‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 225 sur 480 · PARTIE SIXIÈME. -- CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE SIXIÈME. -- CHAPITRE I

C'est pourquoi, lorsqu'il se présentera quelque postulant, on apportera toute la diligence possible pour reconnaître s'il a point quelqu'un de ces empêchements, soit par l'entretien qu'on aura avec lui, soit par le moyen de ceux qui le connaissent.

Surtout il faut bien prendre garde au naturel, car la nature ne meurt point, et à la longue elle fait toujours son coup, parce qu'il y a peu de gens qui se disposent à recevoir la grâce extraordinaire qui est nécessaire pour dompter un mauvais naturel ; mais rarement un bon naturel se pervertit.

Les esprits gais et éveillés sont moins à craindre que les mélancoliques ; mais les esprits posés et sages sont grandement désirables ; car les bons entendements sont toujours amateurs de Tordre, et les petits du relâchement.

C est pourquoi il faut bien examiner ceux qui se présentent, et les connaître, s'il se peut, avant qu'ils entrent dans la Congrégation ; car quand ils y sont, on a quelquefois bien de la peine à les renvoyer, quoiqu'il le faille faire absolument quand ils n'y sont pas propres, et être généreux et fermes en celte occasion.

Pour bien faire cet examen, on interrogera avec grande prudence, honnêteté et douceur chaque postulant sur toutes ces choses 'excepté celles que l'on jugera ne convenir pas à certaines personnes,), et on lui demandera premièrement son âge. son pays, ses parent- el leur condition, ses études, et ce qui concerne sa santé.

Ensuite on lui demandera s'il est bien résolu de renoncer entièrement au monde et à toutes Les prétentions qu'il y pourrait avoir, et spécialement à l'affection désordonnée de ses parents, pour se donner tout à fait à Dieu, et pour le servir avec perfection dan- la Congi tion, suivant les règles qui y sont.

S'il est résolu d'y entrer pour y demeurer toute -a vie.

S il a un grand désir et une forte détermination de re-

noncer totalement à son propre esprit et à sa propre volonté, pour se laisser conduire à l'esprit de Dieu et à sa divine volonté, par la pratique d'une parfaite obéissance.

S'il est disposé d'obéir ponctuellement à tous ceux qu'il aura pour Supérieurs, tant pour maintenant que pour l'avenir, de quelque condition, qualité, âge et humeur qu'ils soient.

S'il est disposé d'aller en tous les lieux où l'obéissance l'enverra pour le service de Dieu, et à embrasser de bon cœur tous les emplois et offices qu'elle lui voudra donner, fussent les plus vils et abjects, ou les plus pénibles et difficiles, soit dans le Collège ou ailleurs.

S'il est disposé à être averti et repris de ses défauts, soit par les Supérieurs, soit par ceux qu'ils trouveront bon. tant en particulier qu'en public ; comme aussi à être content qu'on les fasse connaître aux mêmes Supérieurs, afin qu'ils l'en corrigent par eux ou par d'autres.

S'il est disposé à n'avoir rien de propre ni de particulier, en la manière qui est marquée par les Constitutions de la Congrégation sur ce sujet.

S'il est préparé à souffrir les incommodités de la pauvreté, au boire au manger, au vêtir, au loger, au coucher et en autres choses semblables ; lui faisant entendre qu'il ne doit pas venir en la Congrégation pour y avoir toutes ses commodités et satisfactions, mais poury imiter autant qu'il pourra la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa sainte Mère, en mortifiant son amour-propre et ses inclinations, et en pratiquant les vertus qu'ils ont pratiquées sur la terre; et que, pour lui aider à cela, on lui ôtera, quand on le jugera bon, les choses qui l'accommoderont, et qu'on lui donnera ce qu'il y aura de plus vil et de plus chétif dans la maison, tant pour la demeure que pour les habits et autres choses, et qu'il y doit être préparé.

Si enfin il a une grande volonté d'observer lesrègles de

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