‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 339 sur 480 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Du pouvoir de l'Assemblée. Des choses qui s'v traiteront. De la manière en laquelle on s'y comportera dans les délibérations. Et de ce qui se fera à la fin de la dernière séance.

a puiseanee d'élire le Supérieur de la Congrégation réside en la seul.' Assemblée générale dûment convoquée ; et celte élection se fera en La manière qui sera prescrite ci-api

L'À96emblée aura soin de décharger lès trois fcssistanta du même Sup.-re ur, et dé remplir leurs places par une nouvelle élection, ou de lés continuer si elle lejuj propos, pour une mis seulement, c'est-à-dire pour trois autres années. Hais, soi! qu'ils soienl continués ou élus de nouveau, il&prèteronl le serment don I il esl parié ciaprès, au chapitre troisième «le la parti»' onzième. La même Assemblée partage» lès maisons de là Conj gation entre les lits \ aûn que chaque mai

ait recours à celui auquel ell •. dans ses di-

vers besoins et affaires, et qu'il ait soin d'en traiter avec le Supérieur général, et d'en procurer l'expédition.

La dite Assemblée élira, en la dernière séance, un Secrétaire de la Congrégation, pour écrire et signer les choses qui seront arrêtées dans le Conseil de la Congrégation, lequel sera composé du Supérieur de la même Congrégation et de ses trois Assistants. Ce Secrétaire pourra être le même que celui de l'Assemblée, s'il n'y a rien qui y mette empêchement.

Quoique le dit Supérieur ait seul le pouvoir de choisir les Supérieurs des maisons particulières, comme aussi de les changer et décharger quand il le jugera à propos, néanmoins l'Assemblée générale pourra de son autorité disposer des dits Supérieurs à connaissance de cause, et ordonner qu'ils seront changés, ou déchargés, ou même \ destitués, s'il y échet, sur les plaintes et sujets quelle jugera raisonnables.

Combien que le Supérieur de la Congrégation puisse, outre les règles qui sont écrites, donner encore d'autres ordres et d'autres règlements pour un temps, et qu'on soit obligé de les suivre en ce qui ne sera point manifestement péché, néanmoins ils seront proposés à la prochaine Assemblée, laquelle pourra les admettre pour toujours si elle le juge convenable, ou en ordonner autrement.

D'autant que l'expérience apprend beaucoup de choses, et qu'il y a des observances dont l'usage est utile en certains temps et en certains lieux, et dommageables en d'autres ; et que le Saint-Esprit même qui gouverne l'Église donne des lois différentes, selon la différence et diversité des lieux, des temps et des nécessités qui se présentent, aussi l'Assemblée pourra changer, diminuer amplifier les Règles et Constitutions qui sont écrites pour la conduite de la Congrégation, non pas toutefois celles qui sont sur les choses intérieures et spirituelles, la pratique des vertus et l'avancement à la perfection,

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auxquelles elle ne pourra rien changer, si ce n'est pour les rendre plus étroites ; mais celles qui regardent les choses extérieures et temporelles: ce quelle ne fera pourtant pas facilement ni pourdes causes légères, mais seulement pour des considérations très importantes, et où elle verra clairement une plus grande gloire de Dieu.

Pour cette même fin et pour les causes susdites, une Assemblée pourra changer ou révoquer ce qui aura été fait en une autre, après avoir beaucoup considéré et recommandé la chose à Dieu.

Les matières dont on traitera dans les Assemblées générales seront: les moyens de procurer l'avancement de la gloire de Dieu et du salut des âmes dans la Congrégation et par la Congrégation ; de la mettre et maintenir dan- an état auquel elle puisse rendre beaucoup de service à Dieu et à l'Église ; d'eu faire observer foutes les règles ; et généraient :nt toutes les choses qui concernent le bien tant spirituel que corporel de la même Congrégation ; mais premièrement et principalement celles qui regardent le spirituel et la perfection.

En chaque séance, on lira un chapitre ou deux di règles les pins nécessaires au jugement du premier < Ifficier et des trois Consultant-, qui verront et désigneront auparavant celles qu'il faudra lire, entre lesquelles OD n'omettra jamais celles de l'office du Supérieur d • la Congrégation et des autres Supérieurs particuliers. Ensuite de quoi, chacun dira les choses auxquelles il sai( que l'on manque davantage, afin que l'on avise aux moyens d'y remédier.

Le premier Officier recueillera les voix «-f les avis d'un chacun, commençanl par I-'- plus anciens qui seronl es pre i •• sp tces, et finissanl par les plus jeunes; <■! il sera libr • i un chacun de reveniraprès avoir dit ><>n avis, ■- ,- ;ir.. ,i,. changer le sentiment, lorsqu'il verra plus clair dans la chose prop

1 1,1 se a bien d'ini irrompre m d.- troubler ceux

qui disent leurs avis, mais on les écoutera avec patience et tranquillité, et si, après avoir dit le sien, on a encore quelque chose à ajouter, on ne parlera point sans en avoir demandé la permission an premier Officier.

On prendra bien garde aussi de ne rien dire qui blesse la charité, ni qui soit au mépris du sentiment des autres ; mais on dira simplement et modestement ce que l'on croira être le meilleur.

