PARTIE DOUZIÈME. — CHAPITRE VIII
tique, mais par un ecclésiastique de la Communauté, si ce n'est en grande nécessité.
Celui à qui on le donnera, l'entreprendra avec une affection particulière, pour l'amour de .Jésus et de Marie, et en honneur et imitation de saint Joseph, que le Père éternel a donné à son Fils pour être son père nourricier, et à la sacrée Vierge pour être son aide et son soulagement dans toutes les choses extérieures, et qu'il a établi Économe de sa maison et de sa famille en terre. Il se mettra aussi devant les yeux l'exemple des saintes Dames qui soi. vaient Notre-Seigneur et les saints Apôtres, pour leur administrer les choses requises à leur vie corporelle, tâchant d'imiter la ferveur et la diligence de sainte Marthe, et de fuir son trouble et son empressement.
Il rendra toute sorte de respect et d'obéissance au Supérieur, ne faisant rien que par son consentement, et communiquant avec lui de temps en temps de toutes Les affaires et nécessités de la maison, pour prendre de lui Tordre et l'instruction de ce qu'il doit faire, qu'il écrira dans un mémorial, de peur de l'oublier.
Dans toutes les choses qu'il aura à traiter avec le prochain, soit au dedans soit au dehors de la maison, i! tâchera d'y apporter toute la diligence, prudence et fidélité possible ; d'édifier par ses paroles el paT ses actions ceux avec lesquels il conversera ; et de gagner par douceur et par honnêteté la bienveillance de ceux dont il aura besoin pour bien faire les fonctions de son office.
Il aura un soin très particulier de bien conserver, dans un lieu destiné à cela, les bulles, chartes, lettres patentes de Messeigneurs les fêvéques et du Roi, contrats de fondation, d'acquêts, de constitutions de rente, baux à fermes, obligations, acquits, et tous autres titres, enseignements, papiers, lettres et écrits de la maison : mettant chaque pièce en son ordre et en son lieu, avec une inscription de ce qu'elle contient, afin qu'on la pu trouver facilement lorsqu'on en aura besoin.
ix — 33
Il aura aussi des copies collationnées et autorisées en justice, des pièces les plus importantes, pour s'en servir en cas de besoin, et pour ne produire les originaux que le moins qu'on pourra.
Il fera un inventaire de toutes ces choses, qu'il conservera soigneusement, et elles seront toutes dans un lieu, ou coffre, ou armoire, qui fermera à deux clefs, dont l'une sera gardée par le Supérieur, et l'autre par lui.
De tous les contrats qui se passeront et qui seront de quelque conséquence, il en lèvera deux expéditions, dont il en mettra une dans le lieu susdit, et il enverra l'autre à Caen, au Supérieur de la Congrégation. Et pour les autres titres ou lettres de la même importance, dont il ne pourra pas avoir deux expéditions, il en fera faire des copies autorisées en justice, qu'il enverra au même Supérieur de la Congrégation.
Il ne tirera point du dit lieu de pièces importantes, que quand il sera absolument nécessaire ; et lorsqu'il en tirera, il en laissera un mémoire dans un livre qui y demeurera toujours, marquant l'année, le mois et le jour qu'il les aura prises, et pourquoi : ce qu'il effacera en les remettant au plus tôt qu'il lui sera possible.
Il aura par devers soi un catalogue des noms et surnoms des fermiers, de ceux qui doivent des rentes ou autres choses, et de leurs cautions, des lieux où ils demeurent, ce qu'ils doivent, et des termes de leurs dettes, afin de les faire payer en son temps; usant néanmoins avec eux, spécialement avec ceux qui seraient incommodés, de patience et d'indulgence, autant que le besoin de la maison le pourra permettre. Et lorsqu'ils payeront, il leur donnera des acquits signés du Supérieur, du premier Assistant et de lui.
Il écrira dans un livre tous les dons, présents et aumônes qui se feront, avec les noms de ceux qui les feront, dont il avertira au plus tôt le Supérieur, afin qu'il leur en témoigne la gratitude et reconnaissance requise.