‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 273 sur 480 · PARTIE SEPTIEME. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE SEPTIEME. — CHAPITRE IV

Ils ne mangeront point hors la maison, ni entre les repas, dans la maison, sans permission.

Ils ne manderont jamais dans leur chambre, sinon en cas de maladie, et ils n'y feront manger personne, non plus qu'en aucun autre lieu de la maison.

Ils n'amèneront personne à manger en la Communauté, qu'avec la permission du Supérieur de la maison.

Ils se conformeront à la Communauté, au boire et au manger, tant pour le dîner et souper que pour le déjeuner : et on ne leur permettra aucune singularité, et beaucoup moins de faire venir de la ville ou d'ailleurs rien de particulier ; et on sera très exact à faire observer ceci.

Us se fourniront la chandelle dont ils auront besoin pour leur particulier.

Ils n'entreront jamais dans la cuisine, si ce n'esl par permission ou pour quelque nécessité urgente : el ceux qui feront le contraire, soit pour demander quelque particularité, soit pour se recommander au cuisinier, soil pour faire des plaintes touchant le boire et le manger, seront regardés et traités comme des esprits truands, \ ilains, friands etbrutaux, qui fontun Dieu de leur ventre, et qui méritent plutôt le nom de souillards de cuisine, que d'honnêtes ecclésiastiques.

S'ils tombent malades, on les assistera avec tout le soin et la charité possible ; mais >i alors ils veulent user d'autres viandes que de celles de la Communauté, à leurs frais ; comme aussi ce qu'il coûtera pour les médecins, chirurgiens et apothicaires, qui seront toujours ceux de la Communauté et non d'autres, sans la permis pion du Supérieur, sans laquelle aussi ils n'useront poinl ni de médecines, ni de saignées, ni d'aucun autre re mode.

Us ne prendront ni ne donneront rien à personne «les fruits qui seront dans les jardins, ni des Qeurs, ni de quoi que ce soit, sans permission du Supérieur.

Il ne leur sera poinl permis de prendre aucun livre

dans la bibliothèque, pour le porter dans leurs chambres, et beaucoup moins d'en prêter à qui que ce soit, à moins que de se rendre coupables de larcin, puisqu'en matière de livres, les prêter et les perdre c'est bien souvent la même chose. A raison de quoi, prêter un livre qui ne serait pas à eux, ce serait le dérober.

Ils ne pourront aussi, si ce n'est par la permission du Supérieur, prendre aucun meuble de la maison, ni aucune autre chose, soit pour s'en servir, soit pour la bailler à d'autres, sans se rendre encore répréhensibles de larcin.

Ils n'entreront point dans les chambres les uns des autres sans permission, ou sans quelque nécessité pressante, si ce n'est pour fort peu de temps Et quand quelqu'un entrera dans la chambre d'un aulre, quoique avec permission, la porte sera toujours entrouverte, et non pas fermée tout à fait.

En sortant de leurs chambres et en y entrant, ils diront un A ve Maria ; ce qu ils doivent faire aussi en la chambre d'autrui, avec celui qui y est.

Ils ne mèneront personne du dehors dans leur chambre, ni dans les autres chambres de la maison, ni dans le jardin, ni dans le réfectoire, ni encore moins dans la cuisine, si ce n'est avec la licence du Supérieur.

Ils éviteront les vaines modes du monde en leurs habits, en leur parler et en toute aulre chose. A raison de quoi, il ne leur sera point permis d'user de manchons, ni d'en apporter dans le Séminaire, ce qui ne sera pas trouvé déraisonnable par ceux qui sauront qu'entre les règles que saint Charles a faites pour les séminaristes, il y en a une qui leur défend même de se servir de gants.

Ils mettront ordre que leurs amis ne les viennent point divertir par des visites fréquentes, spécialement aux heures des exercices. Comme aussi ils ne feront point de visites hors la maison, qui ne soient bien nécessaires au jugement du Préfet.

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