PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE VII
tera quelque occasion, soit pour la Communauté, soit pour un particulier de la Communauté, on s'y comportera en cette manière.
Si c'est pour la Communauté : 1. On s'humiliera devant Dieu, reconnaissant que c'est un châtiment qu'il nous envoie pour nos péchés, selon ces paroles de son Apôtre : Jam quidam omftino deliclum est in vobis, quod judicia habetis in ter vos *.
2. Le Supérieur assemblera son conseil pour, après avoir lu ce qui est contenu en ce chapitre, considérer si la chose est de telle conséquence, qu'on soit obligé en conscience d'en venir au procès, et s'il n'est point meilleur de souffrir quelque dommage que de plaider, suivant ces saintes paroles de saint Paul : Quare non magis injuriam accipitis ? quare non magîs fi/iudem palimini *'? et celles-ci de Notre-Seigneur : Fi qui vult tecum judicio contendere ettunicam tuam tollere, âimitte et et pallium :i.
3. On cherchera toutes les voies d'accord, par l'entremise des gens de bien, voire même des moindres, s'ils peuvent servir à la paix, avant que de recourir aux juges, afin de suivre ce divin enseignement du Saint- Esprït : Siecutaria igitur judicia si habueritis, contemptibiles, qui sunt in Ecclesia, illos constituée ad jurtimndum*.
4. Si l'affaire n'est pas si claire qu'elle ne souffre quelque difficulté, on assemblera des avocats ou antres personnes des plus intelligentes, pour la consulter. Si. après leur avoir bien fait entendre la chose, et leur avoir dit nettement le pour et le contre, ils la trouvent douteuse, et qu'elle soit de peu de conséquence, on s'en départira entièrement avec 'prudence et discrétion.
Si elle est importante et qu'elle ><>it trouvée douteuse on l'accommodera en quelque Façon que ce soit, quittant plutôt à cette fin une bonne partie de ses prétentions.
1. I Cor. VI, 7. — 2. tbid. — 3. Matth. V, 40. —h. I Cor. VI, '*.
Si elle est si claire qu'il n'y ait rien à douter, on ne laissera pas de tâcher de la terminer par accommodement, voire en relâchant quelque chose de son droit, et en souffrant quelque dommage et quelque tort plutôt que de plaider.
Quoique Ton fasse, on écrira toujours l'état des choses au Supérieur de la Congrégation, afin de ne rien faire que par son ordre, spécialement s'il s'agit de commencer le procès et que la chose soit importante ; et lorsqu'on sera forcé d'en venir là, on poursuivra l'affaire avec tout le soin et la diligence possible. Cependant tous ceux de la Communauté se tiendront beaucoup sur leurs gardes, à ce que rien ne se passe de leur côté avec injustice, par animosilé, contention et passion, ni en paroles, ni en écritures. Et en cas de perte de procès, ils s'abstiendront de tous murmures, jugements téméraires et paroles piquantes, soit contre les juges, soit contre les parties.
Si le procès ne regarde pas la Communauté, mais un particulier de la Communauté, il suivra ces mêmes règles, communiquant son affaire au Supérieur de la maison, qui en conférera avec son conseil, comme il est dit cidessus et qui en écrira au Supérieur de la Congrégation, afin que rien ne se fasse que par l'ordre de la divine volonté qui sera manifestée par lui.
S'il arrive que quelqu'un contrevienne à ces règles, le Supérieur particulier de la maison où il sera l'en avertira premièrement, et tâchera de le porter à s'y soumettre. Si après cela, il continue à se gouverner selon son inclination, il en écrira au Supérieur de la Congrégation, afin qu'il y apporte le remède convenable, et qu'il empêche que la bonne odeur de Jésus-Christ, que la Congrégation doit porter, ne soit intéressée.
On ne recherchera jamais de bénéfices pour la Communauté, par voie contentieuse, et on nepermettrapoint qu'aucun particulier de la Congrégation en recherche pour lui ni pour d'autres en cette manière.