‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 174 sur 480 · PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE III

C'est pourquoi ceux de la Congrégation seront toujours vêtus d'une même façon et en la manière suivante. Les chapeaux ne seront ni trop hauts ni trop bas, ayant un bord qui ne sera ni trop grand ni trop petit, avec un cordon rond de crépine torse, sans aucun ruban. On ne portera jamais de calottes de soie. Tous porteront le bonnet carré dans la maison : il sera permis néanmoins, en hiver, de prendre le chapeau, hors les actions et les lieux de communaulé, là où on aura toujours le bonnet.

Les soutanes seront fermées avec des boutons, du moins jusques à la moitié, et le reste pourra être cousu. Les robes se fermeront par haut, avec deux ou trois boutons au plus, et des boutonnières faites de gance et non pas à même l'étoffe. Les manches ne seront que trois ou quatre doigts moins longues que la robe, et larges de demi-pied.

Les manteaux auront un collet large aussi de demipied ou environ.

Les soutanes, robes et manteaux ne passeront point le haut du talon, et ne seront point bordés en aucun endroit de ruban, ni de galon de soie, mais d'un simple ourlet ou d'un bord de même étoile.

Les habits de dessous seront très simples, sans aucune

faeon, et sans ruban, ni passement, ni choses semblables.

On portera toujours des hauts-de-chausses, mais en été

on en pourra avoir d'étoffe légère et simple, comme est la

serge de Caen ou autre semblable, ou bien de toile noire.

Les bas seront d'étoffe commune et de couleur noire.

On ne se servira point de souliers ni de pantoufles de

maroquin, ni qui soient d'autre couleur que de noir, ni

qui excèdent la longueur du pied.

On n'aura point de ceintures de soie, ni de coiffes aux chapeaux, ni de rubans sur les souliers ni ailleurs, qui Boient de cette matière.

On ne portera point de manchettes qui soient plus

larges que d'un pouce ; et les collets n'excéderont point la largeur de trois pouces, et ne sortiront au devant que de l'épaisseur d'un doigt.

Quand on ira par le chemin, on aura une casaque fort simple, sans façon, ni ornements de rubans ou galons de soie, et sans autres boutons que ceux qui seront absolument nécessaires par devant, et d'une grosseur médiocre.

Les bottes seront d'une grandeur compétente pour la nécessité, et non pour la superfluité ou vanité de la mode ; et les éperons simples et sans façon.

On n'usera jamais de manchons, cette délicatesse féminine étant tout à fait indigne de l'esprit ecclésiastique.

Le bienheureux François de Sales, tout évêque et prince de Genève qu'il était, ne portait jamais de gants ; et le grand saint Charles Borromée les interdit entièrement aux ecclésiastiques de ses Séminaires par une règle expresse1. Car. pour l'ordinaire, c'est une chose superflue, dont on se passe aisément, qui sert plus à l'amour propre et bien souvent à la vanité qu'à la nécessité.

C'est pourquoi on n'en portera point, allant par la ville ni dans la maison, si ce n'est que quelqu'un en eût un tel besoin, en la rigueur du froid, qu'il en souffrit une grande incommodité. Car, en ce cas, le Supérieur lui en fera donner de laine, ou d'autres, qui soient conformes à la modestie ecclésiastique.

On pourra aussi s'en servir par le chemin, quand on ira aux champs, soit à pied, soit à cheval, mais qui seront simples et sans aucune façon ni ornement.

Enfin on se gardera soigneusement de toute superfluité aux vêtements, et de tout ce qui est contraire à la simplicité et modestie ecclésiastique ; et on y conservera une très parfaite uniformité en toutes choses, afin que cette unité extérieure aide à la conservation et à l'accroissement de l'intérieure.

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