‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 183 sur 480 · PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE VI

gard de toutes : s'efforçant de leur rendre, dans les occasions, toutes sortes de services et de bons offices par paroles et par effets, et d'un cœur vraiment fraternel, et même leur cédant et déférant partout et en toutes choses, afin de conserver la charité et la paix au préjudice de quoi que ce soit. Pour cet t ffet, le Supérieur de chaque maison aura soin de visiter deux ou trois fois par an les Supérieurs des autres communautés, par esprit d'une sincère et véritable charité, et d'y aller célébrer la sainte messe aux fêtes de leurs patrons.

Mais, entre toutes les communautés de l'Église, on aura une vénération toute particulière et une affection très singulière pour la sainte Compagnie de Jésus et pour tous ses enfants, tant à cause des grands et signalés services qu'ils ont rendus et rendent continuellement à Dieu et à son Église par toute la terre, qu'à raison des témoignages particuliers de bonté et de charité que la Congrégation en a reçus. C'est pourquoi on ne laissera passer aucune occasion en laquelle on puisse rendre quelque service de parole ou d'effet, ou quelque témoignage d'honneur et de charité à cette sainte Compagnie et à tous ses enfants, qu'on ne le fasse de tout son cœur.

On aura aussi un grand respect pour tous les autres saints Ordres qui, par la sainteté de leurs vœux et de leur profession, se sont consacrés au service de Dieu. Car, encore que la Congrégation ' ne se soit point astreinte à une profession semblable, elle la doit d'autant plus respecter dans les religieux, qu'elle n a pu l'embrasser ni la communiquer à ses enfants, lesquels elle exhorte, autant qu'il lui est possible, de la révérer en eux.

On portera encore toute sorte de respect à Messieurs

{. « Pour servir entièrement, avec soumission et avec liberté prit à l'Eglise, et pour suivre son Chef, qui omnibus omnia factuê est, en quoi son Apôtre l'a imité, m Texte primitif, supprimé ensuite par le P. Eudes, sans doute parce que la phrase se trouvait trop surchargée.

les curés, vicaires et autres prêtres et clercs, quels qu'ils soient, leur rendant toute sorte de déférence, et excitant les laïques, par notre exemple et par nos paroles, à leur rendre l'honneur et l'obéissance qui leur est due.

On n'entreprendra jamais de prêcher, ou catéchiser, ou confesser, ou dire la messe, ou administrer quelque Sacrement, ou faire quelque autre fonction ecclésiastique en aucune église de paroisse, sans permission du curé ou recteur, ou, en son absence, de son vicaire.

Enfin la charité nous doit donner un soin continuel de bien faire à tous, de tâcher d'avoir chacun pour ami et nul pour ennemi, tant qu'il est possible, au moins de n'en donner jamais sujet; et de faire de bon cœur et au plus tôt tout ce que nous pouvons faire en bonne conscience pour le prochain. Car ce qui ne préjudicie à personne et peut profiter à quelqu'un, il le faut accorder et faire volontiers.

La charité de la Congrégation ne s'exercera pas seulement vers les vivants, mais aussi vers les trépassés. Pour cet effet, on dira tous les jours une messe pour toutes les âmes qui sont en purgatoire ; mais spécialement pour les âmes de ceux qui sont décédés dans la Congrégation, et pour celles de tous nos parents, amis et bienfaiteurs. Chacun la dira sa semaine, ce qui sera marqué par un billet que le Sacristain mettra dans la sacristie.

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