PARTIE SIXIEME. — CHAPITRE I -2iKJ
qu'un petit nombre de sujets bien vertueux, qui ne cherchent que Dieu et qui sont possédés de son esprit, fera choses plus grandes pour sa gloire et pour le salut des âmes, qu'une grande multitude d'hommes l.ïches et imparfaits.
C'est pourquoi on sera extrêmement réservé eo cette réception, et on apportera une graude diligence pour bien choisir. Et pour cet effet, on y observera ponctuellement les choses suivantes :
Comme il n'appartient qu'à Notre-Seigneur et à sa sainte Mère, qui sont les vrais Supérieurs de la Congrégation, d'y recevoir ceux qu'ils ont choisis pour cette fin, lorsqu'il se présentera quelque postulant, on aura grand soin de leur recommander cette alla ire. pour les prier de la conduire selon leur très sainte volonté, et de ne permettre pas qu'on admette aucun qu'il ne soit appelé d'eux.
On adressera le postulant au Supérieur de U maison où il se présentera, lequel le verra et considérera plusieurs fois, comme aussi le fera voir à ses Assistants et à ceux de la Communauté à qui Dieu donnera plus d'onction et de discernement, pour prendre ensuite leurs avis sur ce sujet.
On lui fera entendre quel est l'institut et la lin de la Congrégation, quels sont ses emplois et exercices, quelle est la perfection en laquelle on y doit vivre, et ce qu'il y a de plus pénible et difficile.
On considérera diligemment s'il a les qualités requises, qui sont: la piété ; la science, du moins médiocre ; la santé du corps; la bonne réputation; et surtout un naturel doux, paisible, sociable; et un esprit humble, docile, soumis, bien disposé .1 <tre repris de ses défauts, et bien résolu de renoncer entièrement à sa propre fOlunlé. pour suivre celle de Dieu par lie moyen d'une parfaite obéissance ; et de tendre à la perfection chrétienne et ecclésiastique-
On ne recevra point de personnel d'un nature) Ber,
violent, vain, arrogant, superbe, dédaigneux, excessivement mélancolique, emporté, têtu, opiniâtre, trop adonné au soin et à l'amour excessif de soi-même, léger, inconstant, faible, double, mensonger, qui couvre volontairement ses fautes ; car tels défauts naturels ne se corrigent que par une grâce extraordinaire qui est rare, non plus que lej habitudes invétérées des vices auxquelles il faut aussi"t)ien prendre garde.
On ne recevra point ceux qui auront porté l'habit de religion ou d'ermite, ou qui auront été dans une autre Congrégation.
Ni ceux qui seront suspects d'hérésie ou de schisme ; ou qui manqueront de respect et de soumission au regard de Notre Saint-Père le Pape et des autres Prélats de l'Église.
Ni ceux qui seront ou trop jeunes, c'est-à-dire au-dessous de seize ans, ou trop avancés en âge ; à moins que d'avoir des preuves certaines de leur docilité et soumission.
Ni ceux qui seront tachés de quelque infamie, pour quelque crime notable qu'ils auront commis.
Ni ceux qui auront des bénéfices à charge d'âmes ou qui obligent à résidence, s'ils ne les quittent dans un temps convenable qui leur sera prescrit, les mettant entre les mains de personnes qui en soient dignes.
Ni ceux qui auront quelque infirmité où difformité notable.
Ni ceux qui seront engagés en des procès, ou chargés de grandes dettes.
Ni ceux qui n'auront point de titre présent ou en espérance, pour être reçus aux ordres.
Ni ceux qui y viendront pour quelque considération, humaine, ou qui n'auront pas une forte résolution de renoncer entièrement au monde et à eux-mêmes, et de demeurer toujours dans la Congrégation et d'y servir Dieu selon les règles qui y sont.