CHAPITRE PREMIER De ceux qu'on recevra dans le Séminaire
a porte du Séminaire sera ouverte à toutes sortes d'ecclésiastiques, et à ceux qui tondront à l'état ecclésiastique, de quelque qualité et condition qu'ils soient, lesquels s'y présenteront, soif de leur mouvement, soit par l'ordre de Nosseigneurs les Illustrissimes Evêques, et qui y viendront, ou pour assister seulement aux conférences et entretiens spirituels et autres exercices qui s'y feront, sans vouloir demeurer dans la maison ; ou pour y faire une retraite de quelques jours ; ou pour y demeurer un espace de temps plus notable, afin de se revêtir à loisir des mreurs et des vertus qui sonl nécessaires à un ecclésiastique, el d'apprendre à faire saintement et décemment toutes les fonctions cléricales : ce qui se devrait faire par tous ceux qui entrenl dans L'état ecclésiastique, spécialement, quand il est question de s'y engager tout à fait en prenant le saint ordre du Subdiaconat.
Car si on ne reçoit personne à la profession monastique et religieuse, même pour y cire seulement en qualité «I.1 frère lai ou convers. qu'après avoir passé par toutes les épreuves et exercices d'une et quelquefois de deux ann de noviciat; et s'il n'y a point de profession ni «I'1 métier dans le siècle, pour vil et abject qu'il puisse .'tir, qui ne soit précédé d'une année pour le moins d'apprentissi quelle apparence d'entrer dans un étal si noble, si important, si saint et si divin chu une est l'état ecclésiastique, sans préparation ? Certainement, comme le sacerdoce est la source de toute la grâce el sainteté qui esl dans l'Église, et que le saint des chrétiens en dépend, ce n'était pas sans cause qu'autrefois elle n \ admettait pér-
sonne, pour l'ordinaire, dont la vie, la vertu et la conduite n'eût été éprouvée plusieurs années auparavant. A raison de quoi, non seulement chaque ordre sacré ne se donnait qu'après une année d'interstice ; mais même les ordres mineurs ne se conféraient pas ordinairement tous ensemble, mais l'un après l'autre, et bien souvent avec un long intervalle entre chaque ordre ; et personne n'était promu d'un ordre inférieur à un supérieur, qu'après avoir fait paraître, durant un temps considérable, plusieurs preuves d'une véritable vocation.
C'est pourquoi, comme un si grand Sacrement n'a point changé de nature depuis ce temps-là, et qu'il n'est pas moins important maintenant pour la gloire de Dieu, pour le bien de l'Église et pour le salut des âmes, de le recevoir saintement qu'il était alors, on suppliera très humblement Messeigneurs les Évèques d'obliger ceux qui auront à prendre la tonsure et les ordres mineurs, etceux qui devront être promus aux saints ordres du Diaconat ou de la Prêtrise, de faire auparavant une retraite dans le Séminaire, durant un temps convenable, afin qu'ils apprennent ce que c'est que ces Ordres ; en quoi ils consistent ; qui les a institués; pour quelle fin ils ont été institués; quels sont leurs effets; quelles sont leurs fonctions ou offices ; quels doivent être ceux qui ont à les recevoir ; quelles sont les intentions et dispositions avec lesquelles il les faut recevoir ; et que, par le moyen de ces connaissances, ils soient excités à se préparer comme il faut pour recevoir dignement un tel Sacrement, pour en exercer par après saintement les fonctions, et pour mener une vie conforme à la sainteté de leur ministère.
Mais quant à ceux qui auront à recevoir le saint ordre du Subdiaconat, on suppliera Messeigneurs de les obliger, avant qu'ils s'engagent entièrement dans l'état ecclésiastique par la réception de ce Sacrement, de demeurer un temps plus notable dans le Séminaire : pour y