‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 443 sur 480 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Pour ce qui concerne les Frères domestiques.

r\N choisira bien ceux qui se présenteront pour être ^ Frères domestiques.

On prendra garde qu'ils aient un bon corps, un bon cœur, une bonne complexion, un bon naturel, un esprit simple, humble et docile ; mais surtout un grand désir de servir Dieu dans la Congrégation, et une forte résolution de renoncer à leur propre volonté, pour suivre la sienne qui leur sera manifestée par l'obéissance.

On n'en recevra pas davantage qu'il est nécessaire pour le service des maisons, dans les choses auxquelles les ecclésiastiques ne peuvent être occupés sans empêcher un plus grand bien.

Avant que de les recevoir, on les éprouvera quelque temps, pendant lequel on leur proposera les articles du service qu'ils auront à rendre, la soumission de leui prit et de leur volonté en toutes choses, et les autres règles qu'ils auront à garder.

On ne les recevra point que par l'ordre du Supérieur de la Congrégation.

Étant reçus, ils déclareront qu'ils sont entrés «mi la Congrégation sans prétention ni espérance d'aucune récompense temporelle, mais pour y servir seulement pour l'amour de Dieu, et signeront l'acte qui en sera écrit selon le modèle qui sera mis ci-après.

Ils ne porteront point la soutane, mais ils seronl habillés de court, non pas selon les modes changeantes «lu monde, mais modestement, toujours d'une même façon, de couleur brune ou grise.

A leur entrée, on leur fera faire une retrait»' de quatre ou cinq jours, plus ou moins, selon la portée de leui prit, pour les préparer à une confession générale on ex-

traordinaire, pour leur apprendre à faire l'oraison en la manière qu'ils en sont capables, et pour leur enseigner les autres exercices qu'ils doivent pratiquer.

Après cela, on leur donnera quelque emploi dans la maison, ne les laissant jamais oisifs, et ne les chargeant pas auss. par-dessus leurs forces.

Ils ne seront point traités comme mercenaires, quoique serviteurs, mais comme frères et enfants de la Congrégation ».

Quand on le pourra, on les mettra quelque temps dans la maison de Probation.

Soit qu'ils soient dans la dite maison, ou dans une autre, le temps de leur probation sera de trois ans et trois mois, qui pourra néanmoins être abrégé parle Supérieur de la Congrégation, quand il le jugera à propos pour quelque. bonne cause.

Ce temps étant accompli, .s'ils en sont trouvés dignes, on les incorporera dans la Congrégation en la même forme et manière que les prêtres. Ensuite de quoi ils signeront l'acte dont le modèle sera mis ci-après.

Depuis qu'ils seront incorporés, quoiqu'on les puisse renvoyer pour les causes pour lesquelles on peut renvoyer les autres, qui sont déclarées au chapitre 10 de la 6e partie, on ne le pourra néanmoins jamais faire pour aucune maladie qui leur puisse survenir ; mais la Congrégation sera obligée de leur fournir toutes les choses nécessaires et convenables pour leur vie et leur entretien, et de les garder sains et malades, de quelque maladie que ce puisse être, si elle leur arrive depuis qu'ils seront du corps de la Congrégation.

Ils ne pourront être admis aux ordres sacrés. On aura grand soin de les tenir dans l'humilité, et la dépendance et obéissance.

1. M. Blouet a remplacé cette phrase par celle-ci : h Ils seront appelés du nom de frères, et traités comme enfants de la Congrégation. »

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