PARTIE TROISIÈME. — CHAPITRE XI
Ils n'entendront personne debout ou nu-tète ; mais ils seront assis et couverts, puisqu'ils sont juges.
Ils expédieront promptement les personnes qui se confessent souvent, spécialement les femmes, ne s'am lisant point à parler, dans ie confessional, des choses qui n'appartiennent point à la confession1.
Ils avertiront ceux qui se présentent à ce sacrement avec l'épée au coté, de la quitter ; et ceux qui se font mettre des carreaux sous les genoux, de les laisser ; et ils ne recevront point les femmes qui viennent avec des nudités, qu'elles ne soient couvertes et voilées auparavant.
lisse garderont bien de rien demandera leurs pénitents, soit pour les pauvres, soit pour eux-mêmes, ni de recevoir quoi que ce soit pour se l'appliquer ; mais s'ils ont quelque charité à faire, ils les avertiront de la mettre entre les mains de l'Économe ou du Supérieur-.
Ils ne conseilleront jamais, et même ne permettront pas aux personnes qui se confessent à eux, de faire vœu de leur obéir ou de ne les quitter point : et si elles les quittent, ils ne s'en plaindront point.
Ils ne seront pas faciles aussi à conseillera qui que ce soit de faire des vœux de chasteté, ou de quelque autre verlu ou bonne œuvre, si ce n'est avec grande considération, après avoir beaucoup et longuement recommandé la chose à Dieu, et que le vœu soit pour un temps seulement, et très rarement pour toujours.
Surtout ils prendront garde de ne s'établir point dans
se potius quam familiares exhiboant : in universum tunen paterna quaHam et spiritualis gravitas in eis eluceat». Const. soc. Jesu. Reg. sacerdotum, n. 16.
1. « Eos qui crebrius ronfitentur. maxime Cu-minus. breviter expédiant ; nec de rébus ad eonfessioaein non pertinenlibus m confeesione loquantur. » Coimt. soc. Jesu, 1. c, n. 17.
2. « Nemini aut petere aut accipere qnidquam liir.it. rive ab ii^ quorum confessionos audiverit. rive al> aliis. qund vel in pauperefl distribuât, vel alteri satisfartimiis nomine restituât. » ('<>//•>/. •.<<<. Jesu, 1. c., n. '2'.
les esprits et dans les cœurs de leurs pénitents, mais seulement d'y établir Notre-Seigneur ; et de ne point lier ni attacher personne à eux, mais à Dieu seul, auquel ils tâcheront de donner tellement tout leur cœur et toutes leurs affections, que la créature n'y ait aucune part, et qu'on ne voie point parmi nous de ces attaches pernicieuses qui causent souvent de très grands maux. A raison de quoi les Supérieurs veilleront soigneusement là-dessus, pour les rompre entièrement et sitôt qu'elles sont aperçues.
Comme les confesseurs doivent permettre volontiers la fréquente communion, c'est-à-dire une fois ou deux la semaine, aux personnes qui la désirent beaucoup et qui sont sans péché mortel et sans affection au véniel: ils doivent aussi la rendre plus rare à ceux qui n'ont pas ces dispositions, et en priver tout à fait ceux qui sont engagés en des habitudes de péché mortel, jusqu'à ce qu'ils voient du changement.
Quand il est nécessaire de confesser avant le jour, ou après le soleil couché, on ne doit pas manquer à mettre de la lumière dans le lieu où l'on confesse, afin que l'on voie tout ce qui s'y passe.
Les confesseurs doivent être toujours préparés à assister les malades et les affligés quand on les y appelle, et savoir ce qu il faut dire et ce qu'il faut faire pour les consoler, pour leur apprendre à faire bon usage de leur affliction et de leur maladie, et pour les aider à bien mourir quand ils sont en péril de mort.
Quoiqu'ils puissent et qu'ils doivent exhorter les malades à faire des testaments spécialement quand ils jugent qu'il est nécessaire pour leur salut, ils ne doivent pas néanmoins aidera les faire, ni même y être présents.
Le petit livre intitulé le Testament de Jésus1, et celui qui s'appelle le Contrat de l'homme avec Dieu par le saint
1. Ouvrage du P. Eudes imprimé en 1041, et non retrouvé jusqu'à ce jour.