‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 123 sur 480 · PARTIE DEUXIÈME. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE DEUXIÈME. — CHAPITRE I

quelqu'un, s'il lui survient quelque chose qui l'empêche de la faire, il en avertira le Supérieur afin qu'il \ pourvoie.

Quoique la Congrégation ne nous oblige point en commun à aucune austérité ou mortification corporelle, excepté l'abstinence de viande aux veilles des fêtes de Notre-Seigneur et de Notre-Dame, et aux lundi et mardi de la Quinquagésime, et le jeûne en la veille de la fête de sa Conception, et du très saint Cœur de Jésus et de Marie1: néanmoins elle les approuve beaucoup, et chacun en peut faire en son particulier, avec la permission du Supérieur, selon la disposition de sa grâce et de ses forces corporelles. Mais surtout on travaillera soigneusement à vaincre ses passions et mauvaises habitudes.

Tous se souviendront qu'une des obligations principales d'un ecclésiastique est de renoncer à l'affection désordonnée de ses parents, puisque Melchisédech, qui est la figure et le modèle d'un prêtre chrétien, nous est représenté, dans les saintes Écritures, sans père, sans mère, sans généalogie ; et que le souverain Prêtre a dit : Celui qui aime son père et sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi. Et: Quiconque ne hait point son père et sa mère (c'est-à-dire lorsqu'ils l'empêchent de rendre à Dieu ce qu'il demande de lui', ne peut pas être mon disciple.

C'est pourquoi, ils s'efi'orceront de tourner toutes leurs affections vers Notre-Seigneur Jésus-Christ, le regardant et aimant comme celui qui est leur père, leur mère leur frère et leur tout ; et de se dépouiller de tous les sentiments de la chair et du sang, pour aimer leurs parents en la façon que Dieu veut qu'ils les aiment, c'està-dire d'un amour purement spirituel2.

1. « En la veille de sa Conception et de son fcrèa saint (.dur », texte primitif corrigé de la main du P. Eudes.

2. - Unusquisque eorum qui Societatem ingrediuntur, Ronsiliam illud Christi sequendo : Qui dirniserit /mirent, etc., existimet sihi p

Les saints Conciles qui «défendent à tous les Ecclésiastiques de porter le deuil de leurs parents après leur mort, seront observés exactement.

Les vrais enfants de la Congrégation feront hautement profession de mépriser et haïr tout ce que le monde estime et aime, d'aimer et embrasser tout ce que Notre- Seigneur Jésus-Christ a aimé et embrassé, et de se conduire en toutes choses, non pas selon les sens et par humeur, comme les bêtes, non pas même selon la raison humaine seulement, comme lespayens ; mais suivant les lumières de la foi, les maximes de l'Évangile, et l'exemple de la vie et des mœurs du Fils de Dieu et de sa très sainte Mère, qui doit être la règle de la nôtre.

Page 1