‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 452 sur 480 · PARTIE TREIZIÈME. — CHAPITRE \.\IV · texte numérisé non relu

PARTIE TREIZIÈME. — CHAPITRE \.\IV

maudit de Dieu qui fait son œuvre négligemment1, quelle malédiction tombera sur celui qui le détruit autant qu'il est en soi ?

Mais quelle malédiction à celui qui se rendrait coupable devant Dieu d'un larcin continuel ? C'est ce que feraient ceux qui voudraient être logés, nourris et entretenus dans la Congrégation, à ses dépens, sans en garder les statuts. Car les biens que Dieu va donnés n'appartiennent pas à ceux qui, au lieu de la maintenir et conserve?, la ruineraient et anéantiraient ; mais à ses véritables enfants seulement, c'est-à-dire à ceux qui se soumettent . ordres, qui font ce pourquoi elle est instituée, et qui s'efforcent de tendre à la fin pour laquelle Dieu l'a établie dans son Église. Ce qui ne se peut faire que par les moyens qui y conduisent, qui sont les Constitution^ bien observées. C'est pourquoi ceux qui ne les observeraient pas n'auraient aucun droit d'user des biens qui j sont, soit pour leur nourriture, soit pour leur habillement, soit pour leurs autres besoins. Et ainsi l'usage continuel qu'ils en feraient serait un larcin perpétuel, voire un pèce de sacrilège en quelque façon, parce qu'ils s'approprieraient injustement non seulement une chose qui ne serait pas à eux, mais qui serait consacre»' à Dieu. Car tout ce qui est dans la Congrégation et tout ce qui y sera pour l'avenir, a été offert, donné, dédié el conî Notre-Seigneur et à sa sainte Mère dès le commencement de son institution, par le consentement unanime de tous ses enfants ; et cette donation et consécration a été re nouvelée et réitérée cent et cent fois.

4. Quandon fait quelque chose contre les Constitutions, ou qu'on laisse à faire ce qu'elles ordonnent, non pas seu« lementpar négligence, ou par inadvertance, ou par oubliance.ou par surprise et alléchemenl de quelque passion,

1. « Ifaledictufl qui facit opu» Dei fraiulul.-nler (seu Jerem. XLVII1, 1".

mais de volonté délibérée, par dédain et par mépris des mêmes Constitutions, parce qu'on les estime viles et inutiles, qui est une très grande présomption ; ou si on les estime utiles, on ne veut pas s'y soumettre. Car cette désobéissance formelle et ce mépris des choses bonnes et saintes n'est jamais sans quelque péché pour le moins véniel, non pas même es choses qui ne sont que conseillées, parce que tout bien nous oblige à l'estimer et honorer, et à plus forte raison à ne le pas mépriser et vilipender. C'est pourquoi on ne saurait exempter de coulpe celui qui avilit et déshonore des statuts qui ne tendent qu'à faire honorer Dieu. Et on ne peut pas douter qu'un tel mépris volontaire ne soit enfin suivi de quelque grand châtiment du ciel, spécialement de la privation des grâces et dons du Saint-Esprit, qui sont ordinairement ôtés à ceux qui abandonnent leurs bons desseins, qui démentent leur profession, et qui délaissent le chemin auquel Dieu les a mis.

Or ce mépris des Constitutions et de l'obéissance se connaît par les signes suivants :

i. Quand, étant averti ou corrigé des fautes qu'on y fait, on s'en moque et on n'en témoigne aucun repentir.

2. Quand on persévère dans ses manquements, sans faire paraître aucune envie ni volonté de s'amender.

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