‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 396 sur 480 · PARTIE DOUZIEME. — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

PARTIE DOUZIEME. — CHAPITRE VIII

Si lui ou quelque autre reçoit quelque argent pour les messes ordinaires, ils le bailleront au Sacristain, qui le gardera pour être employé dans les besoins de l'église, selon l'ordre du Supérieur, auquel il en rendra compte de trois mois en trois mois.

Quand il recevra quelque somme d'argent, de quelque part qu'il vienne, il le portera au Supérieur pour, après l'avoir compté en sa présence, le mettre dans un coure qui fermera à trois clefs, dont Tune sera gardée par le même Supérieur, la seconde par le premier Assistant, et la troisième par lui.

Et il y aura un livre dans le même coffre, auquel on écrira l'argent qu'on y mettra et celui qu'on en tirera, y marquant Tannée, le mois, et le jour, et d'où il sera venu, et pourquoi on l'aura pris.

S'il arrive qu'on soit obligé d'employer l'argent qu'on aura reçu, en quelque nécessité pressante, et qu'ainsi on ne le puisse point mettre dans le coffre, on ne laissera pas de l'écrire dans le livre, comme si on l'y avait mis, et comme si on l'en avait tiré.

Il aura un livre dans lequel il écrira d'un côté l'argent qu'on aura tiré du coffre pour le lui bailler : et à l'autre côté la mise qu'il en a faite, et toutes les choses pour lesquelles il l'a employé : marquant en l'un et en l'autre, Tannée, le mois et le jour.

Il fera voir son compte tous les mois au Supérieur, en la présence du premier Assistant, tant de ce qu'il aura reçu que de ce qu'il aura mis. Et il lui fera connaître ce que la maison doit et ce qui lui est dû, afin qu'il sache l'état où elle est.

11 baillera au dépensier l'argent qui sera nécessaire pour les nécessités ordinaires de la maison, dont il lui fera rendre compte toutes les semaines.

Il donnera ordre que les autres officiers aient tout ce qui leur est nécessaire pour leur charge.

Il aura soin que les frères domestiques ne soient ni oi-

seux, ni trop chargés de travail, mais que chacun fasse bien ce qui est de son office et de son devoir.

Il fera toutes les provisions de blé, de vin, de cidre, d'huile, de cire pour l'église, de bois, de toile, d'étoffe, de fromage, et d'autres choses semblables, en leur temps et saison. Car les choses achetées en leur temps sont meilleures et à meilleur marché. Et il fera mettre chaque chose proprement et en lieu convenable, afin que rien ne se gâte.

Il n'achètera pas ni ne permettra pas qu'on achète rien hors l'ordinaire, que par l'ordre du Supérieur.

Il aura un mémorial dans lequel il marquera toutes les choses qui sont nécessaires à la maison, avec la quantité et la qualité, le temps et la saison de les acheter, les lieux où on les trouve, le prix à peu près qu'elles ont coutume de valoir, et toutes les autres circonstances qui pourront donner lumière et facilité pour les acheter : afin que lui et son successeur se puissent servir de ces connaissances.

Il visitera de temps en temps toutes les provisions de la maison, afin de voir si rien ne se gâte et si on gaspille rien, pour en avertir le Supérieur et le premier Assistant.

Il traitera avec les marchands et avec toute sorte de personnes, en toute la sincérité, candeur, vérité, équité et fidélité qui sera possible, évitant soigneusement les débats et contentions, et tâchant de les édifier par une grande modestie et douceur, et de trouver occasion de leur dire quelque chose qui soit utile pour leur salut.

Tant que faire se pourra, il ne se trouvera point dans les foires et marchés publics, mais il fera acheter les choses nécessaires par les frères domestiques ou par quelque laïc.

Il ne contestera point avec les ouvriers et manœuvres, mais il tâchera de les renvoyer toujours contents et édifiés.

Il fera tout son possible pour ne donner jamais lieu à aucun procès ; mais si, après avoir fait tout ce qu'il aura pu pour l'éviter, Dieu veut donner cette affliction à la

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