‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 22 sur 480 · I . —DE LA NÉCESSITÉ ET UTILITÉ DES RÈGLES ET CONSTITUTIONS · texte numérisé non relu

I . —DE LA NÉCESSITÉ ET UTILITÉ DES RÈGLES ET CONSTITUTIONS

Les effets très signalés et en grand nombre que la toute-puissante main de Dieu a opérés sur cette petite Congrégation, pour l'établir, lasoutenir et la protéger, par des moyens tout à fait extraordinaires, contre la violence de plusieurs grands efforts que l'enfer et le monde ont faits pour la détruire, nous donnent grand sujet d'espérer que, comme il en est l'auteur et le fondateur, qu'aussi sa divine sagesse et son infinie bonté la conservera et gouvernera pour sa gloire, et pour l'amour de son Fils bienaimé et de sa très digne Mère, auxquels elle appartient d'une manière spéciale1.

1. Hormis 1 allusion aux contradictions que rencontra, au début, la Congrégation de Jésus et Marie, ce paragraphe et le suivant semblent empruntés pour le fond au préambule des Constitutions des Pères Jésuites, dont voici le texte : « Quamvis somma Sapientia et Boni ta 8 Dei Creatoris nostri ac Domini sit, quae conseryatura est, gubernatura atque promotura in suo sancto servitio hanc uii-

nimam Societatem Jesu, ut eam dignata est inchoare Quia tamen

suavis dispositio divinae Providentiae suarum creaturarum cooperationem exigit.., necessarium esse arbitra mur Constitutiones conscribi, quae juvent ad inclius in via incœpta divini obsequii procedendum ». On voit qu en disant « cette petite Congrégation », le P. Eudes traduit le ■ mini ma Sociétés » de S. Ignace. S. François de Sales parlait dans les mêmes termes '!»■ La Visitation, et tous les fondateurs d'Ordres ont tenu un langage analogue. Il n'y a donc pas lieu de voir, dans 1 expression dont se sert le P. Eudes, nu pressentiment relatif a la destinée delà Congrégation.

Mais comme Tordre de sa divine Providence requiert notre coopération dans ses œuvres, pour nous y associer avec lui et nous y donner part : afin de faire de notre côté ce que nous devions, nous avons écrit ces Règles et Constitutions, pour faire connaître premièrement, l'état de cette Congrégation, et quel est le but et la fin pour laquelle elle est établie, et pour donner ensuite les moyens d'y parvenir, qui nesont autres que ces mêmes Règles et Constitutions, par l'observance desquelles on y arrivera facilement.

Quoique notre profession ne soit pas monastique, mais purement ecclésiastique, on se tromperait néanmoins extrêmement si on se persuadaitque nous n'eussions pas besoin de règles. Car la vie des ecclésiastiques, spécialement de ceux qui vivent en société, ne doit pas être moins réglée que celle des moines et des religieux. Aussi est-il vrai que les règles que le Saint-Esprit a prescrites par tant de Conciles à ceux qui sont dans l'Ordre des ordres, qui est celui du Sacerdoce, et même à ceux de ce saint I Irdre qui vivent en leur particulier, surpassent incomparablement en nombre celles que les saints fondateurs des Ordres monastiques et religieux ont données à leurs enfants.

Il n'y a point d'état ni de condition au monde, pour profane qu'elle soit, qui n'ait ses lois particulières, et qui ne se gouverne par quelque règle. Quelle apparence que ceux qui sont consacrés à Dieu, qui aime infiniment l'ordre el qui a une haine infinie pour le désordre, et qui lui sonl consacrés d'une manière si sainte et dans le plus sainl de tous les états, et qui doivent être la • vivante des autres hommes: quelle apparence, dis je, que ceux-ci soient sans règle ? Il n'appartient ux enfants de Bélial, c'est-à dire de Satan, d'être sans joug el sans assujettissement : Filii Belial absque jugo ].

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