PARTIE TROISIÈME. — CHAPITRE Vil
en lui ce qui est désagréable à Dieu, afin de lui offrir des louanges plus pures et plus saintes.
La deuxième, de renoncer à soi-même et de se donner à Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour entrer dans les saintes dispositions avec lesquelles il a fait en la terre et fait encore continuellement, et au ciel, et en la terre dans le Saint-Sacrement, tant par lui-même que par tous les saints membres de son corps mystique, la même action qu il va faire.
La troisième, d'élever son cœur à la très sainte Vierge, à son bon Ange, à tous les Anges et à tous les Saints, pour les prier de louer Dieu avec lui, et de le faire paiticir pant de la dévotion avec laquelle ils le louent perpétuellement.
Cela fait, le Supérieur ou celui qui tiendra sa place ayant donné le signal, tous se lèveront et commenceront le Pater nos ter, tâchant de le dire avec une grande attention et ferveur d'esprit, parce qu'il importe beaucoup de bien commencer tout ce que l'on fait pour Dieu.
Soit que Ton chante, soit que Ton récite le divin office, on s'étudiera à prononcer distinctement toutes les paroles et syllabes, eton prendra garde de n'anticiper point les versets, et d'éviter la précipitation, avec l'autre extrémité qui est de traîner et d'aller trop lentement.
On observera exactement toutes les cérémonies et avec uniformité, tous se levant, s'asseyant, s'agenouillant, se tournant, se couvrant et se découvrant ensemble, et d'un même temps, quand il faut se lever, s'asseoir, s'agenouiller, se tourner, se couvrir et se découvrir.
On fera souvent réflexion qu'un ecclésiastique, dans le chœur ou à l'autel, est un ang-' visible, et qu'il est h spectacle de Dieu, des Anges et des hommes, et par conséquent obligé de s'\ <■ emporter avec une modestie toute angélique, et d'éviter très soigneusement toutes les moindres choses qui y sont contraires, comme de tourner la tête ou les yeux de côté et d'autre, de ne g;<rd<T point
une égalité de posture et de maintien avec les autres, mais se laisser aller à quelque singularité contraire à l'uniformité qui doit être entre ceux qui font cette action : de se courber sur le devant, ou de se pencher sur le côté, en s'appuyant sur les bancs, au lieu de se tenir droit ; d'avoir son bonnet carré sur l'oreille quand on est couvert, ou trop avancé sur le front, ou trop reculé sur le derrière de la tète ; de le mettre auprès de soi quand on est découvert, au lieu de le tenir en ses mains; ou bien de le tenir d'une main sur le côté, ou de le laisser descendre négligemment au-dessous de la ceinture étant debout, ou sur les genoux étant assis, au lieu de le tenir vis-à-vis de la poitrine
Toutes ces choses étant contraires à la bienséance et modestie, et par conséquent au respect que mérite la présence de la majesté d'un Dieu, on ne les négligera point, mais on s'en gardera diligemment.
Surtout, chacun aura grand soin de mortifier ses yeux, et de les tenir modestement baissés ou appliqués à son bréviaire, se souvenant qu'un ecclésiastique étant dans le chœur, y doit être comme une statue dans sa niche, c'està-dire entièrement mort à tout ce qui n'est point Dieu, pour n'avoir ni vie, ni sentiment, ni application qu'à lui seul â.
1. Un des anciens historiensde saint François de Sales, le P. de la Rivière, a écrit de lui : « On le voyait dans sa stalle, ainsi qu'une statue dans sa niche, sans se remuer, sans s'empresser, sans regarder de çà delà, sans s'occuper d'autre chose que de bien prier, avançant paisiblement de verset en verset, goûtant et savourant tout à son aise le miel des célestes suavités que le Saint-Esprit y distillait ». Cité par Hamon, Vie de S. François de Sales, 1. 7, ch. 7. Le saint Évêque raconte lui-même la conversion d'un hérétique, qui allant un jour assister à l'office des Chartreux du faubourg Saint-Jacques, à Paris, « les trouva dans leurs formes, rangés comme des statues de marbre en une suite de niches, immobiles à toute autre action que celle de la psalmodie, qu'ils faisaient avec une attention et dévotion vraiment angélique, selon la coutume de ce saint Ordre ». Traité de PAmour de Dieu, 1. 8, ch. 10.