En toutes les délibérations chacun aura grand soin de renoncer entièrement à ses propres intérêts et à ses inclinations et satisfactions particulières, et de tendre toujours au bien le plus universel et à ce qui sera à la plus grande gloire de Dieu, qui est l'unique objet auquel nos yeux et nos cœurs doivent être incessamment attachés, si nous voulons plaire à sa divine Majesté.

S'il se trouve quelque sujet sur lequel, après l'avoir bien agité et considéré, on ne voie point assez clair pour conclure rien de certain, on choisira quatre des anciens par un commun consentement de tous ceux de TAssemblée, ou presque de tous, au jugement desquels on s'en rapportera, y joignant le premier Officier ; et tous promettront d'adhérerà ce qui sera déterminé entre ces cinq à la pluralité des voix, et de le recevoir comme de la main de Dieu.

En la dernière séance, le Secrétaire lira hautement les actes de l'Assemblée, et alors il sera encore permis à un chacun de dire ce que bon lui semblera. Ensuite de quoi le même Secrétaire écrira ce qui suit :

« Lecture a été faite de mot à autre des présents actes devant tous ceux de l'Assemblée qui, les ayant ouïs et considérés, en sont demeurés satisfaits. Ensuite de quoi l'Assemblée a été conclue et terminée, en la présence et de l'avis de tous les députés qui y ont assisté depuis le commencement jusques à la fin, et sont nommés ci-après.

« Les noms des députés de l'Assemblée, selon Tordre qui y a été gardé :

l'AlUÏE DIXIÈME. — CHAI'llHE VIII ïll

« N. Supérieur de la Congrégation, etc.

« N. etc. N. etc.

•■ Tous lesquels, d'un commun accord, tant pour eus que pour toute la Congrégation qu'ils régressaient, ont soussigné les présents actes de l'Assemble,-, cl se ppi ternant aux pieds du FiLs-de Dieu, se stinidniinrs a lui pour l'accomplissement de toutes ses saintes volonté- sut cette sienne famille, qui lui est consacrée pour jamais el à sa très sain te Mère. »

A la tin de cette dernière séance, I»1 Supérieur de la Congrégation exhortera tous les députés, spécialement les Supérieurs particuliers, dé S7èn retourner avec un grand désir de renouveler dans leurs maisons, par leur exempté et par toutes sorte- de moyens', ITéspril de grâce, de préi d'amour vers bien, dé dérotion à Nôtre-Seigneur Jésus et à sa tfès • Mère, dé soumission et dYritëissance, de

charité fraternelle, d'humilité, de /.ele pour le salut <l âmes, et d'assujettissement aux règles delà Congrégation et à toutes les choses qui ofH été ordonnées dans PAssem- Uée. l.'-.juelles seront envoyées en toute- les maisons, excepté celle- qui regarderaient quelque maison seulement, à laquelle il suffirait de les adresser; et beaucouo davantage celles qui toucheraient quelque personne particulière, qui doivent demeurer sou- lé secret.

Après cela, les prières ordinaires étant faites, le Supérieur dé h Congrégation se mettra à la porte, pour baiser les pied- à I députés lorsqu'ils passeront. Puis

tous s'en iront prendre dès surplis pour aHèratrcnceur; là où- le Saint-Sàcremenl étant tire du tabernacle el

expose dan- le ciboire, SUT l'autel . et les cahiers COnti

nant les Acte- de I Assemblée élan 1 mis sot on carreau, au pied de l'autel, pour être pri à Nôtï leur

et à sa sainte Mère, on chantera le 71 D um, les WHarrti de Notre-Dame el le Pange lingua. En suite de quoi on dira l'oraison de la sainte Trinité, Pro gratiarumactione.

du Saint-Sacrement, du saint Cœur de la sacrée Vierge, de tous les Saints: Concède quœsumus, des Saints Anges, pour l'Église : Ecclesiœ, et pro Congrégations : Défende quœsumus.

Finalement on chantera YAlleluia hors le Carême, comme l'on a de coutume à la fin des missions ; puis on dira Sub tuum praesidium, etc. Benedictumsit, etc. Nos cum proie pia benedicat Virgo Maria. Amen.

Nota1. Toutes les Constitutions précédentes, qui regardent l'Assemblée générale, ne peuvent pas être observées que quand il aura plu à Dieu multiplier et fortifier davantage la Congrégation. En attendant cela, les Assemblées générales se convoqueront par le Supérieur général de la même Congrégation, et ne seront composées que du même Supérieur, de son Vicaire, de ses Assistants, de quelques autres, en petit nombre, que le Supérieur général jugera convenable d'y appeler, et des Supérieurs particuliers de chaque maison.

Pour avoir place dans l'Assemblée, il faut avoir sept ans accomplis dans la Congrégation, et cinq ans de prêtrise aussi accomplis.

S'il est question de faire quelque élection dans l'Assemblée, ceux qui y étant appelés n'y pourront pas venir enverront leurs suffrages par écrit, comme il est dit cidessus à la fin de la page 321 .

Si l'on doit élire un Supérieur général de la Congrégation, ou son Vicaire général, il faut lire soigneusement les qualités qu'ils doivent avoir, afin de ne donner pas sa voix à ceux qui n'ont pas du moins la plus grande partie des principales et des plus nécessaires, qui sont marquées ci-après en la partie 11e, au chapitre 1er.

Il ne faut pas manquer aussi à faire le serment qui est au chapitre 3e de la partie suivante, vers la fin.

\. Cette addition, jusqu'à la fin du chapitre, est tout entière de la main du P. Eudes.

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