‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 148 sur 480 · PARTIE TROISIÈME. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE TROISIÈME. — CHAPITRE V

senter devant votre Roi, votre Juge et votre Dieu, en qualité de pécheur et de criminel, pour lui demander pardon de vos offenses, pour lui rendre vos devoirs et pour obtenir ses grâces.

3. N'entrer point dans le Sancta Sanctorum, proche des grands autels.

4. Ne mettre point un genou en terre et l'autre en l'air, mais fléchir l'un et l'autre pour adorer celui devant lequel tous les genoux du ciel, de la terre et de l'enfer se doivent plier.

5. Ne se courber point indécemment sur les bancs, comme aussi ne s'y agenouiller, ou s'il faut ainsi dire ne s'y percher point, comme font plusieurs personnes ; parce que cette posture est tout à fait contraire au respect et à l'humilité qu'un chrétien doit avoir devant la face de son Dieu.

6. N'être point couvert, ni debout, ni assis (si ce n'esl par grande incommodité) durant le saint sacrifice de la Messe ; mais se tenir à genoux, spécialement quand on la dit basse ; et quand on la dit haute, s'agenouiller pour le moins depuis le Sanctus jusqu'à la fin.

7. Ne tourner point le dos à l'autel, ni la tète et les yeux d'un côté et d'autre.

8. Ne causer jamais, et ne parler point que par néces site, et en ce cas peu et tout bas. Comme aussi n'être point oisif, mais s'occuper à prier Dieu pendant la messe et le divin service ; et hors ce temps-là, si on ne prie- Dieu, lire dans quelque livre de piété.

9. N'y apporter point d'armes ; n'y amener et n'y souffrir point de chiens ; et n'y donner point L'aumône, sinon à la porte, en entrant ou sortant.

10. N'y apporter point d'enfants qui fassent du bruit el ne les y laisser jamais courir ni badiner, ni se jouer avec des chapelets, qui étant une chose bénite et sainte, ae doit pas être abandonnée aux jeux et à la bacHnerir d un enfant.

11. N'y tousser et cracher que par nécessité ; et en ce cas, ne cracher point contre lesmurailles,[nisurles bancs, ni dans le sanctuaire, c'est-à-dire dans l'enclos de l'autel en étant dehors, et effacer avec le pied ce qu'on a craché. Car c'est faire un grand mépris de la maison du sou~ verain Monarque de l'univers, et de sa divine Majesté qui y est toujours présente, de la remplir de crachats et d'ordures qui font mal au cœur, et de la traiter avec moins de respect et de civilité qu'une maison commune et profane.

12. Ne jouer point, et ne faire point de bruit dans le cimetière autour de l'église; comme aussi ne faire point ses ordures contre les murailles. Car ce lieu étant saint, malheur à celui qui le profane par ses saletés.

13. Enfin, se comporter pour le moins avec autant de révérence et de modestie dans le palais du Roi du ciel et devant sa face, comme on ferait dans la chambre et en la présence d'un roi ou d'un prince terrestre.

Si vous méprisez ces choses, et que vous manquiez publiquement à rendre à Dieu, dans sa maison, l'honneur que vous lui devez, ne trouvez pas mauvais que ses serviteurs, qui sont les ecclésiastiques, vous en avertissent publiquement, quand ils ne le pourront pas faire en particulier.

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