PARTIE SEPTIÈME. — CHAPITRE I
considérer sérieusement quelle est la dignité et sainteté de la condition dans laquelle ils prétendent entrer; quelles en sont les obligations et devoirs: quelles doivent être les qualités extérieures et intérieures de ceux qui y entrent ; quels sont les motifs et intentions qui les y poussent, et s'ils y ont une véritable vocation : comme aussi pour se former à loisir dans la vie ecclésiastique : pour se bien établir dans les vertus convenables a ceux de cette profession ; et pour apprendre à bien faire toutes les fonctions de l'état sacerdotal.
Par o^ moyen, ayant demeuré un temps considérable dans le Séminaire, on connaîtra ceux qui auront les qualités requises pour servir Dieu dans son Église; on exhortera ceux qui évidemment ne les auront pas, de se départir de leur dessein. S ils ne le font pas. on en avertira Monseigneur llllustrissime Évèque diocésain, auquel on fera aussi connaître les différentes qualités et dispositions des autres, afin qu'il en puisse disposer pour les divers besoins de son diocèse, ainsi qu'il jugera a propos. Mais on se gardera bien de se servir en ces occasions, ni directement™ indirectement, ni expressé me ni ni tacitement, ni en quelque façon que ce puisse être, des connaissances que l'on aurait par le moyen de< confessions.
On suppliera aussi les même- Prélats que. quand ils tiendront leurs synodes, ou qu'ils feront Leurs visiter dans leurs diocèses, ils exhortent et obligent tant qu'ils pourront tous les ecclésiastiques, spécialement Messieurs les Curés ou Recteurs et leurs vicaires, de se retirer tous lei ans. huit ou dix jours pour le moins, dans h' Séminaire : afin qu'étant là séparés du bruit et des empêchements affaires du siècle, ils puissent vaquer sérieusement à celle de leur salut, et prendre le loisir nécessaire ponr faire réflexion sur leur vie et leurs actions pasï pour purifier leurs àue - par le moyeu d'une confession extraordinaire; pour renouveler en eux le- sentiments de la piété, de la crainte et amour de Dieu, el du Bêle 'lu
salut des âmes ; et pour prendre de nouveaux désirs de s'acquitter dignement à l'avenir de toutes les obligations de leur charge.
On les suppliera encore que, quand l'occasion se présentera de donner à un ecclésiastique les provisions d'un bénéfice, soit prébende, soit cure, soit quelque autre; ou d'admettre un prêtre à la qualité de vicaire ; ou de lui donner le pouvoir de confesser, ou celui de prêcher ou de catéchiser, ou d'exercer un autre office dans l'Église, ils l'obligent de passer quelque temps auparavant dans le Séminaire, pour y considérer l'importance et les devoirs du ministère qu'il entreprend ; pour demander à Dieu les lumières et les grâces qui lui sont nécessaires afin d'y accomplir sa très sainte volonté ; et pour se disposer à les recevoir par les exercices de piété qu'on lui fera pratiquer dans le même Séminaire.
On n'y recevra point de personnes qui étudient aux humanités ou en la philosophie, excepté les pensionnaires du Collège l.
Mais on y pourra recevoir ceux qui étudieront en la théologie scolastique, soit qu'ils en prennent les leçons hors la maison, ou dans la maison si on l'y enseigne.
Ceux qui auront des bénéfices qui obligent à résidence, comme dignités, prébendes, cures, ne pourront demeurer dans le Séminaire qu'avec la permission par écrit de leurs Supérieurs, et pour autant de temps qu'ils leur auront permis, qui pourra être de quelques mois, spécialement pour les curés qui n auront pas la capacité et les qualités requises pour l'administration de leur charge, et qui viendront au Séminaire pour les acquérir: c'est-àdire, pour étudier la théologie morale, pour apprendre à prêcher et catéchiser utilement, à bien confesser, à administrer comme il faut les autres Sacrements, et sur-
1. Il s'agit du collège de Lisieux. 11 était contigu au Séminaire, et c'est au Séminaire que logaient les pensionnaires.