PARTIE ONZIEME. — CHAPITRE VU
la conduite des prédicateurs et catéchistes qui sont dans la maison, quelle est leur manière de prêcher et de catéchiser, s'ils observent leur règle, et spécialement s'ils sont humbles et obéissants : afin d'animer et encourager ceux qui font bien à faire encore mieux ; de corriger ceux qui manquent en quelque chose ; et doter tout à fait cet emploi à ceux qui n'y sont pas propres, ou pour un temps seulement à ceux qui ne s'y comportent pas comme il faut, jusqu'à ce qu'ils aient acquis les vertus qui doivent accompagner un si grand et si saint ministère.
Le dernier au regard duquel il exercera sa vi-ite sera le Supérieur, pour ce qui concerne sa personne et son office, suivant ses règles, et ce qu'il aura appris et remarqué de lui dans le cours de sa visite
Ensuite il verra les comptes du temporel, qui ont été faits depuis la dernière visite entre le Supérieur et 1 Économe, en la présence des Assistants et de ceux des anciens qu'il voudra y appeler, s'il le juge à propos, tant en ce qui concerne la recette que la mise, qu'il arrêtera el signera: marquant ce qui restera d'argent, ce qui sera dû à la maison, el ce qu'elle devra.
Il saura quel est le fonds el le revenu «le la maison, s"il croit ou diminue, et quel soin on a de le conserver el cultiver: et ne permettra pas qu'on se charge tellement de dettes qu'on se mette hors le pouvoir de les acquiter.
S'il y a quelques fondations dans la maison, il saura quelles" en sont les charges, el si on s'en acquitte fidèlement.
11 prendra garde si on a envoyé en la maison de Caen, au Supérieur de la Congrégation, le double des contrats de conséquence, afin de faire en sorte qu'on le fasse si on ne l'a pas l'ait.
Il prescrira à peu près les aumônes, tant ordinaires qu'extraordinaires, que chaque maison pourra faire par an, après en avoir conféré avec le Supérieur, les Vssistanls el l'Économe.
Si la Communauté possède quelque bien d'église en quelque lieu, il donnera ordre qu'on y fasse quelques aumônes à proportion du revenu qu'on y perçoit.
11 ne manquera pas de visiter les fondateurs, bienfaiteurs et amis de la Communauté, afin de leur rendre ce qui leur est dû, et de les conserver pour la maison ; et s'il y a. des personnes mal affectionnées, il s'efforcera de les regagner en les visitant aussi, et tâchant de leur oter les mauvaises impressions qu'ils ont conçues, et de leur rendre tous les devoirs et témoignages de civilité, de respect et de charité que leur condition requerra et que la discrétion permettra.
Il fera un entretien aux frères domestiques sur les devoirs de leur condition.
Son principal soin, dans sa visite, sera de voir si les Règles et Constitutions de la Congrégation sont bien gardées, de renouveler dans les cœurs de tous le désir de les observer corde magno et animo volenti, et d'établir les moyens de l'effectuer.
Pour cette fin, avant que de partir pour faire ses visites, il les lira toutes ; et durant le temps de chaque visite, il les fera toujours lire, soit au réfectoire, soit en quelque autre lieu, et un chapitre ou deux au commencement de tous les entretiens, conférences et humiliations, n'omettant jamais celle du Supérieur et de tous les autres officiers. Kl toutes les choses susdites étant faites, il assemblera le Supérieur, les Assistants, l'Économe et tels autres qu'il jugera à propos, pour considérer avec eux les choses auxquelles on manque davantage ; pour aviser aux remèdes les plus efficaces ; pour traiter les moyens de conserver et fortifier l'esprit de la Congrégation, et d'en ôter tout ce qui peut y mettre empêchement; et pour délibérer sur les choses qu'il doit arrêter en sa visite.
Ensuite de quoi, il prendra quelque heure pour considérer derechef devant Dieu, en son particulier, les choses prineipales qu'il a remarquées dans la visite; pour dis-