PARTIE ONZIÈME. — CHAPITRE VIT 'i7."i
ment Les remèdes qu'il leur donnera, et à s'avancer dans le chemin du salut et de la perfection.
Après avoir parcouru avec le Supérieur le catalo. de toutes les personnes qui sont dans la maison, et s'être informé de lui, de la vie et des mœurs de chaque particulier, il les fera tous venir dans sa chambre, l'un après l'autre, selon l'ordre qu'il trouvera convenable, pour demandera un chacun ce qu'il jugera à propos des choses qui seront mises ci-après, dans le chapitre suivant, qu'il tâchera d'avoir présentes dans sa mémoire et non par écrit seulement ; mais il pourra écrir [u'il croira
devoir être remarqué et considéré des choses qu'on lui répondra, afin de s'en souvenir et d'y pourvoir.
Il exhortera puissamment un chacun de lui ouvrir son cœur et de lui parler sincèrement el simplement, sans passion, sans respect humain, sans exagérer el sans diminuer rien de la vérité, leur déclaranl que s'il arrive par leur silence qu'on ne remédie pas au mal et aux désordres, s il yen a dans la maison, ils en seront responsable- devant Dieu, qui les en punira rigoureusement
Il les avertira qu'ils sont obligés en conscience de garder dans le secrète.' qui sera dit entre lui et eux, qui doit être Lu, quoiqu'ils fussent interrogés là-dessus par quelque autre qui serait au-dessous de lui.
Il ne se rendra pas facile à croire le mal qu'onlui dira contre qui que cesoit, spécialement contre les Supérii si les preuves n'en sont tout à fait évidentes : mais il le marquera dans son mémoire, afin d'y faire réflexion par après et de l'examiner pour tâcher dm connaître la vérité.
Il s'efforcera particulièremenl de graver bien avant dans le cœur d'un chacun, les sentiments d'estime, de resp . d'affection et de confiance qu'ils doivent avoir pour leur Supérieur : ei prendra bien garde, en voulant - >ler el satisfaire les inférieurs, de n'affaiblir pas en eux l,i révérence et l'obéissance qui < au Supérieur.
S'il trouve quelqu'un qui sème des discordes dans la maison, ou qui soit auteur de divisions, soit entre le chef et les membres, soit entre les inférieurs, il le bannira au plus tôt de la Communauté, comme une peste très pernicieuse qui serait capable de la perdre. S'il y a néanmoins sujet d'espérer qu'il se corrigera, il l'enverra dans une autre maison pour lui donner le temps de faire pénitence et de travailler à sa conversion
Ayant visité les personnes, il visitera tous les lieux, édifices et offices de la maison, et tous les meubles, comme le linge, les habits, les livres, et généralement tout ce qui est dans la maison : afin de voir si chaque chose est en bon état, et de donner ordre que ce qui a besoin de réparation soit réparé au plus tôt, que ce qui est nécessaire ne manque point, que ce qui est superflu et excessif soit retranché, et surtout que les vaines modes du monde ne paraissent en quoi que ce soit qui appartienne à la Communauté, mais qu'elles en soient entièrement bannies comme une peste de la simplicité, humilité, pauvreté et modestie que nous devons aimer de tout notre cœur, si nous voulons plaire à Jésus et à Marie qui ont tant aimé ces saintes vertus.
Il conférera ou fera conférer l'inventaire de chaque chose, comme des livres, des meubles de la sacristie, de ceux du réfectoire, de la dépense, de la cuisine de la lingerie, de la revètrie, etc., avec celui de la dernière visite, signé de celui qui l'aura faite, afin de voir ce qui aura été ajouté ou retranché ; puis il le signera.
Il prendra garde pareillement de quelle manière l'économie est administrée, quel ordre et quelle conduite on y tient.
Si la Communauté a quelque lieu hors la ville, qu'il puisse visiter sans grande incommodité, il le fera, afin de voir s'il a point besoin d'être réparé ou cultivé, et s'il y faut rien faire pour le conserver ou augmenter.
11 aura un soin particulier de savoir quelle est la vie et