‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 451 sur 480 · CHAPITRE XXIV A quoi obligent les Constitutions de la Congrégation · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV A quoi obligent les Constitutions de la Congrégation

rpouTEs ces Constitutions n'étanl données que pourla -1 direction et conduite de ceux qui sont en la Congrégation, n'obligent d'elles-mêmes a aucun péché, ni mortel, ni véniel; mais seulement à raison des circonstai suivantes :

1. Quand la chose qu'elles défendent esl en soi péché, ou qu'elles contiennent quelque commandement <1>- Dieu ou de l'Église, ou quelque moyen nécessaire au salut I qui s'y rencontre souvent. Car la pluparl de ces Constitutions contient la pratique des vertus que tons les chrétiens, et spécialement les ecclésiastiques sont obligés d'exercer, et les moyens dont ils doivent se servir pour plaire à Dieu et pour se sauver. De sorte qu'il y en a un grand nombre qui ne sont pas propres et particulières a cens -le la Congrégation, mais ce sont règles générales, qu'il faudrait garder quand même on n<' vivrait poinl en Communauté.

1. Cf. Saint François de Sale^. Entretien inr l'obligation nV

titutions de la Visitation.

2. Quand on y fait quelque manquement par quelque passion désordonnée, comme par exemple de manger hors du repas, ou du réfectoire, ou de la maison, par une grande avidité ou friandise ; de rompre le silence par colère ou impatience ; de n'aller pas à l'oraison ou à l'office par négligence et paresse ; de ne se rendre pas aux heures de la Communauté, ou d'omettre quelque autre chose que les Constitutions ordonnent, par lâcheté et nonchalance. Car il arrive rarement que, voyant un bien propre à notre avancement, nous le laissions volontairement sans offenser Dieu, spécialement quand nous sommes appelés et invités à le faire, parce que ce délaissement et cette omission ne procède que de négligence, affection dépravée ou manquement de ferveur. Or s'il mous faut rendre compte des paroles oiseuses, combien plus d'avoir rendu oiseuse et inutile la semonce que Dieu nous a faite par notre règle, à faire une action de vertu et à marcher dans le chemin de notre vocation ?

Celui qui néglige sa voie mourra, dit le Saint-Esprit *. Or la voie des enfants de la Congrégation c'est la sorte de vie où Dieu les a mis, et les Règles et Constitutions qui leur ont été données, par lesquelles il doivent marcher de vertus en vertus, jusqu'à ce qu'ils arrivent à la perfection qu'il demande d'eux.

3. Quand on les transgresse avec scandale ou de ceux de la maison ou des étrangers, en sorte que la conséquence apporte quelque préjudice à la Congrégation. Ce qui arrive toujours quand ces transgressions sont fréquentes, et qu'on n'en fait pas grand état. Car les communautés ne peuvent subsister que par l'observance de leur règle. C'est pourquoi ceux qui ne la gardent pas, les renversent et anéantissent autant qu'il est en eux : ce qui n'est pas un petit mal. Car, si celui-là est

1. « Qui autem negligit viam suam, mortificabitur. » Proc. XIX, 16.

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