PARTIE DEUXIÈME. — CHAPITRE I
Personne ne sortira de la maison et n'y entrera que par la porte ordinaire.
Ceux qui sortiront marqueront leurs noms dans la table où ils seront écrits, proche de la porte.
On ne sortira point devant le jour', et on reviendra de: vant la nuit, si ce n'est qu'on soit obligé de faire autrement par quelque nécessité pressante, dont on rendra compte au Supérieur.
On fuira l'oisiveté comme la source de tout mal,, et pour cet effet, hors les heures de la conversation, on ne perdra point le temps en des entretiens inutiles les uns avec les autres, ou avec les externes, ou en d'autres amusements et occupations frivoles ; mais chacun se retirera en sa chambre ou s'appliquera à l'office qui lui aura été commis '.
On gardera le silence dans le réfectoire, au lieu où on lave les mains, dans la sacristie, dans les galeries du dortoir, et surtout dans l'église ou chapelle.
On ne mangera ni boira hors la maison, sans la permission du Supérieur, laquelle ne se donnera que rarement et pour des causes qui regardent le service et la gloire de Dieu.
On n'invitera personne à y boire, ou manger, ou loger, qu'après la même permission.
On ne mangera point en sa chambre, et on n'y fera manger personne, ni en autre lieu qu'au réfectoire, si ce n'est par maladie ou infirmité notable.
On ne mangera point aussi hors le repas, si ce n'est par nécessité et avec la licence du Supérieur.
Personne ne fermera de telle sorte la porte de sa chambre, quand il y est, qu on ne la puisse ouvrir par
1. Dans ses ouvrages, le P. Eude- ;i insisté à bien des reprises sur la fuite de « l'oisiveté »> et des u amusements et occupations frivoles ». Le P. de Bérulle et M. Olier ont également beaucoup insisté sur ce point. Cf. Introduction au Mémorial de la fie ecclésiastique, (futures, tome 3, p. LXYI.
dehors, si ce n'est pour quelque nécessité et pour peu de temps.
On ne laissera point les fenêtres ouvertes durant la nuit, et on ne dormira point sans être couvert.
Quand on portera de la lumière en sa chambre ou ailleurs, on prendra soigneusement garde qu'il n'y ait aucun danger de quelque inconvénient. On ne lira jamais au lit, à la chandelle, et on n'en attachera point aux parois ni ailleurs.
On ne fera point entrer les externes dans sa chambre, et on n'entrera point dans celle d'un autre, quand ce sera pour y être quelque temps, sans la permission générale ou particulière du Supérieur, ou sans quelque urgente nécessité. Et quand il y a quelqu'un dans une chambre, on ne doit point ouvrir la porte, qu'après avoir frappé modestement, et que celui qui y est a répondu : « Entrez ». Et pendant qu'on y demeure, la porte doit être entr'ouverte, excepté celle du Supérieur quand on doit l'entretenir longtemps.
En sortant de sa chambre, et en y entrant, ou en celle d'un autre, on dira un Ave Maria ; et celui en la chambre duquel on entrera, le dira aussi, ou pour le moins se découvrira.
Outre la clef particulière qui fermera chaque chambre, le Supérieur en aura une.
Quand quelqu'un ira par le chemin, et qu'il passera par un lieu où il y aura une maison de la Congrégation, il ira s'y loger et non pas dans une hôtellerie, et pendant qu'il y sera, il se soumettra au Supérieur comme les autres. Et s'il vient en ce lieu pour y traiter quelques affaires, il les lui communiquera et prendra son conseil. Et s'il y demeure plus de trois jours, il paiera sa pension, si le même Supérieur n'en dispose autrement pour quelque bonne raison, et ces pensions seront réglées en chaque maison par le Visiteur.
Quand on aura donné quelque office ou commission à