moi.

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13€ strophe, in fine, p. 103 :

« Adieu donc, n’espère plus retrouver Dazet sur ton passage. Îl va mourir dans la connaissance que tu ne l’as pas aimé. Pourquoi suis-je compté parmi les existences, si Maldoror ne pense pas à moi! Tu verras passer par la rue un convoi que nul n’accom-

pagne ; dis-toi : « C’est lui » | Tu as été la cause de ma mort. Moi je pars pour l'éternité afin d’implorer ton pardon. »

14€ strophe, au début, p. 103 :

« Ce premier chant finit ici. Ne soyez pas sévère pour celui qui ne fait encore qu'essayer sa lyre, au son s1 étrange. »

14e strophe, in fine, p. 104 :

« Toi, jeune homme, ne te désespère point ; car tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire. En comptant Dazet, tu auras deux amis. »

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